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La politique étrangère de Sarkozy : un bilan

4 min
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Puisque c’est l’heure du bilan pour Nicolas Sarkozy et puisque nous recevons son dernier ministre des Affaires Etrangères, essayons de faire, avec lui et sous son contrôle, la part des réussites et celle des échecs , dans ce domaine important, quoique négligé par les candidats à la présidence de la République.

Dans la colonne des succès , et en tête de celle-ci, probablement, il y a la présidence française de l’Union européenne durant le second semestre 2008. Dès octobre 2007, Nicolas Sarkozy pouvait se vanter d’avoir « remis l’Europe en marche », en faisant adopter son projet de Traité simplifié celui-ci lui avait permis de faire « revenir la France en Europe », après l’effet désastreux produit par le non français au référendum sur le Projet de traité européen de 2005. Qu’un texte, rédigé sous la direction du Français Giscard d’Estaing, dans le but de réparer le désastreux Traité de Nice, également rédigé par des Français, soit repoussé par les électeurs français, était apparu – il faut en être conscient - extravagant tant à Berlin, qu’à Londres, à Rome qu’à Madrid.

Durant « sa présidence », Nicolas Sarkozy règle tambour battant l’affaire russo-géorgienne . En se rendant illico à Moscou, puis à Tbilissi, le président français arrête les chars russes qui comptaient bien renverser le président Saakachvili. Il obtient à l’arraché un compromis : Poutine renonce à occuper la Géorgie celle-ci renonce à 20 % de son territoire au profit de la Russie.

Les liens avec les Etats-Unis ont été considérablement améliorés dès la fin du mandat de George Bush. Ils sont carrément au beau fixe depuis qu’Obama est à la Maison blanche. Mais la France n’est-elle pas à la traîne des Etats-Unis ? C’est une question qui se pose en particulier au vu de l’échec occidental sur le dossier afghan.

C’est sous la présidence française qu’éclate la crise des subprimes. Là encore, succès français. Sarkozy parvient à retourner Merkel, qui avait commencé par prôner une politique du chacun pour soi. Il obtient de Bush une réunion du G 20 à Washington, pour poser les bases d’une réglementation internationale de la finance mondialisée . Martin Schulz lui décerne ironiquement au Parlement européen le titre de membre d’honneur du Groupe socialiste pour son interventionnisme. Mais quels ont été les résultats concrets ? Le président français est-il parvenu à convaincre ses partenaires sur la taxe sur les transactions financières ? Sur les paradis fiscaux ? Pas qu’on sache.

Dans la colonne des échecs , l’Union pour la Méditerranée . Qui se souvient du grand sommet des 44 chefs d’Etats et de gouvernement du 13 juillet 2008, co-présidé par Sarkozy et Moubarak, réunissant tous les pays du pourtour méditerranéen, sauf Kadhafi ? Nicolas Sarkozy y avait été sacré, un peu vite, artisan d’un rapprochement entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert, qui avaient accepté de se retrouver à Paris. Ce n’est pas seulement parce que l’Allemagne avait très mal pris la volonté française de se constituer une zone d’influence en dehors de l’Union, que le projet a échoué. Ce n’est pas seulement la faute de la Turquie , dont Sarkozy a fait un adversaire en lui fermant la porte de l’adhésion. C’est surtout le Printemps arabe qui a rendu l’UpM obsolète…

Et sur ce mouvement historique, le bilan de la présidence sarkozyste est mitigé. Car, on s’en souvient, les choses avaient fort mal commencé. Avec une ministre des Affaires étrangères, proposant à Ben-Ali « le savoir-faire de nos forces de sécurité », à quelques jours de son renversement par le peuple tunisien. Et l’on découvrait, à cette occasion, les liens multiples et compromettants , liant divers membres du gouvernement aux despotes arabes et à leurs affidés.

C’est dans l’espoir de faire oublier cette grave erreur d’appréciation qu’un tournant à 180 ° a été pris à l’occasion de l’affaire libyenne. Cette fois, le Quai d’Orsay, habitué à fraterniser avec les dictatures du moment pour autant qu’elles se présentent comme laïques et anti-américaines, vole au secours des rebelles libyens et, avec l’aide de ses alliés britanniques, chasse le colonel Kadhafi de Tripoli qu’il tyrannisait depuis 41 ans.

La rupture promise avec la logique « françafricaine » a-t-elle réellement eu lieu ? Ce n’est pas évident. Et le débarquage de Jean-Marie Bockel du gouvernement rappelle étrangement celui de Jean-Pierre Cot en 1982…

Dans l’atmosphère électrique et passionnelle qui marque la campagne, il est difficile de faire preuve d’objectivité . Essayons tout de même, dans ce domaine qui passe pour déchaîner, moins que d’autres, les passions.

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