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L'Europe peut-elle attendre que les socialistes aient gagné les élections en France et en Allemagne ?

3 min
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On dit parfois que pour que le couple franco-allemand soit harmonieux, mieux vaut que le chancelier et le président de la République appartiennent à des bords politiques différents : ainsi, le social-démocrate Helmut Schmidt et le libéral Giscard d’Estaing étaient des « copains » Helmut Kohl et François Mitterrand se tenaient par la main. Par contre, le même Mitterrand n’éprouvait guère de sympathie pour Gerhardt Schröder et on sait qu’Angela Merkel a été longtemps exaspérée par les manières de Nicolas Sarkozy. Normal, leurs partis relèvent de la même sensibilité politique et siègent d’ailleurs dans le même groupe parlementaire à Strasbourg, le PPE. Aujourd’hui, cependant, c’est ce couple-là sur lequel repose la responsabilité de mettre fin à une crise qui menace de nous ruiner tous. Et il y a urgence.

Ils sont parvenus lundi dernier à un compromis qu’ils entendent présenter dès aujourd’hui à leurs collègues de l’Union européenne, mais qu’ils se disent décidés à discuter à 17, si les fortes têtes n’appartenant pas à l’Euroland s’imaginent faire payer par de nouvelles concessions leur signature – message adressé à David Cameron.

Ce compromis, de quoi est-il fait ? Est-il susceptible d’empêcher nos économies de se fracasser sur le mur de la dette ? Le PS et le SPD, s’ils gagnaient les élections dans leur pays respectif feraient-ils mieux ?

Nicolas Sarkozy a fait des concessions : lui qui avait refusé avec obstination, il y a deux mois à Deauville, l’automaticité de sanctions en cas de non-respect des règles budgétaires, 3% de déficit au maximum, l’admet à présent. Mais Angela Merkel a dû renoncer à ce que cette infraction soit constatée par la Commission et le coupable déféré devant la Cour européenne de justice. C’était entrer clairement, en effet, dans une logique fédérale – qui est celle de l’Allemagne - et dépouiller les Etats d’une de leurs prérogatives les plus capitales : la souveraineté budgétaire. A la place, les Etats-membres devront charger leurs propres Cours suprêmes de veiller à ce que la Règle d’Or - qu’ils auront inscrite dans leur Constitution - est bien respectée. Problème : cette Règle d’Or, que le SPD allemand a votée, le PS, lui, n’en veut pas…

Merkel a renoncé à faire à nouveau participer le secteur privé aux futures éventuelles « restructurations de dettes » le précédent grec, où les créanciers se sont vus confisquer un pourcentage élevé de leurs prêts avait douché les marchés. En échange, Sarkozy a abandonné l’idée des Euro-obligations. Mais le PS, lui, n’entend pas y renoncer. Or, le SPD est d’accord pour une certaine forme de mutualisation des dettes. Mais il faut être clair : jamais les Allemands, qu’ils soient chrétiens-démocrates ou sociaux-démocrates n’accepteront de mutualiser les dettes sans une mutualisation de la décision d’en créer de nouvelles. Sinon, n’importe quel démagogue pourrait arroser ses électeurs, en transmettant la facture à ses voisins… Sigmar Gabriel, le patron du SPD l’a répété devant ARD : « nous avons besoin de garanties communautaires sur des obligations – au moins pour le pourcentage de dette autorisé par le Traité de Maastricht , c’est-à-dire 50 à 60 % de PIB. Mais il devra y avoir une différence entre les taux d’intérêt payés par les pays comme la Grèce et ceux réclamés à un pays comme l’Allemagne. Et « les Etats qui voudront émettre des Euro-obligations devront abandonner, pour ce faire, une partie de leur souveraineté budgétaire. »

Est-on vraiment sur la même ligne au Parti socialiste ? Faut-il attendre les élections française et allemande pour que l’Europe échappe à la spirale du déclin ? Le compromis Merkozy peut-il encore sauver l’Europe ?

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