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Qui est responsable de la crise du logement ?

3 min
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On dit souvent, avec André Orléan, que le marché financier fonctionne à rebours d’un marché normal : plus le prix des actions monte, plus la demande est forte… et plus les prix montent. Ainsi se forment les bulles. Hé bien le marché de l’immobilier fonctionne lui aussi, dans notre pays, de manière aberrante. L’offre et la demande ne s’y équilibrent pas.

Logiquement, les prix de l’immobilier auraient dû se tasse r depuis le début de la crise, sous l’effet de la très faible progression des revenus et de l’effondrement général du prix des actifs. C’est ce qui s’est passé partout, et de manière particulièrement dramatique dans des pays européens comme l’Irlande et l’Espagne. Au contraire, en France, les prix et les loyers ont « bien résisté », comme on dit. Dans plusieurs grandes villes, ils ont même poursuivi leur hausse extravagante . Conséquence : le pourcentage du revenu consacré au logement ne cesse d’augmenter, sapant la très faible progression du pouvoir d’achat des Français.

Pour les ménages des classes moyennes , il devient extrêmement difficile de se loger. Ils sont considérés comme trop riches pour pouvoir prétendre au parc social mais ils sont trop pauvres pour pouvoir accéder à la propriété, voire même pour louer dans le secteur privé. Du moins dans Paris, quelques autres grandes villes, ainsi que le long des côtes et dans les zones frontalières… Car la situation est très inégale et il y a des régions qui ne manquent pas de logements. Il y a même des villes où il reste possible de se loger à des prix en rapport raisonnable avec le niveau des revenus. Ce sont souvent des villes ayant su s’entendre avec les communes de leur périphérie, comme Grenoble, ou Rennes.

L’Etat , comme toujours, a cru bien faire. Il a cherché à aider ce secteur, afin de soutenir, par ricochet, le bâtiment, grand pourvoyeur d’emplois. Mais en comblant les investisseurs d’avantages fiscaux de plus en plus complexes (amendement Scellier, lois Robien, etc.), tout en favorisant l’endettement des acquéreurs, il a lui aussi poussé les prix à la hausse. En outre, notre politique du logement qui passe principalement par les aides à la personn e (70 % de l’ensemble des aides publiques) a, elle aussi, été captée principalement par les propriétaires et non par les locataires elle a contribué à nourrir la flambée des prix du m².

Comme l’écrit Pascale-Marie Deschamps dans Enjeux-Les Echos , ce mois-ci, « le logement est un marché contrôlé, si ce n’est perturbé par la politique . » En effet, outre l’Etat, les acteurs principaux sont les maires de nos 37 000 communes. C’est à eux que la loi a donné le feu vert à la construction. C’est à travers la politique de logement que les maires se constituent une clientèle électorale. En attribuant des HLMs, ceux de gauche récompensent et s’attachent leurs électeurs en gentryfiant les anciens quartiers populaires, ceux de droite espèrent y attirer des cadres et des familles des classes moyennes et supérieures…

La politique du logement a fait son entrée dans la campagne électorale. Insuffisamment, peut-être, si l’on considère combien elle est centrale dans un pays dont la démographie se maintient, mais où l’on divorce de plus en plus. Que nous proposent les candidats à la présidentielle dans ce domaine ? Que faudrait-il faire ?

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