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France Culture dans 50 ans...

3 min
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La boutade de Pierre Dac est immortelle : « La prévision est un art difficile. Surtout en ce qui concerne l’avenir. » Mais on a moins songé à se moquer de ces historiens et philosophes qui décrètent le déroulement du passé comme inéluctable… Le philosophe Karl Popper disait, dans un entretien : « On peut étudier ce qui a été, mais ce qui a été est terminé et, à partir de là, nous ne sommes pas en mesure de prédire quoi que ce soit . (…) Le moment présent est celui où finit l’histoire, et nous ne sommes absolument pas capables de regarder l’avenir en pensant pouvoir le prédire grâce au courant. » (La leçon de ce siècle, p. 83)

Pourtant, il existe une discipline appelée prospective, ou encore prévision stratégique, ou encore futurologie. Fondée par deux Français, Gaston Berger et Bertrand de Jouvenel, elle enseigne non pas à prévoir l’avenir, mais à ajuster son action en fonction des futurs possibles. Car le futur est ouvert. Rien n’est écrit d’avance dans le Grand Livre du Destin. Il n’y a pas non plus de lois de l’histoire – une invention perverse des dictateurs totalitaires, pour justifier leurs crimes par la « nécessité historique ». Les chemins qu’emprunte l’histoire des hommes comportent une part plus grande d’imprévisible que d’inéluctable. J’aime cet aphorisme de l’écrivain polonais Stanislaw Jerzy Lec : « L’histoire : une collection de faits qui n’étaient pas obligé de se produire . »

Cela étant dit, les comportements humains variant peu au fil des siècles, l’avenir comporte une part de prévisibilité. Et la prospective enseigne à identifier des constantes, des variables et à calculer les interactions systémiques possibles, afin de proposer des scénarios d’évolution. Dans nos sociétés complexes, c’est même un exercice nécessaire pour définir des stratégies d’adaptation. Gaston Berger disait que plus une voiture roule vite, plus ses phares doivent porter loin .

Pour se moquer des futurologues et autres prospectivistes, on a coutume de confronter certaines de leurs prévisions passées avec la réalité présente. Les avions individuels à décollage vertical, qui devaient remplacer les voitures en l’an 2000, ou l’épuisement des ressources pétrolières au tournant de l’an 2000...

Avant la crise déjà, l’idée qu’on devait se préparer à un futur prévisible laissait sceptique. Depuis qu’elle a déréglé tous nos instruments de mesure, cette idée est devenue franchement risible. Nassim Nicholas Taleb , trader et philosophe des sciences, l’un des rares auteurs à avoir réellement prévu la crise, a écrit un livre là-dessus, Le cygne noir, qui s’est vendu à 3 millions d’exemplaires dans le monde. Il y montrait comment un évènement hautement imprévisible pouvait bousculer les prévisions les mieux assurées. Il récidive, ces jours-ci avec un nouvel essai, Antifragile ou Les bienfaits du désordre, qui montre comment tirer profit du chaos…

On se gardera bien, dans ce contexte hautement volatile, de risquer quelque prévision que ce soit sur l’avenir de notre chère radio. En cinquante ans, le sens du mot culture lui-même a déjà tellement changé… Si vous voulez savoir ce qu’il pourra signifier dans cinquante ans, hé bien, vous n’aurez qu’à écouter France Culture !

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