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Du discours aux actes...

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François Hollande fait, paraît-il, du redressement des finances publiques, la clé de voûte de sa politique. Il est convaincu et il le répète que le poids des dépenses publiques (57 % du PIB) est extravagant. Que notre système social criblé de dettes ne permet plus de financer notre Etat-providence autrefois généreux, mais qui l’est de moins en moins. Que l’Etat et les collectivités territoriales sont souvent redondants.

Depuis sa conférence de presse de janvier dernier, il aurait, dites-vous, dans votre livre, Une histoire personnelle de la V° République , « franchi le Rubicon », « mis fin à 20 mois d’atermoiements ». Et en effet, il assume le fait que nos entreprises ont vu leur compétitivité d’éroder pour cause d’investissements insuffisants et que là gît la cause du mal français : une croissance inexistante, un pouvoir d’achat qui stagne, un chômage qui explose. Social-libéral dans l’âme (quand je disais cela l’année dernière, je me faisais rabrouer par le directeur de la rédaction du Nouvel Obs), il est favorable à une politique de l’offre , car il a compris que la relance par la consommation ferait exploser notre déficit commercial. Le président est, dit-on, également favorable aux réformes de structure . Fort bien. Le tournant politique est incarné par deux promotions : celle de Manuel Valls à Matignon et d’Emmanuel Macron à Bercy. Voilà pour les symboles.

Tout cela est raisonnable et va dans le sens des attentes majoritaires des Français : à la question : « pour faire face aux difficultés économiques, que doit faire l’Etat ? », 68 % des sondés par Odoxa pour Challenges de cette semaine, répondent : « Il faut qu’il fasse confiance aux entreprises et qu’il leur donne plus de liberté », contre 31 % qui répondent : « il faut qu’il les contrôle et les réglemente plus étroitement. » « Pour la première fois depuis 20 ans, commente le président de cet institut de sondage, Gaël Sliman, deux Français sur trois sont favorables à de grandes réformes structurelles d’inspiration libérale. »

Va pour les opinions, les déclarations de politique générale et les symboles – parfois politiquement coûteux en termes de votes à l’Assemblée nationale. Mais où sont les actes ?

Le Code du Travail fait 3 000 pages. Il est probable qu’il y ait 2 800 de trop. Où en est le choc de simplification ? Dans de vieux pays catholiques comme la Pologne, les supermarchés et les autres magasins, sont ouverts le dimanche on ne voit pas bien pourquoi la France laïque s’y refuserait. L’aide au logement absorbe 45 milliards par an, alors que la France construit beaucoup trop peu , ce qui fait monter les prix. Les demandes de permis de construire ont chuté de 20 % en un an. L’encadrement des loyers a été abandonnée à peine votée, mais il reste les normes extravagantes, sans cesse alourdies qui découragent la construction et font exploser les coûts.

Il y a la formation professionnelle, ce coûteux scandale : 32 milliards annuels, qui ne servent que marginalement à équiper les chômeurs des compétences qui leur permettraient de rebondir. Enfin, il y a les rentes de situation , les professions fermées, et puis surtout l’apprentissage , qui n’est pas à la hauteur de ce qu’il est en Allemagne… Bref, les idées de réformes ne manquent pas. Elles ont été détaillées par des rapports innombrables, en particulier celui de la Commission Attali.

Les sondages sont impitoyables : seuls 2 % des sondés par OpinionWay pour LCI estiment que le président de la République actuel serait le meilleur candidat de gauche à la présidentielle. Quand on est à ce niveau d’impopularité, la fuite en avant n’est-elle pas, d’après votre expérience, chez Alain Duhamel, la meilleure défense ? François Hollande peut-il être le Gerhard Schröder français – celui qui ose les réformes qui relancent son pays ? Et Manuel Valls, notre Tony Blair ? Celui qui viole son propre camp, mais lui fait gagner les élections trois fois de suite ?

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