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Le monde périurbain, Sublime et Architecture

59 min

Nous recevrons Eric Charmes à propos de l'univers périurbain.

Nous entendrons d'abord les délibérations du jury du prix la Ville à lire 2011 à propos de l'un des ouvrages mentionnés, L'Art de la mémoire , de Sébastien Marot.

Et je vous entretiendrai d'un essai de Didier Laroque sur le sublime, et d'un autre de ses ouvrages.


SUPPORT JAPAN東北地方太平洋沖地震 支援 募金のお願いEmergency Support for JAPAN EARTHQUAKE and TSUNAMI http://www.shigerubanarchitects.com/SBA_NEWS/SBA_news_5.htm


Indications bibliographique s

L'Art de la mémoire, le territoire et l'architecture , Sébastien Marot, Editions de la Villette, 144 pages, 14 euros


Sublime et Architecture , Didier Laroque, Hermann, 2010, 140 pages, 20 euros.

Réflexions sur l'architecture , Didier Laroque, Manucius, 2010, 104 pages, 15 euros.


Paysage et ornement , textes réunis par Didier Laroque et Baldine Saint Girons, Verdier, 2005, 224 pages, 32 euros.

Le Temple, l'ordre de la Terre et du Ciel , Didier Laroque, Bayard, 2002, 288 pages, 21 euros.

Le Discours de Piranèse, l'ornement sublime et le suspens de l'architecture , Didier Laroque, éditions de la Passion, 1999, 244 pages, 150 francs


Eduardo Souto de Moura, 1995-2005 , El Croquis n°124, 2005, 230 pages.

Souto de Moura, Une architecture entre nature et culture, Nathalie Régnier, in Construction moderne n°123 (septembre 2006).


La Ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine , Eric Charmes, Presses universitaires de France, 2011, 290 pages, 14 euros.

Villes rêvées, villes durables? , Eric Charmes et Taoufik Souami, Gallimard, Découvertes hors-série, 2009, 6 modules et 2 cahiers, 13,90 euros.

La Rue, village ou décor? Parcours dans deux rues de Belleville , Eric Charmes, Creaphis, 2006, 160 pages, 24 euros.

La Vie périurbaine face à la menace des Gated Communities , Eric Charmes, L'Harmattan, 2005, 228 pages, 21 euros.


Ghettos de riches. Tour du monde des enclaves résidentielles sécurisées , coll., Thierry Paquot dir., Perrin, 2009, 300 pages, 20 euros.

Prisonniers volontaires du rêve américain , Stéphane Degoutin, La Villette, 2006, 400 pages, 35 euros.

La Ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine , David Mangin, La Villette, 2004, 398 pages, 35 euros.

Fortress America. Gated Communities in the United States , Edward Blakely, Mary-Gail Snyder, Brooking Institution Press, 1997.

Georg Glasze, L'essor planétaire des espaces résidentiels sécurisés , Etudes foncières n°101, janvier-février 2003.

Georg Glasze, Quand la ségrégation devient fragmentation; espaces résidentiels sécurisés et gouvernance urbaine privée , Adef, 2004.

Faire société , la politique de la ville aux Etats-Unis et en France, Jacques Donzelot, avec Catherine Mével et Anne Wyvekens, Seuil, 2003, 368 pages, 23 euros.

Fortress America. Gated Communities in the United States , Edward Blakely, Mary-Gail Snyder, Brooking Institution Press, 1997.

Postmetropolis. Critical Studies of Cities and Regions , E. Soja, Blackwell, 2000.

Calendrier

Courrier

Je rappelle qu'un accident technique nous a privé depuis plusieurs semaines de la transmission du courrier e-mail de nos auditeurs, qui s'est perdu. Nous n'avons donc pu leur répondre et nous les prions une fois encore de nous en excuser.

