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Obama pourra-t-il punir el Assad ?

3 min
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La diplomatie américaine est dominée par deux courants de pensée, dont l’influence s’exerce à tour de rôle tant à la Maison Blanche qu’au Département d’Etat. Les isolationnistes , qui jugent qu’hors des Etats-Unis ne règne que le chaos et la violence, souhaitent que leur pays intervienne le moins possible dans les affaires du monde. Les interventionnistes , partisans de ce que Raymond Aron a baptisé « la République impériale » subissent l’influence croisée d’une aile gauche, qui rêve d’une Amérique, missionnaire de la liberté et de la démocratie dans le monde, et d’une aile droite, qui pense pouvoir, à la manière d’un shérif international, incarner la Loi et l’Ordre. Mais entre ces deux courants, il existe un autre, dit « réaliste », dont le théoricien le plus connu, Hans Morgenthau, préconisait de réserver l’emploi de la force au service de l’intérêt national.

Obama n’appartient ni au courant isolationniste, ni au courant missionnaire. C’est un réaliste. Face à la guerre civile en Syrie, qui prend de plus en plus l’apparence d’une guerre de religion entre majorité sunnite et minorités chiites, le président américain a fait montre d’une extrême réserve. Certes, les Etats-Unis penchent pour le camp des rebelles avec leurs alliés turcs, saoudiens, jordaniens, puissances régionales sunnites, ils entendent tenir en respect un « arc chiite », qu’ils ont bien imprudemment renforcés eux-mêmes, en renversant Saddam Hussein en Irak. Mais ils savent aussi que l’influence des fous de Dieu d’Al Qaïda et autres djihadistes dans les territoires tenus par la rébellion, dans le Nord du pays, en particulier, constitue une menace pour toute la région.Ni à Ankara, ni à Amman, sans même parler de Tel-Aviv, on ne souhaite voir le régime baassiste remplacé par une théocratie sectaire et belliqueuse .

C’est pourquoi Obama l’a dit : le but n’est pas de renverser Bachar al-Assad. Mais de pousser le dictateur syrien à accepter l’ouverture de négociations politiques avec les rebelles et de l’inciter à une désescalade de la violence .

Or, en utilisant, contre la population civile de Ghouta, le 21 août, des armes chimiques, Bachar a franchi une « ligne rouge », tracée par Barak Obama. L’intérêt national des Etats-Unis, c’est la non-prolifération des armes non-conventionnelles . Assad doit être puni pour les avoir utilisées, afin de le dissuader de recommencer. Mais il s’agit aussi d’envoyer un message aux nouvelles autorités iraniennes, dont on ignore si elles persistent à vouloir acquérir l’arme nucléaire. Les Etats-Unis jouent là leur crédibilité.

Obama a donc choisi de gagner du temps et de demander son approbation au Congrès. Il lui faudra bien du talent, car nombre de sénateurs et de représentants démocrates sont hostiles à toute intervention armée à l’étranger. Nombre d’élus républicains jugent, à rebours, comme John McCain, refuseront des frappes limitées, car ils exigent du président qu’il œuvre au renversement de Bachar. A votre avis, le Congrès autorisera-t-il des frappes punitives américaine s contre les centres de commandement de Bachar el Assad ou pas ? Quant à François Hollande, doit-il ou non demander un vote au Parlement sur notre intervention en soutien des Américains ?

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