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Le solaire et l'éolien, coûteux gadgets

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L’énergie en France est bon marché. C’est un de nos principaux atouts. Le World Economic Forum nous a classés au troisième rang mondial pour la qualité des systèmes énergétiques – juste derrière la Norvège et la Suède. Le pétrole et le gaz, que nous importons, nous les payons, certes, aux mêmes prix que nos voisins. Mais nous n’en avons jamais maqué. Et surtout, notre électricité est abondante et peu chère. Selon l’Agence Internationale de l’énergie, la facture électrique des ménages français est exactement deux fois plus légères que celle de leurs équivalents allemands . Mais notre industrie aussi bénéficie des investissements intelligents réalisés lors des années 70, lorsque l’Etat, échaudé par les manœuvres de l’OPEP, a décidé d’assurer l’indépendance énergétique. Le prix du MégaWattHeure, pour les entreprises est de 88 euros en France, contre 134 en Allemagne. L’électricité demeure l’un de nos quelques avantages compétitifs de ceux qui peuvent inciter les étrangers à investir dans l’Hexagone.

En outre, l’électricité que nous produisons est écologique : elle est, comme on dit, « parmi les moins chargée en carbone au monde ». (Transition énergétique : les vrais choix, Odile Jacob) Selon l’AIE, l’intensité en carbone de l’énergie électrique produite en France est l’une des plus faibles du monde. En Europe, seule, la Suède, hyper-vertueuse, est mieux classée. Le kilowattheure français rejette dans l’atmosphère 60 % de moins de CO² que son équivalent allemand , 10 fois moins que celui produit en Chine…

La raison de ces bonnes performances, nous la connaissons : l’Etat français a misé à fond sur le nucléaire. Nous en tirons 77 % de notre production d’électricité. L’Etat a développé, via EDF, des infrastructures de transport et de distribution électriques très modernes.

Pourquoi ce modèle est-il aujourd’hui remis en cause ? D’abord, parce que nos centrales sont vieillissantes. Plusieurs d’entre elles arrivent à l’âge de 30 ans, considéré comme leur limite à l’époque de leur construction. Ensuite, parce que les accidents tels que celui de Fukushima ont entraîné un relèvement justifié des exigences de sécurité, qui renchérit les coûts de production. Surtout, parce que notre système, conçu par l’Etat pour fonctionner selon le principe du monopole public, est ébranlé par la volonté de la Commission européenne, d’introduire de la concurrence entre fournisseurs d’électricité en Europe .

Nos géants électriques, EDF, GDF-Suez, Areva sont, du reste, très bien implantés sur les autres marchés européens, plus ouverts que le nôtre. EDF vient de signer avec les Britanniques un contrat de 24 milliards d’euros pour la construction, en partenariat avec le Chinois CGN, de deux réacteurs EPR à Hinckley Point. Le nucléaire n’est nullement une énergie du passé , contrairement à ce qu’on nous serinait l’an dernier, sous prétexte que les Allemands y ont renoncé. Mais sans doute sommes-nous excessivement dépendants de cette ressource.

Certes, le gaz est peu polluant. Moins que le pétrole et beaucoup moins que le charbon. Mais, comme le pétrole, il nous rend dépendant d’approvisionnements extérieurs. Les énergies qui ont la cote, parce qu’elles sont renouvelables, sont le photovoltaïque et l’éolien. Mais elles présentent deux inconvénients majeurs. Primo, elles sont intermittentes. Secundo, elles sont très chères .

Comme on sait, le soleil ne coïncide pas avec les pics de demande. Quant au vent, il ne souffle que lorsqu’il veut bien. Or, nous utilisons de l'énergie même lorsque le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas... Pour favoriser leur développement, les pouvoirs publics les subventionnent puissamment. Après avoir répercuté sur les prix de l’essence à la pompe, la production de biocarburant, le consommateur d’électricité est appelé à financer les tarifs d’achat garantis aux producteurs d’énergie renouvelables. Cette Contribution au service public de l’électricité représente déjà 7 % de la facture moyenne des particuliers.

Si l’on ajoute que les éoliennes et centrales solaires sont de très gros consommateurs de béton et de métaux, et qu’elles ne produisent qu’un pourcentage extrêmement faible de l’énergie consommée – 5 % de la production totale d’électricité, l’an dernier – on peut se demander si l’engouement qui les entoure est bien justifié.

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