Expositions

2503-2705 lapremiererue@briey-cable.com A Briey-en-Forêt, dans l'unité d'habitation de Le Corbusier, une exposition présente les travaux de l'architecte Marie-Laure Blaise (Silo n°5, Montréal ) et d'Elise Pagel-Prévoteau (photographies de Paysages industriels ). Marie-Laure Blaise a travaillé sur le célèbre silo à grains du port de Montréal qu'avait publié Le Corbusier en 1920, dans sa revue L'Esprit Nouveau , puis, trois ans plus tard, dans Vers une architecture , et qui est, de ce fait, devenu une icône de l'esthétique à l'époque nouvelle des constructions industrielles. Marie-Laure Blaise les a photographiés et si j'ai bien compris transcrits en maquettes de cartons qu'elle a découpées, et retravaillées. De son côté, Elise Pagel-Prévoteau a donc photographié des Paysages industriels. "Les concrétions industrielles constituent une part cachée de notre identité, invisible, latente, mais brûlante... a écrit à cette occasion Joseph Abram, commissaire de cette exposition. Elles naissent et disparaissent, délocalisées, selon une topographie anonyme qui transporte, un peu partout dans le monde, des images sans lieux. Les mécanismes qui les engendrent instaurent leur présence objective avec force, hors de tout contrôle formel, libérant ainsi une énergie esthétique insoupçonnée." Briey-en-Forêt, Galerie blanche, la Première rue.

1803-0705 www.poleimagehn.com A Rouen, exposition de travaux photographiques des célèbres Berndt et Hilla Becher, chefs de file de la célèbre école dite "de Düsseldorf", couple de photographes nés respectivement en 1930 et 1934 (lui est mort il y a bientôt quatre ans, en 2007) qui se sont fait une spécialité de "tirer le portrait" le plus objectif possible d'édifices industriels rangés par catégories, par séries monotones et impressionnantes : silos à grain, moulins, châteaux d'eau, puits de mines, chevalements, etc. Plusieurs de ces séries vont être exposées au Pôle Image de Haute-Nomandie, dont des silos et hangars agricoles photographiés dans cette région en 2006. Kunstwerke, œuvres ; photographies de Berndt et Hilla Becher, Pôle Image de Haute-Normandie, 15, rue de la Chaîne, 76000 Rouen.

3003-1505 www.bozar.be A Bruxelles, exposition, Architecture for Justice ; Il s'agit de projets relatifs au futur de l'extraordinaire Palais de justice de cette ville, œuvre colossale de l'architecte Poelaert entreprise entre 1862 et 1883, un des plus gros tas de pierre au monde. Bozar Architecture, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 23, rue Ravenstein, 1000 Bruxelles.

0104-2905 www.arcenreve.com A Bordeaux, au centre Arc en rêve, dans les entrepôts Lainé, exposition d'un concours d'urbanisme pour Saint-Jean Belcier , Bordeaux Euratlantique, concours qui opposait les équipes KCAP, OMA, Rogers, Stirk, Harbour and Partners; et Reichen et Robert (lauréats). Arc en Rêve, 7 rue Ferrère, 33000 Bordeaux.

3003-2105 www.gagosian.com A Paris, exposition de mobiliers de l'architecte Jean Nouvel, un coffre de rangement inspiré des boîtes à outils des ouvriers, mais grise et non pas rouge, et surdimensionnée, et une table en bois dite 'Table au km". Jean Nouvel Furniture , Gagosian Gallery Project Space, 4, rue de Ponthieu, 75008 Paris.

0104-0304 www.sixelzevir.net et www.marnelavallee.archi.fr L'école d'architecture de Marne-la Vallée édite une revue appelée Marnes, documents d'architecture, dirigée par Sébastien Marot et Eric Alonzo. La première livraison, toute récente, a la forme d'un livre serré de 450 pages, vendu 20 euros. Le premier numéro témoigne d'un tropisme plutôt anglo-saxon, avec notamment des essais sur (ou des articles inédits de) Nikolaus Pevsner, Alan Colquhoun, Reyner Banham, Colin Rowe et Peter Eisenman; mais aussi bien Manuel de Solà Morales et de divers auteurs français. Pour son lancement, Marnes expose à partir de demain, et durant trois jours, la manière dont elle est conçue, construite et fabriquée, au Six Elzévir, 6, rue Elzévir, 75003 Paris, les 1°, 2 et 3 avril de 15h00 à 19h00.

Conférences

3103 www.lille.archi.fr A Lille conférence des architectes Philippe Deprick et Jean-Louis Maniaque, établis à Amiens et qui se déclarent inspirés par l'architecture du Japon, traditionnelle ou contemporaine, dont ils apprécient la radicalité et la contextualité. Ecole d'architecture de Lille, Villeneuve d'Ascq, 18h30.

