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Les vaccins présentent-ils des risques pour la santé ?

Les vaccins présentent-ils un risque pour la santé ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Les vaccins obligatoires et leurs risques présumés sur la santé sont au cœur des Idées claires, notre programme hebdomadaire proposé par France Culture et France Info et destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

Les vaccins présentent-ils des risques pour la santé ?
Les vaccins présentent-ils des risques pour la santé ? Crédits : Jeff J Mitchell - Getty

Court-on un risque à se faire vacciner ?

Le nombre de vaccins obligatoires est passé au 1er janvier 2018 de trois à onze pour les enfants de 3 à 18 mois. Une mesure du gouvernement qui a suscité une importante opposition de la part des anti-vaccins. Principaux arguments, les éventuels risques pour la santé à long terme, la présence de certains éléments comme l'aluminium, voire les intérêts économiques des laboratoires pharmaceutiques. 

Une jeune fille de 17 ans a succombé de la rougeole au CHU de Bordeaux début juillet. Il s'agit du troisième décès causé par la maladie en France depuis novembre 2017, selon l'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine. D'après Santé publique, les départements du Sud-Ouest figurent parmi les zones où la couverture vaccinale est la plus faible sur le territoire.

Toujours selon l'agence, sur les 2567 cas de rougeole confirmés en France depuis cette date, près de 90% des malades étaient insuffisamment vaccinés, voire pas du tout.

Depuis quelques années, la controverse a fait son chemin. La France est championne du monde du scepticisme anti-vaccin, selon une vaste étude de 2015 menée par la London School of Hygiene and Tropical Medicine, dans 67 pays. D'après les chercheurs, près de 41 % des Français estiment que les vaccins ne sont pas sûrs.

Pour avoir les idées claires et trier le vrai du faux, Lise Barnéoud, membre de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (Ajspi) répond à nos interrogations :

Les vaccins présentent-ils un risque pour la santé ?

il faut considérer les vaccins comme un médicament et donc oui il y a des risques d’effets secondaires graves. Par contre, c’est important d’évaluer le taux de ces risques secondaires graves.

Les risques secondaires graves ne surviennent jamais à une fréquence supérieure à 1 pour 100 000 vaccinés. Et ce taux est à mettre en regard des risques des maladies contre lesquelles ces vaccins nous protègent.

1 sur 100 pour ce qui est de la coqueluche chez le nouveau-né, 1 sur 1 500 pour ce qui est des complications de la rougeole par exemple. Donc vous voyez qu’il y a là un facteur 100 voir 1000 de différence entre le risque d’effet secondaire grave lié au vaccin et les risques liés aux maladies contre lesquelles ces vaccins nous protègent.

Évoquer ces risques n’encourage-t-il pas la défiance à l’égard des vaccins ?

Il y a une enquête française menée sur des étudiants qui est assez éloquente à ce sujet, qui montre que lorsqu’il y a un risque avéré grave, les personnes ont en moyenne cinq fois plus de chances de refuser la vaccination que si on ne leur parle pas de risque mais quand on leur parle de controverse d’un risque potentiel grave, là, la probabilité de refuser la vaccination est multipliée par vingt. Donc on voit bien, au contraire, qu’il faut avoir un discours beaucoup plus transparent que ce qu’on a eu jusqu’à présent.

Qu’en est-il des adjuvants à base d’aluminium ?

n faible pourcentage de la population conserve au niveau du site d’injection, donc généralement le biceps, des particules d’aluminium qui sont inclues dans le vaccin pour potentialiser l’effet du vaccin.

Là où le débat se pose aujourd’hui au sein de la communauté scientifique c’est : quel est le devenir des ces particules présentes dans notre organisme ? Est-ce que ça reste là, à l’état de tatouage, de cicatrice vaccinale ? ça c’est la théorie qui est aujourd’hui communément  admise. Ou, comme le défend une autre équipe française, Romain Ghérardi à l’hôpital Henri Mondor : est-ce que ces particules peuvent migrer dans l’organisme et notamment traverser la barrière hémato-encéphalique et puis rejoindre le cerveau où elles pourraient générer des symptômes, et notamment cette fatigue chronique dont se plaignent ces quelques centaines de patients qui aujourd’hui ont été diagnostiqués avec la myofasciite à macrophages.

La mort du nourrisson fait-elle partie de ces risques ?

Cette controverse autour de la mort subite du nourrisson, elle a émergé au début des années 2000, quand est arrivé sur le marché des vaccins combinés qui contenaient 5 antigènes.

Une grande étude a été menée en Allemagne. La principale conclusion de cette étude était qu’il n’y avait pas d’augmentation de risque la première année du nourrisson. Mais la seconde année, on se rendait compte qu’il y avait effectivement 1 cas de mort subite sur 700 000 en plus par rapport aux morts subites qui surviennent naturellement parmi les nouveaux-nés.

Pourquoi se faire vacciner contre des maladies qui n’existent plus ?

Il y a des vaccins qui visent le pathogène, qui permettent de réduire voir d’éradiquer le pathogène, c’est le cas du vaccin contre la variole. Aujourd’hui, il n’y a plus de risque de rencontrer le virus de la variole. Ce n’est pas le cas pour d’autres vaccins, si par exemple si on prend le vaccin contre la diphtérie, le vaccin ne vise pas la bactérie, il vise uniquement à nous protéger de ses effets nocifs, il vise la toxine de la bactérie. Autrement dit, la bactérie circule encore parmi nous, mais de manière silencieuse parce que nous en sommes protégés. Et j’en veux pour preuve, il y a quelques années, un jeune enfant est mort de diphtérie en Espagne. Il n’était pas vacciné, il a contaminé l’ensemble de ses petits copains durant une colonie de vacances. Fort heureusement, ses copains étaient vaccinés et donc n’ont pas développés de symptômes et c’est bien la preuve que cette bactérie est encore parmi nous.

Le fait de passer de 3 à 11 vaccins obligatoires ne représente-t-il pas un cadeau aux laboratoires ?

A priori non, pour huit ou neuf d’entre eux, plus de 90% des nourrissons étaient déjà vaccinés par ces produits.  Et effectivement, sur 2 ou 3 vaccins, le taux de couverture vaccinale était autour de 80 %. Donc si vous voulez, le delta que va amener cette obligation en termes d’augmentation du nombre d’enfants vaccinés est finalement assez minime au regard de la population mondiale. Parce qu’il faut bien voir que ces laboratoires, il n’y en a que 4 ou 5 au monde qui fabriquent l’ensemble des vaccins que nous utilisons. Donc pour eux, c’est un territoire assez minuscule. 

Que ce passe-il si je refuse de faire vacciner mes enfants ?

Alors théoriquement, si vous décidez de ne pas faire vacciner vos enfants, ils n’auront pas le droit de rentrer en collectivité. Alors ça, ça va vraiment s’appliquer à partir de septembre 2018. Ce qui veut dire, au passage, que cette loi déplace le problème chez les directeurs et directrices de crèches notamment, qui vont se trouver dans des situations tout à fait complexes à partir de septembre.

"Les Idées claires", un programme hebdomadaire vidéo et audio

Parce que la vérité est plus lente que le mensonge, parce que la désinformation est plus séduisante que l’information vérifiée, Les Idées claires démêle le vrai du faux. Chaque semaine, dans une vidéo et en podcast, un.e expert.e et Nicolas Martin (producteur de La Méthode scientifique sur France Culture) remettent de l’ordre autour d’une idée reçue. Retrouvez l'intégralité des épisodes dans le dossier "Les Idées claires"

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