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Mission impossible

4 min

Je ne sais pas si vous vous souvenez, chers amis de France Culture, de Mission impossible : je veux dire la série de 1970, en fait entre 1966 et 1973, rediffusée en France en 1985. Avec l’immortel Peter Graves, mort en 2010. Ce qui en a fait le succès, c’est son générique, sur une musique de Lalo Schifrin : « Bonjour, Monsieur Phelps. Votre mission, si toutefois vous l'acceptez... ». Et qui se terminait par ses mots : « Ce message s’autodétruira dans cinq secondes »

Sur ce modèle était donc inventée en 2012 une application, nommée « burn note » dont le principe était le suivant : il faut que la technologie, disons la technique, technologie est un anglicisme inutile, nous aide à protéger notre vie privée. Les messages qu’on envoie sont éphémères, ce qui est utile par exemple si on veut donner un mot de passe. Déjà en 2009, la société BigString, avait développé une application, baptisée Big String IM permettant d’effacer toute trace des messages envoyés, aussi bien de l’ordinateur de l’auteur que de celui du destinataire.

La plus récente de ces innovations est « Snapchat ». Le mot « snapchat » est dérivé de l’anglais « snapshot », qui signifie « instantané photographique » : c’est une application quie autorise l'envoi de photos, vidéos et dessins à un ou plusieurs contacts. Ces derniers peuvent visualiser les contenus durant 10 secondes maximum.

On a été stupéfié d’apprendre que ce marché était énorme : Snapchat a refusé une offre de rachat de 3 milliards de dollars (environ 2,22 millions d'euros) émanant de Facebook, pour faire monter les prix. La clientèle potentielle, ce qu’on appelle « le cœur de cible » ce sont les adolescents.

Ce simple fait pose plusieurs questions. D’abord le lien entre Snapchat er le sexting : le « sexting » contraction de sexe et de texte, au Québec on dit « sexto » , où les utilisateurs s'amusent à échanger des photos compromettantes, embarrassantes et bien souvent à caractère sexuel. Snapchat démultiplierait ainsi la pratique, avec moins de risques : cela pourrait empêcher les pratiques de harcèlement dont avait été victime en 2009 une adolescente, qui s’était pendue. Ou la diffusion d’images privées de Laure Manaudou par son ex-petit ami.

Cela n’est pas sûr : car le message est temporairement enregistré avant que le destinataire se connecte, donc il peut être saisi au passage, et la capture d’écran est possible, même si elle est difficile.

Est-ce que ça ne va pas encourager les réseaux pédophiles, qui se sentiront protégés et moins faciles à découvrir ?

Surtout, ce qui me paraît préoccupant, c’est que ce type d’invention concerne surtout les adolescents, et va donc encore encourager la dérive des adolescents vers la consommation de leur corps et du corps des autres. Vers une pornographisation constante de chaque instant. Le « sexting » concerne déjà 40% des moins de 15 ans, et 50% des jeunes adultes.

C’est pour cela que ça me fait rire quand on discute gravement des moyens de pousser les adolescents à la lecture...

Ça va être ça, bientôt, la « mission impossible ».

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