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Une pause dans le réchauffement

3 min
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« C’est la première fois que l’on passe directement du printemps à l’automne », écrit un humoriste sur Facebook. « Quand il fait trop chaud, c'est à cause du réchauffement climatique. Quand il fait glacial, c'est que le réchauffement climatique a atteint un nouveau seuil de gravité. Prochaine étape d'aggravation du réchauffement, le retour aux normales saisonnières . Là, ce sera vraiment très très grave. », écrit un autre.

Ce mois de mai, en Europe, est anormalement froid. Est-ce suffisant pour décider que la planète risque non pas un réchauffement, mais un refroidissement climatique, une nouvelle ère glaciaire – comme nous en menaçaient d’excellents esprits, dans les années 70 ? En tous cas, les médias, qui consacraient de terrifiants reportages au réchauffement climatique en 2008 et 2009, se montrent beaucoup plus prudents, ces jours-ci. L’expression réchauffement climatique a d’ailleurs fait place à celle de « dérèglement climatique », d’un emploi beaucoup plus souple.

Il y a les faits et il y a leur interprétation. Les faits, c’est que la température du globe , qui avait indéniablement augmenté à partir des années 80 du XX° siècle, après d’autres phases de progressions coïncidant avec la révolution industrielle, a cessé de progresser depuis une quinzaine d’années . Alors même que l’humanité a ajouté, durant cette même période, 100 milliards de tonnes de carbone supplémentaire dans l’atmosphère – une progression spectaculaire, équivalant à un quart de ce que nous avons rejeté depuis les tout débuts de la révolution industrielle, à la fin du XVIII° siècle. Les émissions d’oxyde carbone dans l’atmosphère ont augmenté de 50 % entre 1997 et 2012. Et pourtant, pas de nouveau réchauffement, durant ce laps de temps.

C’est bien la preuve que les prévisions du GIEC étaient fausses, clament déjà les climatosceptiques – qui sont plus nombreux qu’on le croit. Pas du tout, il s’agit seulement d’un « plateau » dont ignorons la cause, rétorquent les réchauffistes du GIEC. Ainsi, Lord Stern , auteur du fameux rapport, admet que la température est restée « stable » (flat) durant les dix dernières années . Il attribue le phénomène pourrait être dû à une moindre activité du soleil et au blocage de ses rayons, dans certaines parties de la planète, sous l’effet de la pollution. Mais en réalité, personne ne sait expliquer un phénomène qui déjoue, provisoirement sans doute, les prévisions du GIEC et devrait l’amener à réviser ses prévisions à la baisse. Reste le fait est que les températures, en ce début du XXI° siècle restent supérieures de près d’un degré celsius à ce qu’elles étaient au début du XX°.

Alors, faut-il retourner au « business as usual » et faire comme s’il s’était agi d’une fausse alerte ? Certainement pas. Car si la rhétorique réchauffiste était exagérément alarmiste, les politiques mises en œuvre pour tenter d’enrayer le très probable réchauffement de la planète sous l’effet des pollutions engendrées par l’activité humaine, elles, contrastent par leur grave insuffisance . Le Protocole de Kyoto n’a nullement empêché la poursuite de l’émission croissante de gaz à effets de serre et les négociations sur le climat de Copenhague ont échoué, comme on s’en souvient, en 2009. Mais de bons esprits estiment qu’il faut prendre acte de notre échec collectif à convaincre, en particulier, les nouveaux émergents – la Chine est devenue le principal pollueur du monde – et se préparer à affronter un réchauffement, désormais, inéluctable.

Même si, encore une fois, il sera probablement revu à la baisse, ce qui est tout de même une bonne nouvelle.

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