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Débarrassés de leurs extrêmes ?

2 min
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Ainsi, le risque d’un 21 avril 2002 à l’envers n’était pas une illusion. La stratégie de Nicolas Sarkozy durant la campagne du premier tour, qu’on pourrait résumer par l’expression « à droite toute ! » s’avère a posteriori judicieuse elle lui a sans doute évité l’humiliation subie par Jospin en 2002 : ne pas compter au nombre des finalistes. Pour son camp, le danger était à droite et non pas au centre . Les scores respectifs de Marine Le Pen (plus de 18 %) et de François Bayrou (autour de 9 %) en apportent une éclatante démonstration.

Et, symétriquement, les scores relativement faible de Jean-Luc Mélenchon (11,1 %) et très faible d’Eva Joly (2,2 %) montrent que François Hollande a eu raison, lui, de ne pas gauchir son discours . Il n’avait pas grand-chose à craindre de ce côté-là.

Mais du coup, c’est le candidat socialiste qui a préempté les voix du centre. Et il va être bien difficile, pour le président sortant, de courir deux lièvres à la fois : les électeurs du MoDem et ceux du FN. Car il ne peut espérer gagner qu’en faisant le plein des voix de droite, tout en décrochant au moins la moitié de celles du centre.

C’est une tâche qui paraît impossible, puisque ces deux électorats expriment des aspirations inconciliables.

Le premier, celui du Front national, a envoyé un message de défiance aux élites politiques , intellectuelles et médiatiques qu’il accuse d’hypocrisie. C’est le cri d’une France qui aspire à la protection et à la sécurité et que les couplets enthousiastes sur l’intégration européenne et les bienfaits de l’immigration ont cessé de convaincre.

Le second, celui du MoDem, doute de la capacité des deux candidats arrivés en tête à rétablir l’équilibre de nos finances publiques, la compétitivité de nos entreprises, à faire repartir les embauches.

En tous cas, les désistements ne joueront qu’un rôle marginal. Moins que jamais, les battus du premier tour ne peuvent être considérés comme propriétaires de leurs électeurs.

Beaucoup d’observateurs ont jugé la campagne du premier tour décevante, les discours démagogiques, les propositions de redressement irréalistes. On a craint que la frustration éprouvée envers le peu de crédibilité des programmes ne pousse un grand nombre d’électeurs à s’abstenir. Il n’en a rien été et c’est tant mieux. Le taux de participation est élevé. Cependant, on peut souhaiter que la campagne qui s’ouvre ce matin permette de faire apparaître clairement les solutions préconisées par les deux finalistes pour faire face à la crise.

Car élections ou pas, nous sommes toujours confrontés à une situation dramatique qui appelle des réactions rapides. A présent que les deux présidentiables ne sont plus soumis aux surenchères de leurs extrémistes, on peut espérer que la confrontation des programmes se déroule dans la clarté et sans surenchère , qu'elle porte non plus sur les vertus d’un passé idéalisé, mais sur les chances qui nous restent dans le monde du XXI° siècle.

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