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L'accord avec l'Iran rejeté par le Congrès ?

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L’accord survenu le 14 juillet à Vienne entre les membres du Conseil de Sécurité (plus l’Allemagne) et la République islamique d’Iran est très diversement apprécié aux Etats-Unis. On va en avoir la preuve dès demain, lors de la rentrée du Congrès à Washington.

L’opposition républicaine va, en effet, présenter dès cette semaine une Résolution de réprobation, visant cet Accord, négocié et signé par Obama. Au Sénat, une telle procédure requiert une majorité qualifiée de 60 votes sur 100 pour être discutée et votée. Ensuite, une majorité simple de 51 sénateurs suffira à la faire adopter. Ce sera alors au tour de la Chambre des Représentants de se prononcer. Or, il fait peu de doute que cette motion de défiance sera adoptée . Pour une raison simple : les Républicains sont majoritaires dans les deux chambres. Et plusieurs élus démocrates ont fait savoir qu’ils voteraient avec les Républicains.

Le deal, si laborieusement négocié avec l’Iran, afin d’amener ce pays à renoncer à l’arme nucléaire en échange de la levée des sanctions, va-t-il finir à la poubelle ?

Deal iranien
Deal iranien Crédits : Radio France

Probablement pas, parce que la Constitution américaine permet au président d’opposer son véto à une majorité parlementaire . Et pour passer outre au véto présidentiel, il faudrait une majorité qualifiée des deux tiers dans chacune des deux assemblées. Obama ayant sécurisé 34 voix sur 100 au Sénat, on conçoit qu’il aura donc le dernier mot. Mais l’ampleur de l’opposition que suscite l’accord démontre combien il fait problème aux Etats-Unis.

Richard Haass, le président de l’influent think tank Council on Foreign Relations résume ainsi l’embarras ressenti : l’accord va permettre à l’Iran d’accroître sa capacité de peser sur l’ensemble du Moyen Orient. Bachar al-Assad, le bourreau du peuple syrien, va se sentir pousser des ailes : Téhéran demeure, avec Moscou, son plus fidèle allié. Le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien, deux mouvements que les Etats-Unis qualifient de terroristes, sont également des protégés de l’Iran. Ils vont pouvoir recevoir de nouveaux fonds, acquérir de nouvelles armes.

Par contre, les alliés traditionnels sunnites de Washington dans la région , dans le Golfe et en Egypte, se sentent floués. Obama a bien tenté de les rassurer, en invitant les membres du Conseil de Coopération du Golfe. Ce ne sont que des seconds couteaux qui ont fait le voyage de Washington, en signe de protestation.

Les Israéliens aussi sont indignés qu’on reconnaisse le droit à l’enrichissement de l’uranium à un pays dont certains dirigeants ont proclamé leur volonté de détruire le leur. Selon le politologue Shlomo Avineri : tout ce qui contribue à renforcer l’opinion qu’Israël, entouré d’ennemis, est seul au monde, renforce la paranoïa instillée par Benjamin Netanyahou.

Dans un article publié dans la revue Foreign Affairs, l’éditorialiste Bret Stephens résume les critiques adressées à la diplomatie d’Obama. Le président prétendait réorienter les priorités stratégiques en se recentrant sur l’essentiel. Mais les marges, ainsi abandonnées, ont créé autant d’opportunités pour une nouvelle vague de djihadistes , comme Daech. Et le manque de fidélité envers les alliés traditionnels de l’Amérique fait douter du sérieux de la garantie américaine. Conclusion : « le monde est entré dans une ère de désordre global, encouragé par le retrait américain ».

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