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Dieu n'aurait pas créé plusieurs univers

3 min
À retrouver dans l'émission

Les récits du commencement , proposés par la science moderne, d’une part, et par les religions, de l’autre, sont-ils compatibles ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut se départir de notre ethnocentrisme.

Car si les genèses de nos religions monothéistes, comme celles qui sont nées, plus tôt encore, sur les bords de la Méditerranée brodent toutes sur un même canevas, il en existe bien d’autres qui en divergent considérablement. Notre récit des origines, à nous, fait d’un Dieu créateur, un principe d’ordre, qui sépare et ordonne les éléments d’un chaos originaire .

Mais prenons le cas des cosmogonies cycliques, qui postulent l’existence de nombreux mondes, surgis et détruits bien avant le nôtre. Le bouddhisme, par exemple, que vous professez, relève pour partie de cette catégorie, avec ses « quatre âges de l’univers », de la formation à la destruction et au vide final, qui se répètent indéfiniment. Il enseigne que la suprême harmonie de l’univers tient à l’interdépendance de ce qu’il comporte. Mais il ne présuppose pas la volonté ordonnatrice d’un dieu créateur, extérieur à sa création.

C’est pourquoi, sans doute, votre culture vous rend plus réceptif qu’un Laplace aux théories qui font place à la créativité, à l’exubérance, à l’indétermination – au « flou quantique ». Votre conception d’un infini contredit la conception « horlogère » de l’ordre cosmique, où tout serait déjà présent dans les conditions initiales et où, à condition de connaître les lois fondamentales, on pourrait prédire mathématiquement la suite…

Vous vous réclamez du courant dit « anthropique », selon lequel l’évolution de l’univers mène nécessairement à une forme de vie consciente. Pour vous, les chances qu’apparaissent des formes de vie, étaient si faibles, au départ, qu’elles étaient à peu près inexistantes. Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien l’univers, a été comme réglé en vue de ce but. Et cela expliquerait le « réglage fin », observé par Brandon Carter : ce n’est pas par hasard que la vie consciente est apparue.

Ou bien, notre univers a abouti à ce développement par un hasard d’autant plus extraordinaire que ses chances, au départ, étaient infimes. Mais alors, il faut faire l’hypothèse qu’il existe une multitude d’autres tentatives, qui, elles, n’ont pas abouti. Stephen Hawking tient pour sérieuse la possibilité qu’existe le fameux « multivers », que la théorie des cordes tente de représenter. Or, poursuit-il, « si Dieu avait eu vraiment l’intention de créer le genre humain, cela voudrait dire que tous ces mondes inatteignables sont redondants. » Autrement dit, Dieu n’aurait pas gaspillé tous ces univers « ratés », ces ébauches inabouties. Il serait allé droit à celui qui lui importait vraiment.

Comme Hawking, vous prenez aussi en considération la possibilité du « multivers », mais elle ne vous paraît pas contredire l’hypothèse selon laquelle l’apparition de l’être humain relèverait de la nécessité et non pas du hasard. Pourquoi ?

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