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Hollande : manquait plus que ça...

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Les augures ont remarqué combien la pluie a bizarrement accompagné nombre de prestations symboliques de François Hollande, depuis qu’il a été élu président de la République. De son défilé d’investiture sur les Champs-Elysées jusqu’à son discours de commémoration à l’Ile de Sein, en passant par son hommage à Marie Curie, les apparitions du chef de l’Etat déclenchent plus souvent qu’à leur tour pluie, grêle, ou bruine verglaçante. Même au Maroc, François Hollande a réussi le prodige de faire pleuvoir, pour son arrivée. Beau joueur, il n’a pas résisté au jeu de mot : « gouverner, c’est pleuvoir ». Dans les pays anglo-saxons, il est affublé du pseudonyme de Rain Man. Lorsqu’il le reçoit à la Maison Blanche, Obama ne peut s’empêcher de fredonner « Raindrops keep falling on his head ».

Car enfin, voilà un homme qui passait pour favorisé par la chance durant la première partie de sa vie et sur lequel le sort semble s’acharner depuis qu’il est devenu président. Je ne suis pas loin de soupçonner Nicolas Sarkozy d’avoir sculpté une statuette à son effigie et de se livrer sur elle à des pratiques vaudous, aptes à attirer sur son rival heureux de 2012, ces étranges précipitations, très localisées, dites "convectives" .

Voilà un homme qui se voulait rassembleur et reprochait à son prédécesseur d’avoir « clivé » les Français sur des questions de valeurs, au lieu de se préoccuper de redresser la situation économique. Or ses propres réformes de société ont fait descendre dans la rue, par centaines de milliers, des pères et mères de famille qu’on y avait pas vus depuis trente ans.

Voilà un optimiste, adepte de la méthode Coué qui, durant les deux premières années de son mandat, n’a cessé d’annoncer le retour imminent de la croissance et l’inversion de tendance du chômage. Avec pour résultat une croissance invisible et un demi-million de chômeurs supplémentaires.

Voilà un fin politique, artisan de l’unité des socialistes qui, parvenu au pouvoir est bien forcé de constater qu’il existe au moins deux gauches dans ce pays et qu’elles ne sont d’accord sur rien, rien de ce qui permettrait d’exercer le pouvoir ensemble.

Voilà un Européen convaincu qui se faisait fort de renégocier le Pacte budgétaire européen , signé par son prédécesseur et qui a dû avaler son chapeau afin de le faire ratifier par une Assemblée nationale où la gauche a la majorité. Et le voilà en délicatesse avec la Commission européenne, qui lui reproche de ne pas respecter les règles communes.

Voilà un spécialiste reconnu en fiscalité, qui augmente les impôts comme on ne l’a jamais fait en temps de paix, afin de rétablir les comptes de la nation, mais sans que ces sacrifices ne réduisent d’un iota notre déficit budgétaire.

Les commentateurs de l’opposition disent que la prochaine averse pourrait venir d’une crise sociale d’une certaine ampleur, la seule sorte d’averse que notre Rain Man n’ait pas eu à affronter jusqu’à présent. La mort injustifiable d’un jeune homme, dans le cadre d’une manifestation contre la construction d’un barrage contesté, quoique voté à la quasi-unanimité par le Conseil général du Tarn, peut-elle provoquer cette crise sociale de grande ampleur ?

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