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Toujours plus d'impôts

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La politique que mène le gouvernement est la « cure d’austérité la plus sévère depuis l’après-guerre », d’après Thierry Fabre dans Challenges. Candidat, François Hollande déclarait que l’austérité n’était pas une fatalité et laissait entendre qu’il détenait la formule magique d’une relance de la croissance sans aggravation des dettes. Il promettait de renégocier le Traité budgétaire souscrit par son prédécesseur, jugé trop contraignant et défavorable à la croissance.

Il a donc fait machine arrière et engagé le pays dans la voie d’un retour programmé à l’équilibre des comptes publics. Cela déçoit certains économistes de gauche qui avaient appelé à voter pour lui. Mais le pays avait-il le choix ? Comme l’a rappelé le premier ministre, la dette publique française est soumise à la vigilance des agences de notation, qui orientent les exigences des créanciers. Que se propage l’impression que l’Etat français risque de faire défaut sur une partie de ses dettes et les taux exigés pour continuer à lui prêter s’envoleront, rendant la facture intolérable.

Curieusement, d’autres économistes, qui prédisaient ce noir scénario il y a un an, mettent en garde à présent contre une spirale récessive à la grecque ou à l’espagnole : moins de revenu disponible du fait de hausses d’impôts, disent-ils entraînera une récession – et donc de moindres rentrées fiscales, ce qui rendra nécessaire un nouveau plan de rigueur. Fort bien. Mais encore une fois, avons-nous le choix ? Toute l’Europe est engagée dans des programmes d’austérité, parce qu’il faut sortir de la crise des dettes publiques cela prendra du temps. Les Etats-Unis eux-mêmes n’y échapperont pas, aussitôt passées les élections.

Il y avait un choix politique à faire entre hausse des impôts et économies budgétaires. Et c’est le premier que le gouvernement a privilégié. Contre l’avis des économistes, comme Patrick Artus, contre le sentiment majoritaire de l’opinion, qui juge à 81 % qu’il « aurait fallu faire davantage porter l’effort sur la réduction de la dépense publique ». Les chiffre effarants – celui du niveau de prélèvements obligatoires (46,3 %) et du taux des dépenses publiques dans le PIB (56,3 %, contre moins de 46 en Allemagne) prévus pour l’an prochain démontrent qu’en effet, il y aurait des économies à faire. Pourquoi les administrations françaises sont-elles plus budgètivores que toutes les autres, en Europe ? Les impôts ont augmenté de 16 milliards en 2011, de 20 milliards en 2012, ils augmenteront de 28 milliards en 2013. François Lenglet nous a prévenus qu’il allait falloir payer pour la crise. On a donc commencé…

Mais une fois assumé le choix des hausses d’impôts, celles-ci sont-elles justement réparties ? Que les contribuables dont les revenus dépassent 150 000 Euros par an paient dorénavant, à partir de ce seuil, 45 % de leurs revenus, et même 75 % au-delà d’un million, ne fera gémir personne sur leur sort.

Plus discutables s’avèrent l’alourdissement des impôts pesant sur les entreprises, déjà très supérieurs à ceux acquittés par nos principaux concurrents européens, ainsi que le principe selon lequel il faudrait aligner les impôts sur les revenus du capital, et de l’épargne, sur ceux pesant sur les revenus du travail. Car la fiscalité française sur le capital risque de devenir l’une des plus élevée d’Europe – le gouvernement envisageait d’imposer à hauteur de 62,2 % les plus-values de cession – contre 26,4 % en Allemagne… Comme on sait, le ministre du Budget a promis de revenir sur cette gaffe, qui avait provoqué le mouvement dit des « pigeons », parmi les créateurs de start-ups.

La même semaine, on apprenait par la Cour des comptes que, contrairement aux promesses, les niches fiscales, véritables trous de gruyère de notre système fiscale, allaient rester l’an prochain au même niveau que l’an dernier, soit un manque à gagner de de 71 milliards d’euros – équivalent à la totalité de l’impôt sur le revenu. Quant au débat sur la compétitivité, il oppose, au sein même du gouvernement les partisans d’un relèvement de la CSG à ceux qui, comme Arnaud Montebourg, refusent cette option… Tout ça fait un peu désordre…

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