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Shut down irresponsable

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La Constitution des Etats-Unis d’Amérique, qui a fait l’admiration du monde entier pour son extraordinaire longévité – plus de 220 ans. Mérite-t-elle encore sa réputation ?

Le Pères fondateurs, des libéraux pur sucre, étaient guidés par l’idée des checks and balances : freins et contrepoids, division du pouvoir, afin d’empêcher les politiques de menacer les libertés individuelles : « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». La leçon de Montesquieu reçoit ainsi sa première mise en application explicite dans un texte constitutionnel, celui qui est adopté par la Convention de Philadelphie en 1787. Bientôt, tous les Etats fédérés vont voter à leur tour le texte qui continue aujourd’hui à organiser l’exercice du pouvoir aux Etats-Unis.

Et Tocqueville, dans la première version de De la démocratie en Amérique consacre un sous-chapitre à tenter d’explique au public français pourquoi le président des Etats-Unis n’a pas besoin, pour diriger les affaires, d’avoir la majorité dans les Chambres". (chapitre VIII) « En Europe », écrit-il, « il faut qu’il y ait accord entre le roi et les Chambres, parce qu’il ne peut y avoir de lutte sérieuse entre eux. En Amérique, l’accord n’est pas obligé, parce que la lutte est impossible. » A ses yeux, la faiblesse de l’exécutif excluait une situation de blocage.

Mais c’est que depuis la parution du livre de Tocqueville (1835), bien des choses ont changé aux Etats-Unis d’Amérique. Les pouvoirs réels du président ont crû sensiblement. Et la cohabitation entre un président démocrate et un Congrès en partie républicain s’avère autrement plus difficile qu’à l’époque de Bill Clinton – qui a gouverné pendant 6 ans sur 8 sans majorité et s’en est fort bien sorti.

Pourquoi, cette fois-ci, cette paralysie au sommet ? Comment expliquer que le gouvernement et le Congrès jouent le sort de l’économie mondiale dans une partie de poker qui ne concerne que les Américains ? Quelles seront les répercussions de cette crise, qui porte en vérité sur la hauteur du plafond de la dette, sur le « privilège exorbitant du dollar » ?

D’abord, le jeu politique semble avoir changé. Autrefois, un démocrate du Sud était plus à droite qu’un républicain de la côte est : aujourd’hui, la bipolarisation est complète . Les Américains ont un grand parti de droite et un grand parti de gauche. Ils ont perdu leur exceptionnalité. En outre, les Républicains semblent otages de leur minorité la plus radicale. Les gens du Tea Party ne connaissent pas la culture du compromis.

Mais en agitant la menace d’un refus de relever le plafond de la dette fédérale, ces joueurs de poker prennent l’économie mondiale. Aujourd’hui, les Bons du Trésor américains sont considérés comme tellement sûrs et liquides qu’ils sont utilisés comme « collatéral » par les banques du monde entier, en face de leurs prêts. Les Etats-Unis ont toujours payé leurs dettes. L’économiste américain Barry Eichengreen a détaillé, dans un article pour Project Syndicate les réactions en chaîne d’un éventuel défaut américain sur la dette fédérale. C’est tout le système bancaire mondial qui pourrait bien, cette fois, sauter. En outre, la fragilisation du dollar se traduirait illico par un renchérissement de l’euro – la dernière chose dont nous ayons besoin… Comment enrayer le scénario de l’apocalypse ?

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