LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Quelle réforme des retraites ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Comme on l’a peut-être remarqué, les réformes des retraites ont lieu désormais de plus en plus souvent . Elles sont pourtant présentées, chaque fois, comme définitives, garantissant le retour à l’équilibre financier et la pérennité du système... Alors pourquoi ce rythme, qui semble s’accélérer ?

Réforme Balladur de 1993, marquant le passage aux 40 années de cotisation, avec indexation sur les 25 meilleures années, dans le privé. Dix ans plus tard, en 2003 : réforme Fillon étendant certaines de ces dispositions à la fonction publique et créant un embryon de système complémentaire par capitalisation. Cinq ans plus tard, en 2008, réforme des régimes spéciaux, alignés sur celui de la fonction publique. 2010, réforme Eric Woerh, portant l’âge légal à 62 ans d’ici 2017, en prévoyant un allongement de la durée de cotisation, étalé dans le temps. Cette fois encore, on nous promettait le retour à l’équilibre du système en 2018. Alors pourquoi faut-il que, trois ans plus tard réapparaisse le monstre du déficit structurel, rendant indispensable une nouvelle réforme ?

La piste de l’alourdissement de la CSG a été abandonnée, afin de ne pas plomber un pouvoir d’achat des ménages, déjà passablement affecté par deux années consécutives de hausses des impôts. Le gouvernement lui a préféré une augmentation des cotisations et une mise à contribution des retraités eux-mêmes. Enfin, de ceux du privé…. Car les préconisations du rapport Moreau , remis au gouvernement en juin dernier, ont été prudemment écartées : pas question d’aligner le système de calcul des retraites des fonctionnaires sur celui du secteur privé. Du coup, ces fonctionnaires continueront à partir plus tôt, avec des pensions nettement plus généreuses que leurs collègues du secteur marchand : 59 ans, avec une moyenne de 1 724 euros par mois, contre un peu plus de 62 ans, avec une pension de 1 216, dans le privé, selon les derniers chiffres fournis par l’INSEE.

Pour autant, les agents de l’Etat et des collectivités ne seront pas rassurés par une réforme qui fait totalement l’impasse sur le déficit abyssal de leur régime de retraite lequel est aujourd’hui largement financé par la dette (8 milliards et demi d’euros, à l’heure actuelle)… Qui paiera si le système fait faillite ?

Face à ces mesurettes, on comprend le scepticisme de l’opinion . 74 % des sondés par l’IFOP, pour Le Pèlerin, se déclarent insatisfaits du projet de loi, concocté par Jean-Marc Ayrault et Marisol Touraine. Comme dit Jérôme Fourquet, les Français « y voient un sparadrap sur une hémorragie ». Et dans L’Humanité de ce matin, on apprend que 81 % des sondés par l’IFOP sont inquiets à propos de leur propre retraite.

Tout le monde a compris : c’est tout le navire de notre système de protection sociale qui prend l’eau. Mais les gouvernants qui se succèdent, préfèrent colmater quelques brèches, plutôt que de mettre en cale sèche, afin de rénover une bonne fois la coque du navire. Les gouvernements retardent l’échéance, mais il faudra bien un jour, lancer le big bang d’une véritable réforme des retraites, comme aussi de la fiscalité. Elle passera, sans nul doute, par la création d’un système simple et unique, à points . Le seul qui soit à la fois juste et transparent.

En attendant, les ménages qui cessent de croire à l’avenir, continueront à épargner pour leurs vieux jours, privant ainsi notre croissance du moteur de la consommation.

Les vraies réformes viendront plus tard, paraît-il, quand la croissance sera revenue. Mais peut-elle revenir, si les réformes sont toujours différées ?

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......