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Selon le New York Times, Mr. Hollande a gagné aux présidentielles, « en restant vague sur sa politique » et ce « flou tactique a continué au cours de la campagne pour l’Assemblée nationale ». Hé bien, cette période va très bientôt se terminer et le gouvernement va devoir entrer dans le vif du sujet. Parce qu’il y a le feu à la zone euro et parce que l’état de l’économie et des finances françaises continue de se dégrader. Plus rapidement encore que prévu. Voir la dégradation continuelle des recettes de l’impôt sur les sociétés, qui reflète la baisse de l’activité économique.

Oui, il fallait rester dans le flou sur l’essentiel pour gagner le deuxième tour d’une élection présidentielle, mise en scène, des deux côtés, comme un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy. Mais du côté des anti-Sarkozy, on comptait à la fois des partisans de la rigueur budgétaire, comme François Bayrou et des adversaires déclarés de cette même rigueur, comme Jean-Luc Mélenchon. Pour gagner au 2° tour, François Hollande a du cultiver ces deux électorats, promettant aux 11% de Mélenchon de « faire en sorte que « l’austérité ne soit plus une fatalité en Europe », et aux 9 % de Bayrou, de ramener le déficit à 3 % en 2013, puis de le réduire de 0,5 points, afin d’atteindre l’équilibre en fin de mandat.

Avant les législatives, le gouvernement a multiplié les symboles en direction de son électorat : réduction de 30 % des salaires des membres du gouvernement auxquels se voit appliquer en outre la règle du non-cumul des mandats, plafonnement du salaire des dirigeants d’entreprises publiques, rétablissement du départ en retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé très jeune leur vie professionnelle.

Hier soir, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a demandé aux électeurs de donner à sa majorité une « majorité large et cohérente ». Le PS est bien parti pour pouvoir gouverner sans devoir compter sur un Front de gauche, qui ne partage pas ses priorités. Ayrault promet un programme de « redressement dans la justice ». Le redressement, c’est celui des comptes publics. La justice, c’est ce qu’on a appelé la « rigueur de gauche ». Alors, oui, il y aura une tranche d’impôt à 75 % sur les très hauts revenus, le plafonnement des niches fiscales à 10 000 euros par foyer fiscal, un alourdissement de l’impôt sur les (grandes) sociétés. Mais le produit de cette hausse des prélèvements obligatoires devrait apporter au budget de l’Etat un maximum de cinquante de milliards supplémentaires au cours du quinquennat, quand le retour à l’équilibre promis en nécessiterait deux fois plus.

Pour y parvenir, il faudra donc opérer des coupes vigoureuses dans la dépense publique, ce qui s’avérera forcément impopulaire. La RGPP (révision générale des politiques publiques), tant décriée par la gauche, lorsqu’elle était dans l’opposition, aurait rapporté 7 milliards pour la période 2009-2011, selon les estimations considérées comme très optimistes, de François Baroin. Où trouver les 50 milliards d’économie ?

En réalité, le gouvernement devra se battre sur deux fronts : à l’intérieur, réduire les dépenses publiques pour rentrer dans les clous fixés par les traités à l’extérieur, convaincre les partenaires du Nord que l’austérité sans la croissance entraîne des spirales récessives qui compromettent toute perspective de retour à l’équilibre.

Alors le vrai programme du gouvernement, nous le connaîtrons que lorsque le nouveau Parlement sera saisi du Projet de Loi de Finances rectificative, au mois de juillet.

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