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Foot et télé

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Le football, comme les autres spectacles populaires, relève de l’industrie du divertissement. La grande majorité de ses recettes proviennent des droits de diffusion sur le petit écran. De ce point de vue, la Coupe du monde est une poule aux œufs d’or. En constante augmentation, les droits ont rapporté 1 milliard 300 millions de dollars, lors de la coupe du monde de 2006 en Allemagne, 2 milliards 400 millions, lors de celle de 2010 en Afrique du Sud, on ne fait pas de pronostics sur leur montant pour 2014, mais selon toute probabilité, ils frôleront les 3 milliards. On conçoit que, dans ces conditions, les cadeaux soient peu fréquents. C’est dans ce contexte qu’est tombée, avant-hier, sur le site de L’Express, une info qui a fait trembler le PAF pendant 24 heures. Selon le journaliste Renaud Revel, à qui on devait cette bombe, les « dirigeants (qataris) de BeINSport refusaient de commercialiser des extraits des rencontres au Brésil, durant toute la durée de la Coupe du monde. Seule TF1, propriétaire des droits en exclusivité pourrait diffuser les matchs. Les chaînes concurrentes n’auraient pas seulement le droit de sélectionner des extraits. Panique à France Télévision, comme à M6 et Canal .

Soulagement, hier, lorsque la chaîne qatarie annonce qu’il s’agit d’une fausse information, due à un simple retard de ses négociations avec TF1. « Nous nous opposerons à la revente d’images complémentaires, déclarent les dirigeants de BeINSport, c’est TF1 qui les vendra, pas nous. Le droit à l’information sera respecté. » Fin de citation. Le CSA de son côté précise les règles en la matière : « le droit à l’information garantit à toutes les chaînes de télévision de diffuser 90 secondes d’images de match par heure d’antenne. Toutes les chaînes disposent de ce droit gratuitement. » Et de préciser que le diffuseur de la Coupe du monde, en France, c’est TF1, qui en a acquis les droits pour un montant de 130 millions d’euros.

Les noces entre le football et la télévision, comme le rappelle Paul Dietschy, dans son Histoire du football, sont anciennes. Les caméras de télé font leur apparition lors de la Coupe du monde de 1954, en Suisse. Mais elles ne sont tolérées que sur certains stades et regardées avec méfiance par des organisateurs qui, pendant longtemps, vont s’imaginer que cette concurrence va vider les stades. Ne seront filmés que les matchs dont les tickets auront été vendus… Les pays appartenant à l’Union européenne de radiodiffusion n’acquittent aucun droit. Il faut dire qu’il n’existe pas encore beaucoup de téléviseurs en Europe, au milieu des années 50. Mais les vendeurs constatent que les ventes augmentent à l’approche des grandes compétitions sportives. C’est en 1966, pour la Coupe du monde en Grande Bretagne que les organisateurs comprennent l’intérêt des étranges lucarnes pour le ballon rond. La finale Angleterre/Allemagne aura, regardée par 600 millions de téléspectateurs aura été, selon Dietschy, le match de football le plus lucratif de tous les temps. Confidence : c’est le seul match de foot que j’aie regardé en intégralité de toute mon existence. Et je m’en souviens encore comme d’un ballet d’une incroyable élégance.

Les vrais amateurs ne me jugeront pas trop sévèrement. Car nombre de ceux qui s’intéressent vraiment à ce sport savent que la télévision donne à voir la tactique et non la stratégie. Elle zoome sur le ballon, sur l’action, sur les passes et les duels. Mais la manière d’occuper le terrain, de préparer l’action lui échappe. Or, ce qui se passe hors champ, les gestes échangés hors de la zone d’affrontement sont aussi importants pour la suite des évènements que la manière dont un attaquant est en train de déjouer la tentative d’un défenseur. C’est pourquoi, m’a-t-on dit, on ne comprend bien un match que dans les tribunes.

Mais la télévision n’aurait-elle pas modifié la manière même de jouer de footballeurs qui se savent regardés par des millions de personnes lorsqu’ils ont le ballon dans les pieds ?

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