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Presse quotidienne nationale

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93 postes supprimés à Libération sur 250 . Presque un tiers des effectifs. Il faut dire que l’héroïque petit quotidien perd une fortune : près de 22 000 euros par numéro paru et que les ventes se sont effondrées. Mais Libé reste une marque forte. Et c’est un capital inestimable qu’on peut décliner dans l’évènementiel, l’organisation de colloques et de débats, disent ses propriétaires. Pourquoi pas un restaurant, une ligne de stylo, ou un parfum ? Libé n’est pas seul à ressentir douloureusement la révolution numérique. Rares sont les journaux qui ont pu conserver leur chiffre d’affaires en « basculant », comme on dit.

Le New York Times vient d’annoncer qu’il taillait, lui aussi, dans ses effectifs : 100 postes au sein de sa rédaction , soit 7,5 % du total vont devoir se trouver un nouveau job. Question : comment faire un quotidien qui donne envie de payer pour le lire, avec des rédactions réduites ? Si les journalistes n’ont plus le temps d’enquêter, ni d’écrire, la reconquête du lectorat s’annonce difficile….

Le Monde, qui lance une nouvelle formule, perd aussi beaucoup d’argent : les pertes du groupe sont de l’ordre de 2 millions pour 2013. Mais les abonnements à la formule numérique progressent de manière encourageante. Et Le Monde fait le pari que l’avenir de la presse est d’être présente à la fois sur le papier et sur le net. La rédaction en chef décidera désormais du support auquel les articles qui lui sont remis seront destinés. Sa direction a pris note de la demande montante d’un public pour les articles long format, tels que ceux que publient les mooks. Mais à terme, on peut s’attendre à ce que le journal-papier disparaisse pour de bon. Il n’y a qu’à constater sa lente et inexorable disparition dans les transports en commun.

C’est désormais un lieu commun : le quotidien-papier est sérieusement menacé par l’info en continu sur la tablette ou le portable . Mais ce fut le cas de l’industrie musicale et maintenant du cinéma. Pour cause de révolution numérique, non seulement le public s’est habitué à ne plus payer pour s’informer, mais il est bombardé d’actualités au point de ne savoir où donner de la tête. Non stop. On est harcelé de potins dérisoires, tenus « au courant » du moindre commérage concernant la vie de « people » qui n’auront aucune conséquence sur nos vies, abreuvés de petites phrases des dirigeants politiques qui forment l’écume de la réalité. Le journal, lui, est condamné à revenir sur les informations de la veille. Les sites en ligne, au contraire, sont libres de tout deadline et ne connaissent pas les contraintes du bouclage. Mais journaux et magazines d’information sont censés donner le sens de ces multiples évènements.

Après une lente descente aux enfers que rien ne semblait pouvoir enrayer, la presse quotidienne nationale a pourtant passé une année 2013 passable . La chute des ventes, continuelle depuis deux ou trois décennies, s’est arrêtée. Sommes-nous dans un plateau, après lequel la chute se poursuivra ? Ou, au contraire, est-ce le début d’une reconquête du lectorat ?

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