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Faire à nouveau confiance aux médicaments

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L’époque est morose. Elle est suspicieuse. Un vent mauvais, fait de méfiance envers les institutions et d’incompréhension face à une réalité de plus en plus complexe gonfle les voiles de n’importe quelle émission de télé, de n’importe quelle publication qui prétend dévoiler, dénoncer, dénigrer. On finit par se défier de ce qui pourrait nous guérir, voire nous sauver la vie .

Le vaccin contre l’hépatite B ne peut-il pas causer la sclérose en plaque ? Et celui contre la rougeole-rubéole-oreillons provoquer l’autisme ? Il a suffi de quelques cas, rarissimes en vérité, de médicaments dangereux, comme le Distilbène, dans les années 1960/70, ou le Mediator, plus récemment, pour qu’on en vienne à suspecter tous les médicaments. Quand ils ne nous tuent pas, ont-ils au moins d’autres effets que d’enrichir les laboratoires pharmaceutiques et les officines qui les distribuent ?

Le livre que vous publiez, La vérité sur vos médicaments, aura un effet apaisant sur les anxieux que nous sommes. Vous vous êtes assuré du concours de 32 médecins spécialistes, pour décrire et analyser l’effet des médicaments administrés dans un très grand nombre de domaines, de la lutte contre l’addiction au tabac au cancer, en passant par le reflux gastrique et le cholestérol.

Certes, rares sont les médicaments qui ne comportent absolument aucun effet secondaire mais de manière quasi générale, les effets bénéfiques l’emportent très largement sur les inconvénients . Non, nous ne sommes pas les victimes d’une industrie pharmaceutique prête à tout pour augmenter son chiffre d’affaires. Oui, les médicaments nouveaux présentent un intérêt thérapeutique. Non, on ne laisse plus traîner des mois ou des années dans les pharmacies des molécules qui se sont révélées dangereuses à l’usage. Même si, c’est vrai, les tests pratiqués en amont, sur l’animal, puis sur des cobayes humains en bonne santé ne peuvent garantir une sécurité à 100 % : lorsque le risque ne concerne qu’un malade sur 10 000, c’est à l’usage qu’on le découvrira.

La situation que décrivent de nombreux pamphlets contre « la grande intox » sont donc, à vous lire, infondés. Ou plutôt, ils ne sont plus fondés. Car il y a eu des évolutions dans ce domaine. Je cite l’ouvrage : « Avant 1980, on obtenait l’autorisation de mise sur le marché à la suite d’un bon déjeuner avec un haut fonctionnaire du ministère de la Santé ». Le rapport bénéfice/risque était mal évalué.

Mais la situation a changé dans les années 1980 , avec l’apparition de nouvelles molécules très efficaces. Mais alors, on se préoccupait trop peu des coûts de ces merveilles. Le pays était encore assez riche pour croire que la santé n’avait pas de prix…

Depuis le tournant du millénaire, le marché est saturé. Le médecin prescripteur ne sait plus où donner de la tête. Et ceux des pays du Sud, dont nous faisons partie, ont trop tendance à faire confiance aux nouveaux venus, que viennent lui vanter jusque dans son cabinet, les visiteurs médicaux. Ce sont des « prescripteurs rapides ». Ceux du Nord de l’Europe se montrent plus méfiants et font longtemps confiance à des produits connus depuis longtemps.

La rançon du système dans lequel nous sommes engagés, ce sont des vagues de déremboursement de médicaments. Le paradoxe, c’est que la plupart de ces médicaments jugés insuffisamment efficaces pour être remboursés restent en vente et continuent à être prescrits.

Depuis l’affaire du MEDIATOR, vous percevez une exigence plus grande des autorités sanitaires. L’ancienne Agence Française des Médicaments a été supprimée et remplacée par une Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Apparemment, ses membres sont plus indépendants de l’industrie pharmaceutique.

Avons-nous réellement changé d’époque ? Sommes-nous à l’abri d’un nouveau scandale sanitaire ?

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