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L'Europe présente mal au G 20

4 min
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Dans l’agenda de Nicolas Sarkozy, les semaines de la fin octobre et du début novembre étaient marquées d’un post-it rouge. Au Sommet européen du 27, à Bruxelles, il sauvait la Grèce et l’euro, en compagnie d’Angela Merkel. Fort de cette remise en ordre de l’Europe qui rassurait la planète, il pouvait, la semaine suivante, en tant que président, transformer le G 20 en nouveau Bretton Woods et devenir le sauveur de la planète. Ces deux semaines décisives – qui coïncident avec la naissance de sa fille, Giulia – devaient donner le signal d’une reconquête de l’opinion. Et booster la cote du président sortant, actuellement donné battu à 38 % des voix au second tour face à son challenger socialiste.

Eh bien, c’est raté. Le moins qu’on puisse dire est que l’image que donne la zone euro au G20 n’est pas celle de la détermination et de l’unité, mais celle du désarroi et de l’impuissance. Oh, on se consolera en rappelant que l’image de paralysie donnée par les Etats-Unis ne permet guère à Obama de venir donner des leçons. Mais les émergents, eux, ne dissimulent pas l’agacement qu’ils ressentent devant le spectacle d’anciennes puissances coloniales, sûres d’elles et dominatrices il y a encore un demi-siècle, contraintes aujourd’hui de solliciter leur aide financière. Vous reprendrez bien un peu de mes Bons du Trésor ? Et si vos fonds souverains investissaient un petit milliard dans mon Fonds de Stabilité Financière ? Car, on ne sait toujours pas comment sera financé le fameux Fonds, magiquement porté de 440 à 1 000 milliards d’euros…

Obama souhaite que Giulia ressemble à sa maman et non à son papa, ce n’est pas très charitable pour Nicolas Sarkozy, mais ce n’est pas la pire des choses qu’il est venu dire aux Européens. L’essentiel de son message, c’est que les bilans de nos banques sont mités par une exposition excessive aux obligations d’Etat et qu’il faut les recapitaliser d’urgence pour leur éviter des faillites en chaîne. Les Chinois trouvent que les Européens ont vécu trop longtemps au-dessus de leurs moyens. Ils viennent nous donner des leçons de rigueur et de frugalité. Ayant placé un quart de leurs colossales réserves de change en euros, ils entendent bien que notre monnaie ne dégringole pas. Sans oublier les Britanniques, qui explorent l’idée d’un « groupe Non-Euro », dont ils prendraient la tête, sur la suggestion de David Owen. Ce dernier faisait remarquer avec impertinence, dans le FT, que la Suède, bien gérée, emprunte à des taux encore inférieurs à ceux de l’Allemagne elle-même, que les taux tchèques sont inférieurs à ceux auxquels emprunte la BCE et que la croissance polonaise est la plus brillante d’une Europe, tandis que la zone euro est menacée de récession.

Tous sont venus dire aux habitants de l’Euroland qu’ils doivent à la fois assainir leurs finances publiques, et renouer avec la croissance. Mais voilà, l’austérité tue la croissance et entretient la dette. Il est facile à l’Allemagne de montrer l’exemple en promettant le retour à l’équilibre budgétaire dès 2013 : ses finances étaient saines avant la crise. Un tel effort est hors de portée de l’Italie... et même de la France. La baisse des taux de la BCE, annoncée hier, va dans le bon sens, mais elle ne saurait suffire. La même BCE a recommencé à racheter discrètement des obligations publiques italiennes pour permettre au pays de souffler : il a vu, ces jours-ci les taux d’intérêt de sa dette à 10 ans s’envoler à 6,25 % (contre 2,05 pour l’Allemagne, 2,83 pour la France, 22 % pour la Grèce !)

Qu’est-ce qui peut encore sauver l’Euro ? La férule allemande ? Son rachat discret la Chine ? Les Euro-obligations, qui ont la faveur de Daniel Cohen et Jean Pisani-Ferry ? L’éclatement en deux ou en trois ?

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