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La voiture-robot

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Chaque jour se révèle davantage confirmée la fameuse maxime de Pierre Dac, selon laquelle « l’art de la prévision est difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ». Dans les années 1990, quantité de livres, revues et magazines nous annonçaient l’obsolescence prochaine de l’automobile . Ce type de véhicule était, nous assurait-on, un phénomène du XX° siècle, destiné à disparaître avec lui dans les « villes du futur », dotées en « ‘éco-mobilités » allant du tramway au vélo électrique. Le « pic pétrolier » - une des marottes journalistiques de ces années 1990 allait condamner la bagnole -, en rendant le moindre week-end en Normandie hors de portée de nos bourses.

Ainsi, le numéro de Courrier International du 16 septembre 1999, portait en une « un monde sans voiture »,. On y lisait notamment l’article d’un universitaire chinois, incitant ses compatriotes à « ne pas copier en bloc les modes de vie et les modèles de production de l’Occident », en renonçant, en particulier, à « développer la voiture individuelle ».

Quinze ans après, que voyons-nous ? Le marché chinois est devenu le premier marché de véhicules automobiles du monde, avec 22 millions de véhicules vendus, l’an dernier, dont 18 millions de voitures particulières. Le plus frappant, c’est que malgré le ralentissement de la croissance, l’appétit du public chinois pour ce mode de transport de faiblit pas : sa croissance a été de 15 % l’an dernier.

Cette multiplication des voitures sur les routes et autoroutes chinoises n’est pas étrangère à l’augmentation de la pollution dans ce pays ? Certainement, c’est pourquoi les constructeurs qui travaillent à la réduction de CO² et d’une manière générale, à la réduction de la consommation, bénéficient d’un avantage de taille. Et c’est une très bonne nouvelle pour les constructeurs français dont les performances figurent parmi les meilleures du monde dans ce domaine. Si j’en crois Les Echos, parmi les 5 marques les moins polluantes, 3 sont françaises : Renault premier, Peugeot, deuxième, Citroën quatrième.

Et la voiture électrique ? Son démarrage est lent pour des raisons connues : sa faible autonomie et son prix élevé. Selon le PDG de Valeo, le grand équipementier français, interviewé, cette semaine dans La Tribune, « à l’horizon 2020, la voiture électrique ne représentera que quelques points du marché (de 2 à 3%) . Mais parmi les 97 ou 98 restants, 10 ou 15 % seront équipés de modèles hybrides « sous une forme ou sous une autre ». De toute façon, comme le fait observer Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo, « dans les pays où l’électricité est produite avec du lignite ou du charbon », on ne peut pas miser sur le moteur électrique pour réduire les émissions de gaz polluants… C’est peu dire. Mais les partisans de la voiture électrique ne le soulignent pas assez.

Mais l’évènement les plus significatif et les plus inattendu de ce début de XXI° siècle, dans le secteur automobile, c’est certainement l’arrivé du géant de l’internet Google. 28 constructeurs du monde ont signé un accord avec le fameux moteur de recherche qui équipera leurs véhicules de son logiciel Android Auto . Et la firme ne se contente pas de proposer l’affichage des informations concernant notre itinéraire, les niveaux de carburant et d’huile, la pression des pneus. Comme on le sait maintenant, le but de Google est de permettre à nos voitures de devenir autonomes et de se conduire toutes seules .

Ce n’est pas de la science-fiction : dans les deux ou trois prochaines années, les véhicules équipés des caméras, capteurs et logiciels appropriés pourront se garer sans notre intervention ils prendront le relai dans les embouteillages, nous permettant de lire un bon livre ou de regarder une vidéo. Quitte à ce nous reprenions la main lorsque le trafic redeviendra fluide. Mais en cas d’accident, nos voitures préviendront d’elles-mêmes les secours. Signe des temps : Google s’apprête à construire ses propres voitures-robots. Qui aurait parié, il y a seize ans sur une telle évolution ? Mais il est vrai qu’il y a seize ans, Google n’existait pas…

Moteur à hydrogène, voiture-robot… Quelles autres surprises nous réservent les vingt prochaines années ?

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