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De bons auteurs pour tenter de comprendre

4 min
À retrouver dans l'émission

Quelques extraits de textes susceptibles de nous aider à comprendre ce qui nous arrive….

Hans-Magnus Enzensberger :

« Plus on étudie la mentalité des mouvements islamistes, plus il devient clair qu’on est présence d’un groupe de perdants radicaux. Toutes les caractéristiques que l’on a étudiées dans d’autres contextes se retrouvent ici : même désespoir dû à l’échec, même recherche de boucs-émissaires, perte du sens des réalités, même soif de vengeance, même obsession de la virilité, même compensation par un sentiment de supériorité, la fusion des pulsions destructrices et autodestructrices, enfin le souhait, par l’escalade de la terreur, de devenir le maître de la vie des autres et de sa propre mort. (…) »

(Hans Magnus Enzensberger : Le perdant radical. Essai sur les hommes et la terreur, p. 48,49)

Michael Walzer :

« Les terroristes évoquent ces tueurs déchaînés qui abattent tout sur leur passage, à ceci près que les tueurs ne se contentent pas d’exprimer leur folie ou leur rage ils ont un but et se fixent un programme, puisque leur rage doit œuvrer à produire une vulnérabilité générale. Massacrez ceux-ci, et vous épouvanterez ceux-là. En tuant un certain nombre de victimes, on se constitue un vaste nombre d’otages, vivants mais terrifiés. C’est là qu’apparaît la perversité propre au terrorisme : non seulement il massacre des innocents, mais il fait en sorte que la terreur s’insinue dans la vie quotidienne il fait violence aux projets individuels, propage l’insécurité dans les espaces publics oblige à prendre des précautions sans fin. (…) C’est là un projet organisé, une conspiration visant à massacrer et à intimider… vous et moi. »

(De la guerre et du terrorisme, p. 81)

Elie Barnavi :

« 3° cas de guerre de religion : l’affrontement planétaire entre un islam purifié, débarrassé des scories étrangères, revenu aux sources de la foi et ayant retrouvé ses vertus conquérantes, et l’Occident athée, corrompu et corrupteur, et ses valets du monde arabo-musulman. » « Le choix des mots est éclairant : ce n’est pas aux Israéliens et aux Occidentaux qu’ils font la guerre, mais aux « juifs » et aux « croisés ». Leurs objectifs sont religieux et s’affichent comme tels : à terme, l’établissement du califat mondial. Leur combat s’apparente bel et bien à un « choc de civilisation ». Ce à quoi ils aspirent, c’est à une guerre civile à l’échelle de la planète. »

(Elie Barnavi Dix thèses sur la guerre (2014) p. 93-94)

terreur aveugle
terreur aveugle Crédits : Terrorisme - Radio France

Philippe Migaux :

« On doit rappeler que, dans Les cavaliers sous la bannière du Prophète : méditations sur le djihad , l’Egyptien Ayman al-Zawahiri avait défini le modus operandi par trois éléments. D’abord, le choix de cibles économiques, considérées comme le fondement de la suprématie matérielle de l’adversaire. Ensuite, la volonté de créer des chocs psychologiques pour affaiblir le moral des populations infidèles et inciter les vrais musulmans à s’engager dans une stratégie de reconquête. Enfin, le recours systématique à l’action-suicide, qui permet d’obtenir toujours un résultat en frappant une cible – même si ce n’est pas celle initialement visée. (…) La primauté donnée à l’action-suicide est en réalité, au-delà de son efficacité terrorisante, l’indicateur premier d’une capacité opérationnelle limitée. »

(dans Les guerres irrégulières XX°-XXI° siècle, édité par Gérard Chaliand, p. 875)

Albert Camus :

Vous ne distinguez plus rien, vous n’êtes plus qu’un élan. Et vous combattez maintenant avec les seules ressources de la colère aveugle, attentifs aux armes et aux coups d’éclat, plutôt qu’à l’ordre des idées, entêtés à tout brouiller, à suivre votre pensée fixe. Nous, nous sommes partis de l’intelligence et de ses hésitations. En face de la colère, nous n’étions pas de force. Mais voici que maintenant, le détour est achevé. Il a suffi d’un enfant mort pour qu’à l’intelligence, nous ajoutions la colère et désormais nous sommes deux contre un. (…) Mais nous savons ce que nous avons perdu à ce long détour, nous connaissons le prix dont nous payons cette âpre joie de combattre en accord avec nous-mêmes.

(Albert Camus : Lettres à un ami allemand, Œuvres Quarto, p. 478)

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