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Clarifications politiques

4 min
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Maintenant que les jeux sont faits et que les élections sont passées, un certain nombre de clarifications vont devoir s’imposer.

Bien sûr, à droite, où la défaite n’a jamais été aussi complète : l’UMP a perdu les villes, les régions, le Sénat, la présidence, l’Assemblée nationale. C’est une première sous la V° République. Le retrait de Sarkozy, après une défaite moins cuisante que celle qu’on lui prédisait, laisse la famille néo-gaulliste orpheline d’un leader naturel et en panne d’un programme de reconquête. Or, cette famille hétéroclite supporte mal l’éloignement prolongé du pouvoir. Dans ce pot-au-feu, où cohabitent colbertistes et libéraux, patriotes sociaux et fédéralistes européens, sécuritaires et humanistes, la défaite a toujours tendance à rallumer la guerre des chefs. Pour l’instant, elle se cristallise autour de la rivalité entre le patron du parti, Jean-François Coppé et le premier ministre sortant, François Fillon. C’est le candidat du premier à la présidence du groupe, Christian Jacob, qui retrouve son fauteuil, contre celui de Fillon, Xavier Bertrand. Cela veut-il dire que Copé qui l’emportera sur son rival au Congrès de l’UMP ? Il est bien trop tôt pour le dire. D’autant, qu’il faudra, préalablement, aux néo-gaullistes, se livrer à un inventaire serré du sarkozysme. Fillon, qui l’a mis en musique, ne pourra pas se démarquer facilement de l’héritage. La stratégie de Grenoble, le durcissement du discours sarkozyste sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité ont-ils permis de limiter les dégâts et d’éviter au maximum les triangulaires meurtrières avec le Front National ? Ou, au contraire, cette droitisation a-t-elle définitivement rebuté l’électorat centriste, le poussant vers le vote socialiste ? Des réponses à ces questions, dépendra la stratégie d’opposition de l’UMP.

Mais force est de constater que l’hécatombe ayant frappé la Droite populaire, qui a perdu 21 élus sur 42, ne sera pas interprétée comme un encouragement à aller « plumer la volaille lepéniste »….

Mais c’est surtout du côté du gouvernement que les clarifications doivent intervenir. L’audit que la Cour des comptes devait rendre au premier ministre jeudi prochain a été fort opportunément repoussé au lundi ou mardi suivant, pour cause de risque d’interférence avec le Sommet européen. On ne saurait plaider auprès des Allemands pour un assouplissement du plan de retour à l’équilibre, tout en affichant des résultats financiers inquiétants. Car chacun sait déjà que les chiffres ne seront pas bons. Le déficit du budget de l’Etat serait de 5 % et non 4,5 on voit mal comment parvenir à l’objectif fixé par le président de la République d’un retour dans les clous, soit 3 % dès 2013. Ou alors, c’est qu’il y a un agenda caché…. Car les hausses d’impôts, cela a été dit et répété, ne peuvent suffire à elles seules. Selon le gouvernement, il va manquer 10 milliards d’euros dès cette année. Il va falloir sabrer dans les dépenses de l’Etat. Ce que les socialistes se sont bien gardés de dire durant la campagne. Faut-il ne renouveler qu’un départ en retraite sur trois dans la fonction publique (hormis les cas de la santé, de l’éducation et de la sécurité) ? Baisser de 40 % les dépenses d’intervention ? Demander aux collectivités locales de tailler dans leurs sureffectifs ? Faut-il abaisser les conditions de ressources de certaines prestations sociales ? François Hollande, qui a tous les leviers en main, peut-il se métamorphoser en un Schröder français et imposer une cure d’amaigrissement à notre Etat ? Ou bien sa tendance naturelle à la conciliation et à la synthèse lui fera-t-elle différer les décisions politiquement coûteuses ?

En attendant, dans la bataille pour le perchoir de l’Assemblée nationale, c’est le vieux lieutenant de Fabius Claude Bartolone qui l’a emporté haut la main sur ses rivaux. Il avait voté non au projet de Traité constitutionnel, approuvé par Hollande. Si les guerres des chefs éclatent chez les néo-gaullistes à l’occasion des défaites, les luttes de courants ne sont jamais aussi intenses au PS que lorsqu’il s’agit de se partager les dépouilles de la victoire.

La vie politique nationale risque de demeurer intéressante un bon moment…

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