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Ce sont les immeubles qui tuent les gens, pas les tremblements de terre

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« C’est seulement quand les évènements surviennent qu’on comprend combien ils étaient prévisibles », écrit Thibaudet. La semaine précédant les tremblements de terre, une cinquantaine de géologues et autres spécialistes des tremblements de terre étaient réunis à Katmandou. Ils étaient venus évaluer les risques et conseiller les autorités locales sur les meilleurs moyens d’y faire face. « C’est une sorte de cauchemar qui attendait son heure », dit à l’Associated Press, le séismologue James Jackson, de Cambridge. « Sur le plan physique et géologique, ce qui s’est passé est exactement ce que nous pensions qu’il devait arriver. »

Il vaut la peine de consulter le document publié le 12 avril à propos de la gestion du risque de tremblement de terre dans la vallée de Katmandou par l’ONG GeoHazards. Cette région de la planète, y lit-on, est l’une des plus vulnérables aux secousses sismiques, puisqu’elle est située au point de rencontre de deux plaques tectoniques , qui se rapprochent régulièrement : celle de l’Inde et celle de l’Asie centrale. D’après ces experts, trois tremblements de terre importants ont déjà affecté la zone au cours du XIX° siècle, en 1810, 1833 et 1866. Mais la plus meurtrière est celui qui s’est produit en 1934, car il a provoqué la destruction de 40 % des habitations existant dans la vallée et la mort de 10 000 personnes. Un calcul remontant jusqu’à 1255 permet de déterminer le rythme auquel surviennent ces catastrophes : environ tous les 75 ans.

Le problème est aggravé du fait que le Népal est pauvre, politiquement instable et que l’agglomération de Katmandou connaît un rythme d’accroissement démographiques extrêmement élevé : la population y croît de 6,5 % l’an. Le gouvernement ne contrôle pas ce rapide développement, écrivent les auteurs. En l’absence d’un Code des règlements de construction , la plupart des chantiers s’effectuent sans tenir compte des risques sismiques. L’information sur ces risques est « incomplète et dispersée entre plusieurs agences gouvernementales ».

Forte densité démographique en croissance rapide absence de contrôle sur les constructions mauvaise qualité de ces dernières, pour cause de pauvreté des habitants : tous les ingrédients étaient réunis pour une catastrophe de grande ampleur à Katmandou.

« Ce sont les immeubles qui tuent les gens et non pas les tremblements de terre », dit James Jackson. Le tremblement de terre de Katmandou, de magnitude 7,8, aurait fait 10 000 morts. Selon les experts, des tremblements de terre d’une pareille intensité, au Japon, n’ont provoqué que des dégâts matériels. Parce que le pays est construit selon des normes antisismiques rigoureuses.

Le Népal est situé entre deux plaques tectoniques, mais il est aussi partagé entre l’influence de deux grandes puissances rivales, la Chine et l’Inde . Culturellement, il est plus proche de l’Inde, puisque la majorité de la population est hindouiste. Mais économiquement, les Chinois progressent très vite : ils ont construit un autoroute, reliant Katmandou au Tibet et envisagent la création d’une ligne de chemin de fer entre les deux pays. « Les Indiens promettent, les Chinois font le boulot », disent les Népalais, quelque peu désabusés. Comment les deux grands voisins du Népal peuvent-ils aider à reconstruire Katmandou ?

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