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La Chine, 8° investisseur en France

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« La France est un pays ouvert au monde et un pays attractif. Nous n’avons pas peur des capitaux qui viennent s’investir en France. La France, elle n’a pas peur de s’ouvrir au monde (…) nous ne cherchons pas à nous protéger ». Voilà le discours que martèle le président de la République aux investisseurs étrangers. C’est une position pro-mondialisation, qui contraste étrangement avec celle de son ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, lequel appelle au contraire à s’en prémunir et à se protéger.

Du côté français, on a besoin d’investissements et de partenaires pour se déployer sur le marché chinois que nous avons trop longtemps négligé, à la différence des industriels allemands… Du côté chinois, on cherche à diversifier ses investissements et à échapper au dangereux tête-à-tête avec les Etats-Unis. Les Chinois désirent aussi acquérir les technologies de pointe, afin d’échapper aussi vite que possible au sort – peu enviable - d’atelier du monde, afin de rivaliser, sur les secteurs de pointe, avec les pays anciennement industrialisés.

Cela donne l’entrée de Dongfeng au capital de PSA l’OPA du conglomérat Fosun sur le Club Méditerranée l’entrée du Fonds souverain chinois CIC au capital de GDF-Suez. Sans oublier les investissements réalisés en France par l’équipementier télécom Huawei.

Tout cela fait beaucoup de bruit, mais ne représente pas grand-chose. Pas encore. La Chine est le 8° pays investisseur en France, très loin derrière les Etats-Unis et l’Allemagne. Mais on peut supputer que l’évolution de l’économie chinoise, dans un proche avenir, pourrait rendre notre pays plus attractif.

On lit dans le magazine Enjeux-Les Echos de ce mois-ci : « au ‘moment allemand’, qui a caractérisé une décennie d’importations d’équipements industriels, pourrait bien succéder, pour les Chinois, un « moment français », favorisé par le développement d’une classe moyenne exigeante. » L’attrait des Chinois pour nos grands vins en témoigne. Pour l’équipement en machines-outils, « l’atelier du monde » se tournait vers les Allemands. Pour l’art de vivre, l’élégance, le luxe, Paris demeure une référence à cultiver. « La France est créative et on apprécie son côté artisanal, au sens positif du terme », déclare ainsi Mingpo Cai, le cofondateur du fonds Cathay Capital, dans Enjeux Les Echos de ce mois. Mais au-delà de nos points forts traditionnels, dans l’agroalimentaire et les cosmétiques, nous avons une certaine avance dans les énergies nouvelles et l’environnement qui pourrait aussi intéresser les Chinois.

Il faut maintenant que les obstacles réglementaires et bureaucratiques en tout genre qui ont été édifiés de part et d’autre soient conjointement démantelés, afin que davantage d’entreprises chinoises puissent venir s’installer dans l’Hexagone et que le marché chinois s’ouvre plus largement à nos propres produits. Il faut passer du dialogue entre gouvernements, qui est de qualité, à une coopération entre les sociétés, qui ne sera pas simple, tant notre méconnaissance de la Chine est profonde. Le manque de curiosité de notre pays envers cette région, où a pivoté le cœur du monde, me semble l’un des mystères du moment. Pourquoi cette indifférence ? Est-elle réciproque ?

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