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renaissance UDF marque échec projet UMP

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Le succès de Jean-Louis Borloo signe l’échec de l’UMP . Ce parti avait été créé, par Jacques Chirac, pour mettre fin à la concurrence des droites, dont il savait d’expérience le caractère auto-destructeur : n’avait-il pas lui-même bien contribué à la victoire de François Mitterrand, en 1981, par détestation de Valéry Giscard d’Estaing….

RPR, UDF et DL avaient constitué une formation unique, afin d’éviter le risque d’être absent du second tour des présidentielles. Or, avec la résurrection d’un parti européen et social, écologiste et humaniste, qui se positionne au centre-droit, et la persistance d’un Front national dont on avait bien tort d’annoncer le dépérissement, ce risque va devenir sérieux. Le politologue Gérard Grunberg l’évoque dans un récent article publié par Telos : la probabilité de voir au deuxième tour de la présidentielle, le candidat du PS affronter celui du Front National, pour cause d’éparpillement des voix de droite, est élevée. Grunberg en conclut que la droite républicaine aurait tout intérêt à organiser des primaires, pour éviter un éparpillement qui pourrait donc lui être fatal.

Mais la droitisation de l’UMP , dans les derniers mois du sarkozysme ne rendait-elle pas la renaissance d’un centre-droit autonome inévitable ?

Selon le dernier sondage en date, OpnionWay pour Le Figaro du 4 octobre, les sympathisants de l’UMP se classent en 3 groupes de taille presque équivalente. 29 % se disent « très à droite », 32 % « à droite » , et 33 % « au centre-droit » . A terme, c’est donc un tiers des électeurs de l’UMP qui ont vocation à passer à l’UDI. Les électeurs de l’UMP sont d’ailleurs très majoritairement favorables à une alliance avec Borloo (73 %), alors que ceux d’entre eux qui accepteraient une alliance avec le Front national sont nettement minoritaire (30% contre 68 %).

En réalité, la situation de la droite, incarnée par l’UMP, va devenir de plus en plus inconfortable - alors même que, paradoxalement, le rapide désenchantement provoqué par le gouvernement de gauche, semblait lui offrir un boulevard. Car elle va se retrouver prise en sandwich entre son allié naturel, l’UDI, et son rival droitier, le Front national. Si l’UMP durcit son discours, comme l’y invite sa tendance Droite Populaire, elle peut grignoter des voix FN, mais elle risque alors de voir une partie importante de son électorat passer à l’UDI - et celle-ci la dépasser en voix. Mais si elle se cale sur l’UDI pour modérer son discours, elle fait également le jeu de Borloo. L’espace qui lui reste n’est donc pas bien large, contrairement à ce que prévoyaient les concepteurs de l’UMP.

Le même Gérard Grunberg, dans un autre article publié sur le même site Telos écrit, pensant, cette fois aux élections législatives : « Quant à l’UMP, il n’est pas sain de la condamner éternellement au dilemme suivant : s’allier au FN ou perdre les élections… Si les deux grands partis (PS et UMP) veulent s’affranchir de la nécessité de nouer des alliances électorales avec les extrêmes, il faut donc modifier profondément le mode de scrutin afin de dé-rigidifier le clivage droite/gauche, tout en permettant l’alternance. Il faut, en effet, créer les conditions où chaque parti sera libre, au moment de voter au Parlement, de créer des majorités d’idées. »

Des primaires à droite , plus une bonne dose de proportionnelle aux législatives , ce n’est pas très gaulliste, mais avez-vous encore d’autre choix pour espérer revenir aux affaires ?

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