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Cher verdissement

3 min
À retrouver dans l'émission

La fiscalité, en France, est non seulement écrasante, mais elle est absurde. Bruno Grandjean, un chef d’entreprise exilé en Allemagne, explique dans Le Point de cette semaine que pour verser 100 Euros de salaire à un cadre dans le Bade-Wurtemberg, il doit verser 157 euros brut, alors qu’il lui en coûtait 187 en France. 30 points de plus. Pas étonnant lorsqu’on apprend du même petit patron que la feuille de paie d’un salarié allemand tient en 10 lignes, quand les nôtres en comptent entre 30 et 40… Le travail est trop lourdement taxé en France. Ce qui constitue un des handicaps à notre compétitivité à l’international. D’où l’idée lancée notamment par le Conseil économique, social et environnemental, de faire basculer une partie de ces prélèvements sur les salaires vers la taxation des activités polluantes. « Taxer moins sur le travail et plus sur les pollutions », comme l’a dit le président de la République.

Mais il faut que le consommateur soit averti : si les patrons allemands paient moins de charges salariales, pour les Allemands dans leur ensemble, la facture énergétique est nettement plus salée que la nôtre. Et cela ne date pas du renoncement au nucléaire. Dès les années 90, le chancelier Schröder a procédé à une augmentation régulière du prix des carburants. Chez nous aussi, il faut s’attendre à une hausse forte et constante des prix de l’électricité. A travers la Contribution au service public de l’électricité, une taxe qui s’ajoute à sa facture, le client d’EDF contribue au rachat des productions intermittentes issues des éoliennes et des panneaux solaires. La transition énergétique – dont l’effet global risque d’être minuscule, puisque nous compensons nos économies d’énergie par des importations – cette transition va coûter des milliards.

Premier problème : c’est sur les ménages les plus pauvres que la part des dépenses consacrées à la consommation énergétique pèse le plus . La revue Projet a consacré, en juin dernier, un dossier assez complet à cette question : « Transition énergétique et justice sociale ». On y apprend que 15 % de la population peine à se chauffer. Ce sont souvent les mêmes qui doivent utiliser leur voiture pour se rendre à leur travail, puisqu’ils ont été chassés des métropoles vers les villages sub-urbains. Un « piège énergétique se referme sur les populations enclavées », écrit Brigitte Fouilland. Tandis qu’un certain nombre de lobbies prospèrent sur l’éolienne et les panneaux solaires, profitant de « l’aubaine » de prix d’achats exorbitants garantis…

Deuxième problème : Les entreprises ont cru comprendre que « taxer moins sur le travail et plus sur les pollutions » signifiait que le produit de la nouvelle taxe, dite « Contribution énergie climat » pourrait servir à financer le Crédit d’impôt compétitivité emploi, qui leur est destiné – bref que les recettes de la CEC serait affectées en totalité ou en partie au CICE (vous me suivez ?) Et de cela, les Verts n’en veulent à aucun prix. Pour eux, l’ensemble des revenus tirés du « verdissement » des taxes devrait aller au financement de la transition énergétique.

Et elles sont nombreuses, les taxes qui vont augmenter du fait de leur « verdissement », figurez-vous ! Car avec cette Contribution énergie climat, une « assiette carbone » va être introduite sur la TIC, qui frappe lourdement l’essence, mais aussi le gaz et le charbon, ainsi que sur la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) et la TVS (la taxe intérieur sur les véhicules de société)… Tout cela va « monter en puissance » très régulièrement, nous assure-t-on.

Cette usine à gaz est-elle bien raisonnable ?

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