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Nourrir les hommes sans détruire la planète

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Depuis 1945, la production alimentaire mondiale a été multipliée par trois . C’est notamment l’effet de la « révolution verte » des années 60 qui a vu les rendements augmenter fortement en Asie, comme en Amérique latine. Et l’on a encore récemment enregistré d’importants progrès dans l’alimentation des habitants de la planète : la réduction de moitié des personnes sous-alimentées, qui figurait parmi les objectifs du Millénaire, a été atteinte. Les programmes de lutte contre la sous-alimentation adoptés par certains pays, en particulier le Brésil, le Cameroun et l’Uruguay ont été couronnés de succès, comme l’a souligné la FAO. Pourtant, selon son directeur général, Graziano da Silva, 805 millions d’êtres humains demeurent en état de sous-alimentation chronique, vivent en état de famine. A l’horizon 2050, la terre devra probablement nourrir deux milliards de personnes supplémentaires. Peut-on y parvenir et comment ?

Première piste, l’accroissement des rendements . Si l’on a pu augmenter considérablement la production agricole, lors de la « révolution verte », dans certaines parties du monde, pourquoi n’y parviendrait-on pas dans d’autres régions aujourd’hui ? En faisant appel à la mécanisation (les tracteurs), en sélectionnant mieux les variétés cultivées, en favorisant l’accès à l’eau potable et à des sources d’énergie variées, en irriguant, il est possible d’obtenir des résultats spectaculaires.

Mais la surexploitation des sols menace la planète et aggrave le risque de réchauffement climatique. En effet, pour cultiver, nous déboisons, nous défrichons, nous détruisons l’habitat de nombreuses espèces animales et menaçons gravement la biodiversité. L’agriculture est la pire menace pesant sur les réserves d’eau. Quant à la pêche industrielle, elle pourrait bien mener à la disparition de plusieurs espèces de poissons sauvages. Le pire est qu’un fort pourcentage des terres conquises par l’agriculture sert, en réalité, à nourrir un nombre croissant d’animaux d’élevage.

Or, le recours à la viande et aux produits laitiers , dans notre alimentation pose de sérieux problèmes. D’autant que nous sommes rejoints, dans ce choix alimentaire, par des pays en développement rapide, comme la Chine et l’Inde. Un tiers environ des terres arables cultivées est actuellement dévolue à des cultures destinées à l’alimentation du bétail on pense en particulier, au maïs et au soja. 55 % des calories agricoles mondiales nourrissent ainsi les humains, quand 36 % vont au bétail. C’est une source de gâchis, puisque le nombre de calories obtenues par l’élevage est très médiocre. En outre, les ruminants émettent beaucoup de méthane, qui contribue à la pollution de l’atmosphère. Certains demandent à l’Union européenne d’autoriser à nouveau les éleveurs de poulets et de porcs à les nourrir de déchets alimentaires – voir la campagne The Pig Idea.

C’est pourquoi il nous faut impérativement changer de mode d’alimentation. L’obésité, grave menace pour la santé, s’étend, avec la malbouffe. Un milliard d’humains seraient actuellement en surpoids, quand près d’un milliard ne mangent pas à leur faim. Les experts estiment qu’entre un tiers et 25 % de la production alimentaire mondiale est perdue . Soit par gaspillage, dans les pays riches, où l’on a pris la mauvaise habitude de ne plus finir son assiette. Soit, dans les pays pauvres, du fait du mauvais état des silos de stockage, de l’absence d’une chaîne d’approvisionnements refroidie et de mauvaises infrastructures de transport.

Pourrons-nous, d’ici le milieu de ce siècle, mettre fin au scandale de la famine, sans condamner notre terre nourricière ?

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