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La lutte contre le carbone passe par le nucléaire

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En 2011, dernière année bien documentée, la production mondiale d’énergie reposait encore à 81% sur les sources fossiles . Respectivement, 31 % pour le pétrole, 29 % pour le charbon, 21 % pour le gaz. Les biocarburants fournissaient 10 % du mix énergétique mondial, l’hydroélectricité 2,5 %. Et les énergies dites alternatives, 1,1 %.

Celles-ci ont progressé depuis, mais il ne faut pas imaginer que le solaire et l’éolien pourraient se substituer à brefs délais aux énergies fossiles. On ne passe pas comme ça de 1 % à 81… Même si, comme le constate le groupe financier Lazard, le coût de production de ces énergies renouvelables et propres a baissé considérablement au cours des années récentes : - 25 % pour les fermes solaires en une seule année.

Par contre, les installations individuelles, mises en place par les particuliers, sur leurs toitures, elles, demeurent beaucoup trop coûteuses à cause des frais d’installation. C’est pourquoi elles sont subventionnées, via une taxe alourdissant de 15 % la facture d’électricité des ménages français , la Contribution au service public de l’électricité, d’un montant de 8 milliards en 2016. C’est Bien davantage en Allemagne.

Et le nucléaire ? Comme on sait, il est prépondérant, chez nous, en France, pour la production d’électricité. Mais au niveau mondial, sa contribution à la production d’énergie demeure faible. Aux alentours de 5 % en 2011. Peut-être le double aujourd’hui, car il faut savoir que, contrairement à une idée répandue, l’énergie nucléaire progresse à travers le monde.

C’est ce qu’on fait observer quatre vedettes scientifiques, lors de la COP21, pour réclamer qu’on augmente rapidement la construction de centrales. James Hansen, l’ancien directeur du Goddard Institute de la NASA, (oui, celui-là même qui a été le premier, en 1988, à lancer l’alerte sur le réchauffement climatique et sa probable origine humaine), a lancé un appel en compagnie d’un fameux climatologue australien, Tom Wigley , d’un grand professeur du MIT, Kerry Emmanuel et de Ken Caldeira , un spécialiste de l’acidification des océans.

« Le problème du climat est trop important pour que nous nous leurrions et prenions nos désirs pour des réalités », écrivent-ils. « Pour résoudre le problème du climat, les politiques à mener doivent être basées sur des faits et non sur des préjugés. » Et les quatre scientifiques d’estimer impossible de remplacer la totalité de l’énergie produite aujourd’hui par les ressources fossiles par du renouvelable.

Le solaire et l’éolien sont des sources intermittentes , qui nécessitent la construction de centrales thermiques, afin d’en prendre le relais lorsqu’il n’y a pas de soleil, trop ou pas assez de vent. Pire encore, on compte parmi les renouvelables les bioénergies – or, elles mènent à la déforestation et l’hydroélectricité – qui requiert la construction de barrages dangereux pour les écosystèmes.

Les énergies renouvelables, seules, ne pourront pas suffire à enrayer le réchauffement ». C’est pourquoi Hansen et ses collègues appellent à mettre d’urgence en place des réacteurs nucléaires de dernière génération , ne dégageant pratiquement pas de dioxyde de carbone. Ils fixent même un objectif : avec 61 nouveaux réacteurs par an, on pourrait se passer complètement des énergies fossiles d’ici 2050. C’est techniquement possible, affirme le texte de l’appel. Et de citer le cas de deux pays européens qui ont développé avec succès l’électricité d’origine nucléaire – la France et la Suède .

Rappelons que le bilan carbone de notre pays est bon, que nous émettons deux fois moins de gaz à effet de serre par habitant que les Allemands et avons pratiquement atteint, dès cette année, nos objectifs de 2020.

Voilà qui va à l’encontre de bien des idées reçues. Mais comme l’a expliqué James Hansen aux journalistes présents, « la majorité des scientifiques est d’accord pour dire que le nucléaire doit faire partie de la solution. Mais quand vous commencez à le dire, toute la communauté antinucléaire vous tombe dessus. C’est une attitude quasi-religieuse. »

Dans le même ordre d’idées, on voit se développer toute sorte de technologies, susceptibles de piéger et de récupérer le dioxyde de carbone , accumulé dans l’atmosphère par l’activité humaine. Ainsi, de la fabrication de nanofibres de carbone, ou de plastiques.

Ce n’est pas en tournant le dos au progrès technique, ni en prétendant limiter l’activité d’une humanité en forte croissance démographique qu’on résoudra le problème de la pollution. La décroissance n’est pas de nature à séduire les Chinois ni les Indiens, récemment sortis de la pauvreté et qui aspirent légitimement à notre mode de vie….

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