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Demain, la révolution numérique à l'hôpital

4 min
À retrouver dans l'émission

Comme il est difficile de se faire une idée juste de la politique de santé d’un gouvernement ! Les hôpitaux et cliniques privées sont-ils oui ou non victimes de la politique de rigueur ? D’un côté, celui des établissements, on vous affirme que le ministère a décidé une baisse de la facturation des actes – de 0,84 % dans le public et de 0,21 % dans le privé. Du côté gouvernemental, on réplique que le budget des hôpitaux va augmenter de 1,6 milliards et celui des cliniques de 300 millions, du fait de la hausse d’activités anticipée.

Du côté de l’hôpital public, on critique la mansuétude dont ce gouvernement de gauche ferait paradoxalement preuve envers le secteur privé, auquel on veut à tout prix éviter certaines faillites qui menacent. Du côté gouvernemental, on assure que les avantages consentis aux cliniques dans le cadre du crédit compétitivité emploi seront entièrement compensés par une baisse des tarifs sur 3 ans.

La gauche attendait, dans le domaine de la santé comme dans celui de la justice ou de l’éducation supérieure, non seulement l’abrogation des réformes sarkozystes et, en particulier, de la HPST, mais aussi celle de la T2A… Respectivement, en bon français, de la Loi hôpital, patients, santé et territoire et de la tarification à l’acte. Afin d'abroger les réformes de leurs prédécesseurs, les ministres se cachent ordinairement derrière un rapport en tirant un bilan négatif. Cette fois, Marisol Touraine aura du mal à tirer une ligne claire du rapport Couty, qui vient de lui être remis. Tout juste si l’on peut augurer la fin du « directeur-patron », à l’hôpital.

Alors plutôt que de vous ennuyer avec des chiffres et des rapports administratifs, comme je le fais trop souvent à ce micro, je m’en vais tenter de vous faire rêver en vous décrivant l’hôpital du futur . Car, empêtré dans ses guéguerres, notre pays est en train de prendre du retard face à la révolution qui s’avance…

Télémédecine, e-santé, la révolution numérique médicale va permettre à la fois d’améliorer spectaculairement l’efficacité des traitements et d’en réduire les coûts.

Au cœur du dispositif, le patient. Dès son entrée à l’hôpital et même avant, dès sa prise en charge éventuelle par les urgentistes du SAMU, reliés dans leurs ambulances avec l’hôpital par webcam, son dossier médical électronique l’accompagne. Y sont disponibles, en cloud computing, les résultats de ses différentes analyses, les écarts de résultats entre eux, ses radios et scanners, ses antécédents, son groupe sanguin, un jour aussi, son code génétique mais dans l’immédiat ses intolérances et allergies éventuelles aux médicaments, dont la méconnaissance, aujourd’hui, continuent à provoquer nombre de catastrophes. Mais comment un malade en syncope pourrait-il prévenir l’interne de garde qu’il est susceptible de développer un œdème de quinck, en présence de tel ou tel antibiotique d’usage banal ?

Certes, ces informations sont surabondantes. Il est humainement impossible à un médecin d’en prendre connaissance dans le temps, limité, qui lui est consenti. C’est pourquoi des programmes de traitements de ces données sont fournies par des logiciels spécialisés .

Le parcours de soins, quant à lui, est géré par l’ordinateur central de l’hôpital, qui prévoie le déroulement des actes, heure par heure, en fonction de la disponibilité des personnels nécessaires. Et bien sûr, les médicaments, leurs prescriptions et leurs dosages sont réglés et administrés par des robots pharmaciens, bien moins susceptibles d’erreurs que les humains. L’internet des objets vient se nicher partout et jusque dans les lits , qui communiqueront en temps réel, la température, le rythme cardiaque, la tension des malades. Plus de doublons coûteux, en matière d’examens. Plus d’erreurs de manipulation. L’imagerie numérique vient relayer, à tous les niveaux, le travail des équipes médicales. Et les personnels, délivrés d’une grande partie des tâches administratives qui les accablent par les bornes numériques qui jalonnent le parcours du patient , équipé d’une puce électronique qui l’identifie, peuvent se concentrer sur les soins.

C’est à ça que ressemblent déjà un certain nombre d’hôpitaux danois. Et chez nous, c’est pour quand ?

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