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Quelle est la vraie nature du régime de Poutine ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Le Journal de Polina m’a rappelé une chanson d’Aznavour

Les enfants de la guerre

Ne sont pas des enfants

Ils ont connu la terre

A feu et à sang

Ils ont eu des chimères

Pour aiguiser leurs dents

Et pris des cimetières

Pour des jardins d'enfants

Ces enfants de l'orage

Et des jours incertains

Qui avaient le visage

Creusé par la faim

Ont vieilli avant l'âge

Et grandi sans secours

Sans toucher l'héritage

Que doit léguer l'amour

Charles Aznavour l’a écrite en 1966. Mais ça pourrait être hier, ou bien en 1999, quand Polina Jerebtsova écrivait « au printemps, j’aurais quinze ans… SI je suis encore en vie. » Elle et sa mère devaient souvent dormir dans le corridor, tandis que des obus traversaient les murs de l’immeuble où elles habitaient… Elle devait s’enlaidir et se couvrir le visage de boutons, afin d’être ni enlevée, ni violée.

On connaît la doctrine Poutine : « On ne négocie pas avec les terroristes et les criminels ». Le 1° octobre 1999, 80 000 soldats russes sont envoyés en Tchétchénie. L’accord de Khassaviourt, signé entre le chef des rebelles indépendantistes tchétchènes, Aslan Maskharov et le général russe Alexander Lebed en août 1996 n’aura pas tenu longtemps. Le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine, chef des services secrets, le FSB, devient président de la Fédération de Russie par intérim. Les forces russes, qui ont bombardé et assiégé Grozny, éphémère capitale d’une Tchétchénie indépendante, y pénètrent en vainqueurs un mois plus tard, au début du mois de février 2000. Cette amère « victoire » est attribuée au président par intérim, élu président le 7 mai Poutine est réélu en 2004 il forme un tandem avec Dimitri Medvedev, élu en 2008 Poutine est réélu président en 2012.

Comme l’écrit l’historien et membre de la Chambre des Lords, Robert Skidelsky , la prospérité actuelle de la Russie est basée sur la seule exploitation des ressources gazières et pétrolières. La Russie n’est pas un Etat moderne, mais une espèce d’émirat. C’est aussi une « kleptocratie », dans laquelle une oligarchie se répartit les revenus des exportations d’hydrocarbures, tout en veillant à en redistribuer une partie des revenus à la population une dictature soft, qui se paie le luxe d’autoriser d’authentiques opposants à concourir aux élections municipales – Alexeï Navalny, à Moscou. Mais n’hésite pas non plus à se servir de la « justice » pour éloigner les gêneurs, quand elle ne les assassine pas.

Ce régime pratique une diplomatie cynique. Il a offert au dictateur syrien un véritable « bouclier diplomatique » au Conseil de sécurité et n’a jamais interrompu ses livraisons d’armes à Bachar el-Assad – qui ne paye plus. Dernièrement, Poutine a offert à Obama l’issue que celui-ci cherchait désespérément, afin de ne pas avoir à intervenir dans la guerre civile qui meurtrit ce pays. Comme l’écrit Dimitri Trenin , sur le site de Carnegie, Moscou : « La différence entre Poutine et Obama, c’est que Poutine était président avant Obama et qu’il le sera encore quand Obama sera rentré chez lui. »… Entre-temps, qui sait quelle petite jeune fille, à Damas, à Alep, ou Hama, nous aura laissé le journal d’une adolescence fracassée par la guerre… « Les enfants de la guerre ne sont pas des enfants ».

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