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Vers une dette publique égale à une année entière de PIB

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Le gouvernement triomphe : selon les chiffres du Parlement, le déficit budgétaire de l’année aura été de « seulement » 73,3 milliards d’euros , contre une prévision supérieure d’un milliard (74,4 milliards). Ainsi, ce déficit s’est établi à « seulement » 3,8 % du PIB. L’année prochaine, si les promesses pré-électorales ne creusent pas davantage l’impasse budgétaire, le déficit serait « contenu » à 3,3 % du PIB.

Dans Les Echos, Jean-Francis Pécresse ironise : 70 milliards, cela correspond à la hausse des impôts qui a frappé les ménages (surtout) et les entreprises (un peu) au cours des 5 dernières années . 70 milliards d’impôts supplémentaires pour parvenir à un déficit limité à 73 milliards ! Ca valait bien la peine. Quand on pense qu’il y a même des gens, dans la gauche radicale, pour parler de « budget de rigueur »… sous prétexte que la dépense publique ne progressera « que » de 1,3 % l’an prochain si tout va bien.

Il faut se rappeler que le président de la République avait annoncé un effort de 50 milliards par rapport à la progression dite « naturelle » des dépenses publiques, dont 18,6 milliards l’an dernier et 16 milliards cette année. Sur ces 16 milliards de moindre progression des dépenses donc, la Rapporteure générale du Budget, Valérie Rabault n’avait, semble-t-il, trouvé trace que de 6 milliards dans les documents présentés par Bercy… Bref, on l’aura compris, l’excès des dépenses publiques continue à caractériser – et à plomber - notre économie. C'est une drogue dont notre Etat ne peut plus se passer.

Résultat : la dette publique poursuit son irrésistible envol. Inférieure à 500 milliards en 1993, elle a atteint les 1 000 milliards en 2003 et dépasse aujourd’hui les 2 100 milliards d’euros. Soit 30 000 euros par Français . On peut parier que le taux fatidique des 100 % de PIB sera atteint par notre dette publique avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Comparez avec la situation de nos voisins allemands , qui tablaient, pour 2015, non sur un déficit, mais bel et bien sur un excédent budgétaire de 6 milliards. Grâce à la croissance de leur économie, cet excédent se révèle finalement le double de ce qui était prévu. Cette réserve budgétaire explique la relative facilité avec laquelle ils font face à l’arrivée d’un million cent mille migrants dans leur pays.

Bercy
Bercy Crédits : Ministère des Finances - Radio France

C’est une catastrophe. Une catastrophe parce que cet excès de dépenses ne se justifie nullement par une quelconque relance de la croissance ou de l’emploi. Comme ironisait récemment le Premier président de Cour des comptes, Didier Migaud, « cessons de lier niveau de dépense publique et croissance. Si tel était le cas, la France serait championne ou vice-championne du monde », puisque nous avons, en effet, le 2° Etat le plus dépensier au monde. C’est une catastrophe parce que les révolutions technologiques qui s’annoncent vont nécessiter de très importants investissements pour rester dans la course et que nous n’en aurons pas les moyens.

Quant à l’emploi, il demeure plombé par une économie en pann e. Nous avons enregistré la création de 57 000 emplois dans le secteur marchand entre la mi-2013 et la mi-2015, alors que durant la même période, l’Allemagne en créait 482 000 et l’Espagne 651 000 selon Eurostat. Dix fois plus.

Le chômage est bien le problème principal de notre pays. Au plan social, il détruit des vies en marginalisant un nombre extravagant de nos compatriotes. Au plan économique, il constitue un immense gâchis et explique, entre autres, la faiblesse de notre croissance. Comme le montre une note récemment publiée par Vincent Champain sur le site Telos, l’ampleur du phénomène est, du reste, largement sous-estimé par nos statistiques. Si on compare les taux d’emploi, on s’aperçoit que plus de 36 % des 15-64 ans, en France, sont hors-emploi, contre seulement 26 % des Allemands et 24 % des Suédois. Chez nous, toute sorte de manière de cacher la poussière sous le tapis ont été imaginés par les gouvernements successifs, comme les pré-retraites, les stages parking, les emplois aidés, les dispenses de recherche d’emploi… Souhaitons que l’actuel gouvernement n’en imagine pas de nouveaux, afin de dissimuler son échec.

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