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Terminer la révolution au Louvre ?

3 min
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Pierre Rosenberg, en laissant les clefs du Louvre à son successeur, le nouveau président du Louvre, en 2001, lui avait dit : « Vous allez vous ennuyer, il n’y a plus rien à faire. »

C’est Henri Loyrette qui raconte cette anecdote avec ironie, pour mettre en valeur l’ampleur des changements qu’il aura introduits au Louvre en 12 ans de mandat. Car vous succédez, vous-même, à un président, qui a pas mal secoué la maison. Et disons-le, avec succès : pour la première fois, l’an dernier, le Louvre a frôlé le million de visiteurs payants deux tiers étaient des étrangers. C’est, je crois, le record du monde de fréquentation, pour un musée.

Loyrette a fait du Louvre une marque culturelle exportable ce qui lui a permis de négocier l’ouverture d’une franchise à Abu-Dhabi . On l’a accusé de se comporter en multinationale. Il a délocalisé une partie des collections à Lens. Avec succès : 700 000 visiteurs attendus pour cette année. Mais une partie des personnels, semble-t-il, n’apprécie pas de passer sa vie dans le train. Loyrette a lancé une véritable politique de prêts rémunérés des œuvres à d’autres grands musées du monde, permettant ainsi au Louvre de contribuer à son auto-financement. Il s’est fait accuser de louer des œuvres que les visiteurs étaient venus voir à Paris. Il a multiplié les évènements, les animations, comme les expositions temporaires confié à des artistes contemporains – ne faisant pas toujours l’unanimité - toute sorte d’installations. On l’a alors accusé d’imposer à un public venu chercher les chefs-d’œuvre du passé, une forme d’art dont il ne veut justement pas de sacrifier à la mode, ou de s’incliner devant les ukases du marché.

Vous voilà donc dans une situation délicate entre toutes - hériter d’une espèce de révolution. Faut-il la terminer ? Faut-il la prolonger ?

Ce que l’on sait de vos intentions à travers les interviews laisse augurer d’une espèce de recentrage du Louvre sur son cœur de métier , comme on dit dans les entreprises. Vous me direz si je me trompe.

Votre projet place au premier rang la mission de l’accueil du public . Pour l’heure, il doit traverser une sorte de hall de gare – la pyramide - en proie à la cohue et réputé dans le monde entier pour ses hordes de jeunes pickpockets – on se souvient, qu’en avril dernier, les agents ont décidé d’user de leur droit de retrait et ont cessé le travail pour protester contre le climat d’insécurité dont ils étaient eux-mêmes victimes … Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Le public, qui est composé pour les ¾ d’étrangers estime très généralement que la signalétique est minimale et se perd dans le musée. Que comptez-vous faire pour faciliter ses recherches ? Une partie de ces touristes sont en demande d’informations concernant le lieu lui-même et son histoire. Comment répondre mieux à ses interrogations ?

Restent les expositions temporaires et les confrontations entre les œuvres du patrimoine et l’art contemporain. On vous prête un goût plus que modéré pour ce type d’évènement. La musicienne et plasticienne Patti Smith, sollicitée par votre prédécesseur, a été priée de rester chez elle. Votre prédécesseur se faisait traiter d’incendiaire branché. Ne risquez-vous pas de vous faire, vous, accuser de passéisme conservateur ?

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