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Gagner les primaires ou la présidentielle ?

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Jusqu’à la surprenante victoire de Rick Santorum dans le Missouri, le Minnesota et le Colorado, les jeux semblaient faits dans le camp républicain. Mitt Romney , l’ancien gouverneur du Massachussets, avec son trésor de guerre - 56 millions de dollars : davantage que tous ses rivaux républicains réunis – semblait l’homme destiné à affronter Barack Obama en novembre.

Romney a tout pour plaire. Il est beau, grand, mince et élancé comme un cow-boy de « la Dernière Séance » ; il a un sourire carnassier et tranchant à la Clint Eastwood. Il semble jouir d’une santé mentale en acier trempé et n’avoir jamais été effleuré de sa vie par le doute. Il marche de victoire en succès, comme un homme persuadé d’avoir été choisi par Dieu pour guider son peuple vers la Puissance et le Bonheur.

Mettez-vous à sa place : né dans une excellente famille (son père a été président d’American Motors et gouverneur du Michigan), il a fait de brillantes études, obtenant son MBA à Harvard. C’est un formidable businessman : sa propre société d’investissement, Bain Capital lui a rapporté 200 millions de dollars et il a sauvé les Jeux Olympiques d’hiver de Salt Lake City en 2002. S’il a été battu aux sénatoriales du Massachussetts en 1994, ce fut par l’insubmersible Ted Kennedy, et avec le meilleur score jamais réalisé par un Républicain. Et il a fini par se faire élire gouverneur.

J’oubliais : il méprise la France, où il a vécu deux ans comme missionnaire mormon, ce qui n’est pas un argument négligeable. Souvenez-vous comme John Kerry a dû cacher ses attaches françaises… Avec Mitt Romney, pas d’ambiguïté : « Si nous ne prenons pas des mesures », a-t-il prévenu ses compatriotes, « nous allons finir comme une France du XXI° siècle : beaucoup de parlotte, mais pas grand-chose derrière sur le plan des capacités économiques ». Ca fait toujours plaisir, Mitt ! Mais voilà : Romney n’est pas un conservateur authentique. Elu gouverneur du Massachussetts, en 2002, il a eu la maladresse d’y mettre en œuvre une réforme de l’assurance-maladie. Réforme parfaitement réussie et dont les heureux habitants de cet Etat se félicitent chaque jour - Barack Obama s’en est peut-être inspiré pour la transposer à l’ensemble des Etats-Unis. Et c’est là où le bât blesse. Comment traiter Obama de « socialiste », lorsqu’on semble lui avoir soufflé de si bonnes idées… Mitt Romney n’est pas un authentique conservateur. Newt Gingrich est beaucoup plus en phase avec cette partie de l'électorat, lorsqu’il met en accusation les « gros bonnets de Wall Street, qui ont été renfloués » par l’administration Obama.A l’heure où le Tea Party fait souffler sur l’électorat droitier américain un fort vent de populisme, l’ancien gouverneur du Massachussetts passe pour une espèce de « liberal ». Newt Gingrich , l’ancien président de la Chambre des Représentants est un peu trop sulfureux, trop souvent marié, caractériel. Reste, en effet, Rick Santorum , l’ancien gouverneur du Minnesota. Bien sûr, dans le cadre d’une stratégie de « triangulation », telles que celles qu’on pratique depuis Clinton, et qui consiste à aller piquer les voix du centre en préemptant les thèmes préférés de l’adversaire , Romney aurait de meilleures chances de l’emporter face à Obama. Mais l’électorat républicain est peut-être plus idéologue que pragmatiste. Et les observateurs prétendent que « la triangulation est morte » et qu’on gagne à nouveau les élections en assumant clairement son positionnement politique. Les récentes défaites de John Kerry auraient marqué l’échec définitif des politiques de « troisième voie ».

On se souvient que Nicolas Sarkozy a gagné en 2007 sur une ligne de « droite décomplexée ». Quelles conclusions en tirer pour la campagne en cours – chez nous et chez eux ?

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