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Chine : la guerre des campus

3 min
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François Hollande s’est donc adressé vendredi aux étudiants de l’université Jiao Tong de Shanghai (http://bit.ly/18aToAa) . Jiao Tong est l’une des 150 universités de recherche de Chine. Depuis vingt ans, les hisser aux standards de leurs homologues occidentales est une priorité de la deuxième puissance économique mondiale. Hélas, comme dit Jean-Pierre Raffarin, la « route est droite mais la pente est forte ».

Aucun établissement chinois ne figure dans les 150 premiers du classement dit de Shanghai des 500 meilleures universités mondiales (http://bit.ly/11PFSju) . Ce palmarès est précisément produit depuis dix ans par deux chercheurs de Jiao Tong pour inciter le gouvernement chinois à lutter contre les maux qui plombent les grandes universités de Chine : l’absence de liberté académiques, l’auto censure des revues scientifiques, la tutelle du Parti, la médiocrité des rémunération et des conditions de travail, la corruption, et, c’est bien le comble, un mandarinat qui fait passer la Sorbonne d’avant 68 pour un havre de créativité et de démocratie participative (http://bit.ly/12EIbr0 chap. 6 « le réveil des géants » ).

Cette modernisation qualitative est certes beaucoup plus difficile à mettre en œuvre que la massification accomplie avec succès ces trente dernières années. C’est pourquoi, dès Deng Xioping, le régime a mis un second fer au feu : l’exportation d’étudiants. Désormais, environ 17% des trois millions d’étudiants étrangers dans le monde sont chinois. En 20 ans, près d’un million et demi de chinois ont obtenu un diplôme à l’étranger, surtout dans les pays occidentaux, le plus souvent un master ou un doctorat. Une proportion importante ne rentrent pas et trouvent du travail sur place.

La Chine joue donc clairement la carte de la diaspora et des réseaux de diplômés qualifiés. Il y a ainsi, pour une génération encore, un marché crucial à conquérir en Chine : celui des futurs diplômés et des futurs chercheurs (http://bit.ly/12SwjCL) .

Les étudiants chinois sont en France 35 000. C’est 5000 de plus qu’en Allemagne, mais 20 000 de moins qu’au Royaume Uni. Hélas, la France n’accueille plus que 5% des étudiants chinois à l’étranger, contre 14% en 2000 (http://bit.ly/ZXju4Q et http://bit.ly/ZHPD5Q ) . Alors, nos autorités peuvent s’enorgueillir de promesses d’achat d’équipement nucléaire et de traitement des déchets mais les a-t-on vraiment entendu définir les moyens d’un objectif qui serait à la fois malin et audacieux : multiplier par trois ou quatre le nombre de techniciens supérieurs, d’ingénieurs, de masters et de docteurs chinois diplômés en France (http://bit.ly/17rtGbW) . En la matière, le vrai match est avec la Corée, l’Angleterre, le Japon, l’Australie et les USA. Voilà qui devrait faire réfléchir ces dragons socialistes qui, en rejouant ce week-end la guerre de 1870, font assaut de bravitude, et non d’imagination (http://bit.ly/ZQ8Sso et http://bit.ly/11OchIs ) .

Car s’ il y a bien un enjeu où le couple franco-allemand pourrait briller comme la voute céleste, c’est celui consistant à attirer et à diplômer les étudiants de l’Empire du milieu sur les campus européens.

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