LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La retraite à 90 ans

3 min
À retrouver dans l'émission

La France est ce pays où des politiciens généralement soixantenaires (c’est notamment le cas de mesdames et messieurs Ayrault, Juppé, Aubry, Alliot-Marie, Taubira, Sapin, Le Drian, Lebranchu, Bachelot, pour n’en prendre que quelques exemples) mettent à la retraite d’office des scientifiques de haut niveau parce qu’ils ont atteint l’âge de 65 ans. Des gens qui, parfois, viennent seulement d’atteindre leur altitude de croisière.

65 ans, en France, c’est la date de préemption, et encore faut-il parfois bénéficier d’une dispense. Dans l’armée, on vous jette beaucoup plus tôt. Dans celle d’aujourd’hui, Foch n’aurait jamais commandé les forces alliées, puisqu’il avait 62 ans en août 14… Comme nos syndicalistes, qui s’accrochent au mythe de la retraite à 60 ans, devenue impossible à financer pour cause d’inversion de la pyramide des âges , nos dirigeants n’ont pas pris acte de ce que nous vivons de plus en plus longtemps en bonne santé. Seul un non-sens économique a pu faire accroire que plus les seniors s’en iront jouer aux boules, plus les juniors trouveront des emplois. Si l’emploi était un gâteau à se partager, nous aurions connu le plein emploi, il y a vingt ans, lorsque les gouvernants multipliaient les pré-retraites, afin de dégonfler les statistiques du chômage. C’est le contraire qui s’est produit.

La situation ubuesque qui est ainsi faite à nos chercheurs de haut niveau les pousse à s’envoler, comme des jeunes diplômés, vers les Etats-Unis, où refuser un job à quelqu’un en raison de son âge est jugé aussi discriminatoire que le faire sur la base de la couleur de peau.

On se souvient du cas de Luc Montagnier, découvreur en 1983 du VIH, contraint de s’exiler aux Etats-Unis. Tout récemment, à 78 ans, il vient d’être recruté par les Chinois et s’est exilé, cette fois, à Shanghaï.

Evidemment, les cas comme le vôtre, professeur Etienne-Emile Baulieu, sont plutôt rares. A 83 ans, en pleine forme, vous voilà lancé dans un nouveau défi. Après la « pilule du lendemain », vous cherchez à combattre la maladie d’Alzheimer. L’an dernier, on a beaucoup parlé de cette hormone DHEA, que les médias ont vite baptisée « la pilule de jouvence ». En tous cas, si vous l’avez expérimentée sur vous-même, les effets semblent concluants. Mais c’est surtout la protéine FKP52 qui a suscité bien des espoirs. Vous avez pensé qu’elle pouvait servir d’antidote à une autre protéine, Tau, dont vous estimez qu’elle est la véritable responsable des cas, de plus en plus nombreux, de maladies neurodégénératives. Vous aviez parlé d’un « pari scientifique ». Aujourd’hui, un an après les premières publications, où en êtes-vous ? Et la retraite, vous y pensez ?

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......