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Pourquoi l'islam provoque-t-il cette méfiance ?

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L’image de l’islam s’est fortement dégradée dans notre pays . Selon un sondage IFOP pour le Figaro, publié à la fin du mois dernier, l’influence et la visibilité de l’islam en France sont jugées « trop importantes » par 60 % des Français. 43 % des sondés considèrent « la présence d’une communauté musulmane en France » comme « une menace pour l’identité de notre pays », contre 17 % qui jugent, au contraire, cette présence comme « un facteur d’enrichissement culturel ». Les trois mots qui correspondent le mieux à l’idée qu’ils se font de l’islam sont, dans l’ordre, « rejet des valeurs occidentales » (28%), fanatisme (19%), soumission (18%). Mais le plus frappant, c’est que cette méfiance envers l’islam est en forte progression, si on compare les résultats de ce sondage avec certains de ceux qui l’ont précédé.

Ainsi, de 1989 à 2003, le port du voile dans la rue ne posait de problème qu’à 32 % des Français ils sont aujourd’hui 63 % à y être opposés . Enfin, les Français rejettent majoritairement sur les musulmans – et non sur la société française elle-même – le manque d’intégration des fidèles de cette religion : ils sont 69 % à juger la société française « suffisamment ouverte et accueillante » envers l’islam, mais 68 % à juger que ce sont les musulmans qui « refusent de s’intégrer ».

Pourquoi l’islam provoque-t-il, dans notre pays, cette méfiance ? Pourquoi les essais qui dénoncent une « islamisation de l’Europe », ou qui témoignent des persécutions subies dans certains pays musulmans par ceux qui s’écartent de la voie de l’islam, connaissent-ils souvent de grands succès de librairie ?

On peut incriminer notre tradition politique républicaine, fortement teintée d’anticléricalisme la vieille rivalité entre l’Etat et l’Eglise, qui se serait réinvestie dans une hostilité envers une religion qui a du mal à penser la séparation entre le temporel et le spirituel, le politique et le religieux et qui supporte difficilement la critique. Mais dans d’autres pays européens, beaucoup plus décontractés en matière de sécularisation, comme les Pays-Bas, l’Allemagne, ou la Grande-Bretagne, on note une même tension.

On peut également mettre en cause, comme nous y invite l’imam Hassen Chalghoumi le retard mis par l’Etat français à comprendre que les immigrés musulmans n’étaient pas là « de passage », ce qui l’a conduit à accepter trop tard la création et l’encadrement d’un islam de France.

Mais il y a aussi, on ne peut le nier, des manifestations d’intolérance, de refus de la liberté de conscience et d’expression, de la part de certaines communautés musulmanes en France. Des défis lancés à la République à l’école (des refus d’entendre des cours de sciences naturelles lorsqu’il est question du darwinisme ou de d’histoire, lorsqu’il est question du génocide des Juifs), à l’hôpital (le refus par certains hommes que leur épouse soit examinée par un médecin homme), ou même dans certaines rues, qui ont été annexées à l’heure de la prière par des groupes pratiquant davantage l’exhibitionnisme que la piété.

Il y a aussi le sentiment que toutes les vieilles religions ont fini par accepter la critique, la satire, la caricature, mais que l’islam, lui, revendique, parfois sous la menace de la violence, une sorte de « tarif réduit », une impunité particulière, un statut à part, qu’il prétend s’exempter du lot commun, quitte à mobiliser, à travers le monde, des milliers de fanatiques pour le moindre dessin….

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