3103 www.archi.fr/AA A Paris, conférence de Marie-Jeanne Dumont, secrétaire générale de la Commission du Vieux-Paris. Académie d'architecture, Hôtel de Chaulnes, 9, place des Vosges, 75004 Paris à 18h30.

0104 www.arcenreve.com A Bordeaux, au centre Arc en rêve, rencontre avec le lauréat du concours d'urbanisme pour Saint-Jean Belcier , Bernard Reichen, en présence du maire de Bordeaux, Alain Juppé, de Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine, et de Philippe Courtois, directeur général de l’Établissement public d’aménagement de Bordeaux Euratlantique, 1° avril, à 18h00, auditorium d'Arc en Rêve, 7 rue Ferrère, 33000 Bordeaux.

0204 www.pavillon-arsenal.com Depuis le 12 mars, le Pavillon de l’Arsenal propose une Université Populaire qui, en quatre séances du samedi matin, d'accès libre, animées par Richard Scoffier, abordent, sous le titre général Où commence l'architecture?, une notion simple mais essentielle : le mur, l’ouverture, la structure et le volume. Samedi, deuxième séance, L'ouverture , de 10h30 à midi trente, Pavillon de l'Arsenal, 21, boulevard Morland, 75004 Paris.

Pritzker Prize

A Porto, dans l'agence assez austère de la Calçada do Ouro, cohabitaient il y a peu d'années encore trois générations d'architectes : le vieux maître Fernando Tavora (né en 1923), le plus célèbre des Portugais, Alvaro Siza Vieira (né onze ans plus tard, en 1933, Pritzker Prize en 1992) mais aussi un représentant de la génération suivante, Eduardo Souto de Moura (né en 1952). Durant le fascisme, Tavora avait maintenu dans son pays une tradition de la modernité architecturale, fondée notamment sur l'observation de l'habitat et des paysages ruraux, de cette tradition naquit ce milieu spécifique qu'on appellera l'école de Porto.

Ainsi donc, de maître en élève, de génération en génération, Tavora, Siza, Souto de Moura, sous le même toit. Tavora est mort en 2005. Et voici qu'à 58 ans, vingt-et-un ans après Siza, Souto de Moura vient d'accéder à la plus haute distinction internationale, le Pritzker. C'est un excellent architecte.

Dans les années qui suivirent la Révolution des œillets (et alors qu'il achevait ses études) Souto de Moura avait fait ses armes chez Siza, à São Victor, dans l'opération de logements populaires du SAAL, le Servicio de Apoio Ambulatorio Local. Puis il s'était fait connaître au début des années quatre-vingts par un petit café cubique et surtout un marché public à colonnes de béton à Braga (1983). Il avait par ailleurs rapidement enchaîné les commandes de maisons privées, la maison Cardoso à Porto (1977), la maison dans un golf, à Loulé, en Algarve (1986), mettant au point un vocabulaire épuré, précis, exigeant, qu'en certains cas on pourrait dire minimaliste, avec un emploi réfléchi de matériaux; les plus contrastés d'ailleurs, allant de la rusticité des blocs de granite à l'ascétisme du béton blanc et à la netteté de l'acier.

Beaucoup de maisons particulières, donc, comme la maison en blocs de granit d'appareil irrégulier et à toit plat à Moledo do Minho (1998), les dix maisons à patio de Matosinhos (1999), aux murs massifs, les deux maisons de béton blanc de Ponte de Lima (2002), parallélépipèdes dont l'un paraît basculé à 45° dans la pente, et, dans une tout autre esthétique, une maison de béton gris, marqué des planches de coffrage, à Bom Jesus, dans la périphérie de Braga (1994).

Dans cette région de Braga, il a mené la conversion en une pousada (c'est-à-dire un hôtel étatique, équivalent des paradors espagnols) du monastère cistercien de Santa Maria do Bouro, à Maraes (1997), et surtout l'une de ses œuvres les plus considérées, le stade de football de Braga (2004), avec ses deux tribunes face à face, qui paraissent basculées et comme retenues par les câbles de leur couverture, l'une de ces tribunes semblant encastrée dans la falaise, une ancienne carrière (dont la pierre concassée, d'ailleurs, servit de matériau pour le béton armé).

