LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Sarkozy : je m'voyais déjà...

4 min
À retrouver dans l'émission

Après le cours magistral du Professeur Sarkozy, sauveur de l’Europe, voire de la planète, le 27 octobre, qui a un peu irrité les Allemands, on doit s’attendre, paraît-il, dans les prochains jours, à un « discours de Toulon bis ». Face à la tourmente qui menace d’emporter, avec l’euro, le peu de prospérité qui restait en Europe, le président entend afficher à nouveau son fameux « volontarisme ». Nicolas Sarkozy, qui bénéficie en cette fin novembre d’une remontée dans les sondages qui semble inespérée, aimerait bien renverser la tendance. D’après LH2, il fait jeu presque égal avec François Hollande au premier tour, à 29 contre % au candidat du PS.

A gauche, en effet, la « machine à perdre » tourne à plein régime. L’incroyable cafouillage des négociations entre le PS et EE-LV en a donné le signal. On connaît le mode d’emploi, il a déjà servi dans le passé : une bonne vieille « guerre des chefs » au sein du PS - en l’occurrence une lutte feutrée entre les partisans du candidat désigné et ceux de la première secrétaire des alliés, qui ne peuvent compter électoralement qu’en s’attaquant prioritairement au Parti socialiste (Mélenchon décrivant Hollande en « capitaine de pédalo dans la tempête ») ; un programme, enfin, qui paraît moins dicté par la une logique de projet que par l’état des rapports de force - le poids respectif des alliés Verts et des lobbies pro et anti-nucléaires….

Pourtant, si la présidentielle avait eu lieu hier, c’est François Hollande qui aurait été élu, en recueillent au 2° tour, 58 % des voix. On ne gagne pas une élection de cette nature sur une simple « stature internationale », sinon Giscard aurait battu Mitterrand en 1981. Il faut aussi incarner un programme à la hauteur de la situation.

Or, ce programme, on en connaît un peu mieux les grandes lignes depuis que l’UMP, que vous dirigez, a fait connaître le sien. Pour résumer : en finir avec les 35 heures, au profit de négociations sur le temps de travail branche par branche alléger le coût du travail, pour tenter d’enrayer les délocalisations (cela s’appelle la TVA sociale, mais il ne faut pas le dire en période électorale) soutenir les PME et rationaliser nos filières industrielles (là-dessus, tout le monde est d’accord, mais on reste curieux de savoir comment) enfin, sauver de notre modèle social, censé nous protéger face à la tempête que traverse l’Europe et la zone euro.

Avec ses 2, millions et demi, voire 4 millions de chômeurs, son déficit chronique (encore plus de 18 milliards cette année, une dette sociale de 144 milliards équivalant à près de trois années de recettes de l’impôt sur le revenu), son inadaptation notoire aux problèmes sociaux d’aujourd’hui, peut-on encore parler de modèle ? Nous avons l’Etat-providence le plus cher de l’OCDE, puisque nous consacrons plus de 30 % de PIB aux dépenses sociales, davantage que la Suède, la part des prestations sociales représentant 27,8 % du revenu des ménages. Cela nous a sans doute permis d’amortir les effets de la crise au début de celle-ci. Mais après ? L’UMP promet de « privilégier l’emploi plutôt que l’assistanat » qui n’en conviendrait ? La plupart des chômeurs préfèreraient vivre de leur travail – encore faudrait-il que notre système en crée. Traquer la fraude sociale est légitime. Même si vous parveniez à l’éradiquer complètement, cela ne suffirait certainement pas à ramener à l’équilibre notre système de protection. Au lieu d’un énième rafistolage d’un système qui prend l’eau, l’heure n’est-elle pas venue d’adapter un Etat-providence qui bénéficie surtout aux retraités et aux insiders et qui laisse de côté les jeunes et les précaires ?

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......