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Inversion de la courbe du chômage : cette fois, c'est vrai

4 min
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Oui, depuis un an, le nombre de créations d'emplois dépasse celui des entrées sur le marché du travail.

Oui, cette fois, plus de doute possible, la tendance sur le marché du travail s’est bien inversée depuis le printemps de l’an dernier. Et c’est la première fois depuis la crise des subprimes.

Sur les 12 derniers mois, l’économie française a créé 160 000 emplois, quelle que soit la source consultée, Insee ou Acoss. Le mois de mars de cette année a même enregistré une espèce de record, avec une baisse du nombre de chômeurs de 1,7 %. Le rythme de création net d’emplois est stable et soutenu ; il tourne autour de 40 000 par trimestre. On peut faire la fine bouche, en constatant que l’industrie continue à détruire des emplois : un million ont été perdus depuis le début du millénaire – mais c’est une évolution qu’on constate dans les sociétés comparables à la nôtre. Plus significatif : le secteur de la construction, où 190 000 emplois avaient été perdus depuis le début de la crise, est enfin reparti tout doucement à la hausse. Et l’augmentation du nombre de permis de construire ne peut qu’y doper l’embauche.

Le plus satisfaisant pour le gouvernement ? Au rythme de 160 000 créations d’emplois par an, le chômage recule effectivement, puisque notre économie doit absorber chaque année 120 000 nouveaux entrants sur le marché du travail. Le chômage peut donc commencer à diminuer. La prochaine fois que François Hollande nous annoncera l’inversion de la courbe du chômage, on est donc priés de cesser de ricaner…

Les opinions vont vite diverger quant aux causes de cette embellie. Chaque camp en présence l’attribuera aux effets de la politique qu’il préconise…

Ainsi, les partisans d’une politique d’allègement des charges pesant sur les entreprises y verront l’effet bénéfique du Crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi et du Pacte de responsabilité. Les effets attendus sont de l’ordre de 41 milliards d’euros prélevés en moins sur les entreprises, depuis leur adoption jusqu’à la fin du quinquennat. Une victoire de la politique de l’offre. Et, en effet, on constate une nette reprise de l’investissement des entreprises au premier trimestre de cette année ( 2,4 %). Les mauvais esprits feront toutefois remarquer qu’on est encore loin du million d’emplois évoqués par le président du Medef.

Les keynésiens qui dénonçaient une imaginaire « politique d’austérité » et appelaient à une relance des dépenses publiques auront, dira-t-on, plus de mal à expliquer pourquoi les choses vont mieux, bien que le gouvernement n’ait pas suivi leurs conseils. Ils se rattraperont en faisant constater qu’a eu lieu une petite progression des salaires et que la croissance, revenue dans la moyenne européenne, tournera aux alentours de 1,5 % cette année. Cette croissance reste donc tirée, dans notre pays, par la consommation.

Enfin, les mauvaises langues diront que le gouvernement n’y est pour rien. Et que la France se contente d’empocher les bénéfices d’une conjoncture exceptionnellement favorable, créée par les taux d’intérêt sans intérêt de la BCE et l’effondrement des prix du pétrole. Ils feront observer que nos voisins, espagnols et italiens, tombés plus bas que nous en matière d’emplois, remontent aussi plus rapidement. Ils le doivent de toute évidence à des réformes du marché du travail, organisant la flexibilité. Le genre de réforme que refuse absolument la moitié de nos centrales syndicales. Quel sera l’impact sur la croissance et sur l’emploi des grèves qui se succèdent dans le secteur public ? On le saura à la veille des élections de 2017.

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