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Rentrée de transition

3 min
À retrouver dans l'émission

Ce sera donc une rentrée scolaire de transition pour le nouveau ministre, Vincent Peillon. Durant la campagne électorale, l’impétrant avait, on s’en souvient, promis de travailler sitôt nommé dans trois directions : la « refondation », les rythmes scolaires, la morale laïque. Le ministre, philosophe mais homme pressé, aurait bien aimé mettre en œuvre la totalité de son programme dès cette rentrée. Mais on se souvient comme il fut vite « recadré » par le chef du gouvernement sur l’affaire de la semaine de 4 jours et demi. On ne mène pas à la hussarde les hussards noirs de la République.

La « refondation », si j’ai bien suivi, c’est l’idée selon laquelle les savoirs de base et les capacités fondamentales ayant été sacrifiées au fil de multiples réformes, il convient de se recentrer des acquisitions aussi essentielles que celles des quatre opérations fondamentales du calcul ou celle de la lecture. Un premier pas sera franchi en cette direction, dès cette rentrée, avec l’instruction ministérielle de n’affecter à la classe de CP des primaires que des instituteurs chevronnés c’est là, en effet, qu’on apprend à lire. 10 % des jeunes Français sortent de l’école ne sachant ni lire ni écrire; leur avenir est compromis. C’est un scandale qui ne peut plus durer. « Il faut cesser les empilements, les redondances ou les aberrations », disait Vincent Peillon avant les élections. Là-dessus, tout le monde est d’accord.

La question des rythmes scolaires est autrement plus sensible, car elle ne fait pas l’objet d’un tel compromis. On se souvient de l’empressement avec lequel le précédent ministre, Luc Chatel, avait repoussé à plus tard toute prise de décision, lors de la remise du Rapport du comité de pilotage . A l’approche des élections, il convenait de ne fâcher personne. Et pourtant, les auteurs du Rapport, s’appuyant sur les études des chronobiologistes et constatant le caractère insupportable de la journée de travail de l’écolier et du collégien français, préconisaient quelques mesures simples et de bon sens : « un bouclier scolaire » de 23 heures maximum de cours par semaine, étalées sur 4 journées et demi une alternance systématique de 7 semaines de cours suivis de 2 semaines de congés. L’allongement à deux semaines des vacances de la Toussaint va dans le sens du « 7 2 ». Mais on aura ainsi commencé par le plus facile.Personne ne se plaint de se voir accorder des jours de vacances supplémentaires.

La question de la semaine des 9 demi-journées est autrement plus controversée. Le mercredi matin est plébiscité par les parents d’élèves (72 % d’opinions favorables selon Harris Interactive). Mais les syndicats d’enseignants sont plus réservés. Et sur la question du raccourcissement de deux semaines des vacances d’été, là, ils sont carrément hostiles. « Ou alors, il faut nous payer davantage », met en garde le SNES-FSU.

Le constat du ministre est pourtant simple : « Comme il n’y a que 144 jours de classe dans l’année scolaire, on bourre les journées et on fatigue les enfants. » En Allemagne et au Royaume-Uni, les élèves et leurs professeurs ne prennent que 6 semaines de vacances d’été . Du coup, leurs journées de travail sont moins longues .

Quant à la morale laïque , qui ne doit pas se réduire à une simple éducation civique, ni à une « simple tolérance, à de l’indifférence ou à de la neutralité », mais renouer avec la tradition républicaine des Ferdinand Buisson, elle risque d’indisposer tant les relativistes, sur un bord, que les responsables religieux, de l’autre. Mais qu’en pensez-vous vous-même et qu’avez-vous compris ? Dans nos sociétés libérales, coexistent, par définition des systèmes de valeurs différents. De quel droit l’Etat imposerait-il la sienne ? Et comment pourrait-elle faire l’unanimité sans se réduire à quelques banalités du style : il faut préférer le bien au mal et donc être gentil plutôt que méchant ?

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