Mais revenons à Porto et dans ses alentours. Il y a construit l'immeuble d'acier très structuré de la rua do Teatro à Foz do Douro (1995), le quartier qui fait face à l'Atlantique, à l'embouchure du fleuve, immeuble dans lequel habite, à ce que je crois, Alvaro Siza. Et plus tard un autre, plus léger, plus transparent, avec des mailles métalliques, dans les quartiers neufs de Maia (2001), et plus récemment encore la tour de bureaux et le centre commercial de Burgo, sur la grande avenue Boa Vista (2007), tour d'une vingtaine d'étages inspirée de Mies van der Rohe dans son minimalisme. Dans le genre culturel enfin, avec une complexité géométrique qui rappelle l'influence de Siza, la Maison du cinéma Manoel de Oliveira à Porto (2003) qui projette vers l'extérieur deux boîtes formant de larges fenêtres, et l'an dernier le musée privé de l'artiste Paula Rêgo, à Cascais (2009), très clos, un peu aztèque, dressant deux pyramides tronquées de béton rouge.

Au jury, Rolf Fehlbaum, directeur de Vitra, avait cette année été remplacé par l'architecte australien Glenn Murcutt. Le prix de 100 000 dollars sera remis à Souto de Moura le 2 juin, dans l'amphithéâtre Mellon à Washington DC.

Lecture

Gilles Ortlieb, Tombeau des anges , Gallimard, collection L'un et l'autre, 2011.

Gilles Ortlieb, 58 ans, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages (que je ne connais pas), il est traducteur de l'allemand (Frank Wedekind), de l'anglais (Patrick McGuinness) et surtout du grec (Constantin Cavafy, Georges Séféris, Mikhaïl Mitsakis et Dionysios Solomos notamment). Il vit depuis vingt-cinq ans au Luxembourg, où il travaille comme traducteur pour l'Union européenne.

A la liste des quelques écrivains qui décrivent l'atmosphère parfois affligée de certaines villes françaises, à ceux qui peignent un monde qui s'est éteint, ou qui va disparaître, à Jacques Réda qui circule en mobylette vers les franges de Paris (Hors-les-murs , Gallimard, 1982, par exemple), à Jean Rolin, qui pratique à pieds ses explorations de la banlieue ou des zones portuaires (Zone , Gallimard, 1995, et Terminal Frigo , Pol, 2005), à François Bon, qui scrutait le paysage depuis le train de Nancy (Paysage fer , Verdier, 2000), et à Philippe Vasset, qui se plaît dans les zones blanches de la carte IGN (Un livre blanc , Fayard, 2007), il faut ajouter le travail littéraire de Gilles Ortlieb (et notamment ce Tombeau des anges ).

Pétition pour le 57 Métal de Claude Vasconi

La mobilisation pour la défense du bâtiment de Claude Vasconi appelé 57 Métal, une des dernières traces des usines Renault de Billancourt, a pris un nouveau départ avec la publication d'une pétition de 145 personnes qui invitent à son classement au titre des Monuments historiques. Son architecte, mort en décembre 2009, avait il y a trente ans de cela (en 1981) été chargé par le président de la firme automobile, Bernard Hanon, de concevoir "Billancourt 2000", projet qui devait redéfinir l'occupation de la totalité le site industriel. Le 57 Métal, livré en 1984, en était la tête de pont. Il dresse vers le ciel neuf sheds hauts et très expressifs et reste comme l'un des plus beaux bâtiments industriels de sa génération. Meilleure œuvre de Claude Vasconi, il fit en 1987 l'objet de l'émission d'un timbre-poste à 2,20 francs, ce qui est rare pour une architecture contemporaine. Il avait été réaménagé en 2001 par Jakob et MacFarlane. Le bâtiment a été vendu par Renault en octobre dernier à un fonds d'investissement britannique qui envisage de la détruire.

Parmi les signataires, une bonne partie du gotha de l'architecture française, dont douze grands prix et trois de l'urbanisme, des critiques et historiens, Bernard Hanon, six Pritzker : Nouvel et Portzamparc, Piano, Meier, Herzog et de Meuron, Thom Mayne, et quelques personnalités extérieures dont les anciens ministres Catherine Trautmann et Martin Hirsch, quelques scientifiques dont un Nobel de chimie

Musiques

Beethoven, Sonate pour piano n°14 op. 27 Le Clair de lune , 1, adagio sostenuto, par Vladimir Horowitz

Jean Ferrat, Au bout de mon âge , album Ferrat chante Aragon, Barclay, 1971.

Intervenants
  • chercheur en études urbaines à l’Université de Lyon.
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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