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Guillaume Peltier aux Matins

4 min
À retrouver dans l'émission

J’ai un point commun avec vous, Guillaume Peltier : j’ai fait ma khâgne à Lakanal, lycée chanté par Julien Clerc , qui l’a également fréquenté. Mais ça n’était pas exactement la même année… De mon temps, voyez-vous, Lakanal était une base rouge. Les maos – j’en ai fait partie - y faisaient la loi. Vous, vous avez choisi une autre radicalité : l’UNI, le Front national, au départ, puis, Philippe de Villiers, et enfin Nicolas Sarkozy. Avec l’âge, on s’assagit. Moi aussi, rassurez-vous. Mais aux gens comme moi, on pardonne volontiers leurs erreurs de jeunesse . Nous n’étions pourtant pas des anges : il y avait, cachée au-dessus des toilettes, une certaine valise pleine de pieds de chaise cassés – que nous destinions à nos adversaires politiques – vos grands ancêtres. Vous, votre passé jette sur votre présent une ombre qui inquiète, y compris au sein de cette UMP, que vous avez rejointe en 2008, laissant là Philippe de Villiers.

Alors vous me direz que votre motion est arrivée en tête du vote des militants au Congrès de l’UMP. La Droite Forte, que vous animez, avec votre compère Geoffroy Didier, a remporté 27,8 % des suffrages, largement devant la Droite sociale de Laurent Wauquiez (21,7 %) et surtout devant les Humanistes de Jean-Pierre Raffarin (18,1 %), nettement plus centriste et soutenue par les élus : la motion de Raffarin a été signée par 140 parlementaires, la vôtre par 18 seulement. Vous analysez ce succès comme le signe d’une révolte générale du peuple contre les élites, des militants contre les caciques . Mais vos contradicteurs font remarquer que vous avez été constamment rejeté par le suffrage universel : battu aux législatives de 2002, battu aux européennes de de 2004, battu aux législatives de 2007, battu aux municipales de Tours, en 2008, battu au 2° tour aux législatives de 2012.

Certes, vous êtes très présent dans les médias . Vous et votre compère Geoffroy Didier – qui vient, lui, de la gauche sarkozyste : la Diagonale – êtes très appréciés des émissions de débat, où l’on manque d’éditorialistes jeunes, télégéniques, mais classés à droite. Mais la télé et la politique ne sont pas exactement la même carrière , ne requièrent pas les mêmes profils. En France, on fait de la télé après avoir lâché la politique, comme Roselyne Bachelot. Rarement l’inverse, comme Noël Mamère.

En tant qu’un des artisans de la droitisation de l’UMP, j’aimerais que vous commentiez pour nos auditeurs le dernier sondage Opinionway CEVIPOF dit du « baromètre de la confiance politique ». Parce que ce sondage illustre la profondeur de la rupture entre le monde politique et la société civile.

Les qualificatifs caractérisant le mieux l’état d’esprit des Français sont dans l’ordre : la méfiance (32 %), la morosité (31 %), la lassitude (29 %). Quelles sont les institutions qui inspirent confiance ? Dans l’ordre : les hôpitaux (82 %), l’armée (73 %), l’école (73 %), les associations (69 %), la police (66 %). Quelles sont celles qui n’inspirent pas confiance ? Dans l’ordre : les partis politiques (87 %), les médias (76 %), les banques (74 %), les syndicats (64 %), les grandes entreprises privées (57 %).

Néanmoins, une petite majorité (53 %) pense à présent que « pour faire face aux difficultés économiques, l’Etat devrait faire confiance aux entreprises et leur donner plus de liberté ». 68 % des sondés estiment « qu’aujourd’hui, les notions de droite et gauche ne veulent plus rien dire ». 65 % jugent qu’il y a trop d’immigrés en France . Et 52 % pensent que « les couples homosexuels devraient avoir le droit de se marier civilement (en baisse sensible, ils étaient 60 % en octobre).

Concernant les prochaines années, 23 % affirment avoir « confiance en la gauche pour gouverner le pays » et 24 % ont confiance en la droite . La majorité, elle, ne fait confiance à personne et 69 % de nos compatriotes ont le sentiment que la situation du pays va se dégrader au cours des 12 prochains mois.

Reconnaissez que tout cela n’est pas fameux. Ni pour la majorité, ni pour l’opposition. Face aux immenses difficultés que rencontre ce gouvernement sur le plan économique, vous aviez, comme on dit, un boulevard . Pourquoi semblez-vous faire du surplace ?

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