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Les difficultés commencent tout de suite

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Tout le monde avait sous-estimé François Hollande, et pas seulement Nicolas Sarkozy qui affirmait encore il y a trois mois que son challenger socialiste allait, au cours de la campagne, se dissoudre comme un morceau de sucre dans l’eau.

François Hollande a été porté par un mouvement général en Europe : depuis le début de la crise de l’euro, tous les gouvernements sortants - à une exception près, celle de la Pologne de Donald Tusk en octobre 2011 - ont été balayés : que ce soit Balkenende aux Pays-Bas et Gordon Brown en Grande-Bretagne, en 2010, le Parti du centre en Finlande, José Socrates au Portugal, ou Jose Luis Zapatero en Espagne, en 2011, tous ont connu des défaites humiliantes. Tel n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy qui sort la tête haute, avec un score de 48,33 %. En attendant le verdict des législatives qui pourrait se révéler plus meurtrier pour l'UMP.

François Hollande a montré sa force et sa détermination en refusant de sacrifier notre industrie nucléaire sur l’autel d’un accord électorale avec Europe écologie-les Verts. Il l’a démontrée aussi en n’accordant de concessions programmatiques ni à Jean-Luc Mélenchon, ni à François Bayrou , et en obtenant cependant le soutien de ces deux responsables politiques. Le choix des électeurs de la primaire socialiste s’est révélé judicieux : Hollande, gestionnaire prudent, était le plus attentif à la dérive de nos finances publiques. Il était donc le mieux à même d’attirer cette part de l’électorat centriste qui a fait, hier, la différence. Le total des voix de gauche au premier tour n’atteignait que 44,2 %. La France n’est pas majoritairement à droite elle n’est pas majoritairement à gauche non plus.

Si Nicolas Sarkozy a eu, hier, la défaite élégante – qu’on compare sa sortie avec la prestation surréaliste de Ségolène Royal en 2007 dans les rues du VI° arrondissement -, François Hollande a eu, lui, la victoire digne et modeste.

Il sait que les difficultés commencent.

Car la situation de la France et de l’Europe ne sont pas devenues roses par la vertu d’une alternance.

Les élections grecques, marquées par l’effondrement des deux partis de gouvernement, PASOK et Nouvelle Démocratie montrent que l’austérité infligée à la population de ce pays pour régler la facture d’une décennie de folies budgétaires, a dépassé le seuil du supportable . Certes, cela donnera un argument supplémentaire au président Hollande dans sa difficile négociation avec la chancelière allemande. Mais, dans l’immédiat, le retour de la crise grecque risque de relancer la crise de l’euro en rendant nos créanciers plus méfiants.

La compétitivité de la production française n’a cessé de se dégrader au cours de la décennie écoulée. Dans la mesure où François Hollande refuse tout allègement des coûts du travail, il va lui falloir imaginer d’autres moyens de restaurer notre capacité à exporter, d’empêcher la poursuite des délocalisations. Comme il va lui falloir de l’imagination pour combiner la rigueur et la croissance . Car François Hollande a été élu sur la promesse de la faire revenir, cette croissance. Il faut se souvenir que Nicolas Sarkozy avait fait la même promesse qui, comme on a pu le constater, n’est pas facile à tenir… Surtout lorsqu’on se propose d’augmenter les impôts pour combler les déficits en 5 ans. Dans l’immédiat, le chômage va continuer à augmenter.

Dès le 18 mai, le nouveau président devra représenter la France au G8 de Camp David, les 20 et 21 mai, il participera au sommet de l’OTAN à Chicago et les 18 et 19 juin, il assistera au G 20, à Mexico. D’ici là, il faudra absolument que la France et l’Allemagne ait trouvé des positions communes sur tous les grands sujets. Le quinquennat commence sur les chapeaux de roue

> Découvrez notre dossier spécial présidentielle

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