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L'opposition : quel programme ?

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Patrick Buisson « tacle » Nathalie Kosciuszko-Morizet , mais lui-même se fait sévèrement recadrer par son propre fils, Georges Buisson. Valérie Pécresse estime que Claude Guéant devra rembourser les primes perçues entre 2002 et 2007. François Baroin et Xavier Bertrand s’inquiètent d’une dérive droitière, qui risquerait de brouiller la frontière entre leur parti et le Front national. Guillaume Peltier réplique en brandissant un sondage BVA pour iTélé, selon lequel 53 % des sympathisants de l’UMP sont favorables « à une droite plus affirmée ». Le duel Fillon / Copé se complique de rumeurs faisant état d’un fort désir de retour aux affaires du come-back kid Nicolas Sarkozy… J’en passe.

La guerre des chefs est un grand classique de la droite française, dont le tropisme autodestructeur est congénital : un mouvement qui a pour référence fondatrice un homme providentiel, et qui a le culte de l’autorité, est probablement condamné à consacrer une grande part de son énergie aux luttes intestines pour la conquête de la direction. Nous autres, observateurs, nous cherchons à décrypter, à la surface de ces tourbillons, l’œuvre secrète de courants idéologiques concurrents. Mais l’opinion est d’un autre avis. D’après un sondage IFOP, 67 % des Français estiment que la guerre interne à l’UMP « résulte de querelles et de rivalités de personnes », contre 33 % qui l’attribuent à « de réels désaccords entre les chefs ».

C’est bien malheureux. Car la situation économique et sociale du pays demeure désastreuse. Les déficits ne se réduisent pas et la baisse attendue des recettes de TVA, consécutive à une baisse du pouvoir d’achat et de la consommation, va rendre encore plus douteuse la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs. Le chômage monte au rythme de plus de mille nouveaux inscrits par jour à Pôle Emploi et la faiblesse de l’activité écarte toute perspective de renversement de tendance à l’horizon des six prochains mois. Enfin il y a la question des coûts du travail, plombés par le niveau des cotisations sociales qui pèsent sur eux, et qui entrave notre compétitivité.

Le gouvernement a pris plusieurs initiatives : ce que François Hollande appelle sa « boîte à outils ».

Citons l’accord emploi , issu de la négociation sociale le gouvernement espère de ce réel progrès en matière de flexibilité et de protection des salariés, une meilleure anticipation des évolutions de l’activité, par les entreprises et donc une amélioration sur le front de l’emploi. Quel est votre sentiment ?

Notre pays se caractérise par un faible taux d’emploi des jeunes et des séniors. Le gouvernement a tenté d’y remédier en faisant adopter le contrat de génération . Est-ce, à votre avis, une mesure efficace ?

Pour s’attaquer au déficit chronique des caisses de Sécurité sociale, le gouvernement semble décidé à une série de réformes. Il les a entamées en rabotant le quotient familial . Auriez-vous fait de même ?

Il les poursuit en attaquant le dossier des retraites . Tout semble sur la table, y compris l’alignement des règles de calcul de la fonction publique sur celles du secteur privé. Mais le cas des polypensionnés – dans lequel se trouvent un tiers des retraités, montre que notre système, effroyablement complexe, est en train d’atteindre ses limites. Certains évoquent une remise à plat, avec un système unique, à points. Y seriez-vous favorable ? D’autres exigent que la pénibilité du travail soit prise en compte dans l’âge de départ en retraite. Qu’en pensez-vous ?

Enfin, de plus en plus d’économistes font remarquer qu’en exploitant les gaz et pétroles non conventionnels , les Etats-Unis d’Obama sont en train de relancer leur industrie, en lui faisant bénéficier de coûts énergétiques très inférieurs aux nôtres. On sait qu’un débat existe à ce sujet au sein de la majorité. Mais qu’en pense, au juste l’opposition ? Cela reste assez mystérieux.

Il y a beaucoup à faire pour que la chute dans laquelle semble engagé notre pays soit enrayée. L’opinion, de plus en plus consciente de la gravité de la situation, attend une politique de redressement ferme et courageuse. Et l’on aimerait que l’opposition y participe, en avançant des contre-propositions, à la manière du shadow-cabinet britannique … Où sont-elles ?

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