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Le cinéma de la Syrie rebelle

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Mardi dernier, une page a sans doute été tournée dans le conflit syrien . Pour la première fois, en effet, au cours de cette guerre civile qui a déjà fait quelques 40 000 morts, les forces rebelles ont abattu un de ces hélicoptères de combat avec lesquels le pouvoir baasiste traque et massacre les populations révoltées contre lui. Depuis mardi, plusieurs avions et hélicoptères ont été à leur tour été atteints. Les forces rebelles disposent donc de ces fameux missiles sol-air qui leur faisaient tant défaut, parce que l’Occident préférait leur refuser, de peur qu’elles tombent entre les mains de djihadistes... Sur le terrain, les combattants les auraient récupérés dans une base dont ils se sont emparés.

Les combattants de la Syrie libre sont à présent équipés d’armes lourdes , peut-être même de chars d’assaut. Le combat va cesser d’être terriblement inégal, pour cause de supériorité matérielle disproportionnée du pouvoir, qui disposait, en outre, d’une totale maîtrise aérienne. L’Armée Syrienne libre est en train d’étendre son contrôle aux zones frontalières avec la Turquie et avec l’Irak. Ce qui lui permettra de s’approvisionner en armes et en munitions. Bref, sur le terrain, la rébellion progresse.

Il est d’autant plus regrettable de voir la Coalition nationale syrienne incapable de surmonter ses divisions afin de désigner les membres d’un gouvernement de transition. Les Frères musulmans, qui contrôleraient près de la moitié du Conseil, se montreraient trop gourmands.

C’est dans ce contexte que la 4° édition du festival « Un état du monde… et du cinéma » inscrit à son riche programme une séquence consacrée aux « images de la révolution syrienne ».

Le cinéma syrien est méconnu en France . Seuls, des cinéphiles érudits connaissent l’œuvre de Nabil el Maleh , qui a également une œuvre de peintre et de poète et qui passe pour le grand cinéaste syrien de sa génération. En particulier, « al fahd », Le léopard , inspiré d’un roman assez célèbre de Haydar Haydar. L’histoire d’un paysan qui prend le maquis après avoir été exproprié. Oui, le cinéma syrien a une longue histoire d’engagement militant, de témoignage des réalités sociales.

Et c’est bien pourquoi le régime des Al-Assad, à peine installé au pouvoir à Damas, avait entrepris de museler les cinéastes . L’Organisation Nationale du Cinéma, théoriquement indépendante, mais en réalité contrôlée par le pouvoir, obtint le monopole de la production. et veillait à ce. La censure, et surtout l’auto-censure étaient sévères. En tout état de cause, il n’était pas question de sexe, ni de religion. Quant à critiquer ouvertement le pouvoir, c’était bien sûr impossible.

Le cinéma syrien, longtemps complexé par celui de l’Egypte, puis de l’Iran, dans le domaine de la fiction, a une tradition bien établie dans celui du documentaire. Un hommage sera rendu au père du documentaire critique, Omar Amiralay , décédé, avec la projection de son film de 2005, « Déluge au pays du Baas ».

Mais en ce moment, sur place, en Syrie, le cinéma du réel, c’est celui de ces innombrables amateurs qui, à l’aide de simples téléphones portables, témoignent, enregistrant l’histoire en marche. De quoi vous rendre jaloux, peut-être, Meyar al-Roumi ?

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