LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Rencontre avec l'architecte Roland Castro

59 min

Nous retrouvons Roland Castro. Nous l'avions par deux fois invité, et par deux fois un déferlement d'actualités avait réduit à peau de chagrin le temps que nous lui consacrions. Nous avions, en deux émissions, à peine abordé ses origines sociales, parlé de sa jeunesse, de son gauchisme et de sa psychanalyse. Aujourd'hui, nous passerons au vif du sujet, et ce sera à propos de son architecture (Ricardo Porro considère son architecture comme romantique, Castro tient la sienne pour romanesque), et à propos surtout d'urbanisme, de remodelage des grands ensembles, de Banlieues 89 et bien sûr du Grand Paris.

Indications bibliographiques

La longue, lente, périlleuse (et poilue) fabrique du rêve, mémoires, Roland Castro, l'Archipel, 2010, 302 pages, 21 euros.


Chroniques de mai . J'affirme (manifeste pour une insurrection du sens), Roland Castro, mouvement de l'utopie concrète, Sens et Tonka, 2005, 168 pages, 10 euros.

(Re)modeler, Métamorphoser , Roland Castro, Sophie Denissof, Moniteur, 2005, 246 pages, 40 euros.

Impressionnisme urbain , Atelier Roland Castro, Sophie Denissof, Ecole spéciale d'architecture, ESA Productions, 2000, 120 pages.

Civilisation urbaine ou barbarie , Roland Castro, Plon, 1994, 194 pages.

Vingt ans après, bilan, déblayages, certitudes , Roland Castro; La fabrique des villes , Paul Chemetov; Arsenal, mini-PA n°3, 1994, 64 pages.

Merci la ville! Michel Cantal-Dupart, préface de Marc Augé, Le Castor astral, Investigations, 1994, 176 pages.

1989 , Roland Castro, Bernard Barrault, 1984, 100 pages.


Roland Castro a créé les journaux et revues Tout! (ce que nous voulons) (1970-1971), la Légende du siècle (1987-1988), Lumières de la ville (1990-1993).


Le Grand Paris est un roman , Hélène Bleskine, dir., La Villette, 2009, 144 pages, 19 euros.

Les Architectes et mai 1968 , Jean-Louis Violeau, Recherches, 2005, 480 pages, 38 euros.

La Ville recomposée, Villes en banlieue , livre blanc, Association Ville et banlieue, Documentation française, 1985, 168 pages.

Banlieues 89 , Urbanisme, n° 205, décembre 1984-janvier 1985, 146 pages.

Banlieues 89 (2), les 140 projets de la deuxième session , revue H, n°100, octobre 1984, 128 pages.

Banlieues 89, 73 projets pour faire la ville , revue H, n°95, avril 1984, 112 pages.

Enfin l'architecture. L'histoire d'un renouveau , Jean-Pierre Le Dantec, Autrement, 1984, 262 pages.

La ville à livre ouvert , regard sur cinquante ans d'habitat , coll., Antoine Stinco, Documentation française, 1980, 192 pages.

Calendrier

Expositions

2406-3009 www.nice.fr/Urbanisme/Forum-d-Urbanisme-et-d-Architecture A Nice, exposition du photographe Serge Demailly, L'architecture contemporaine sur la Côte d'Azur . Forum d'urbanisme, cours Saleya, 06300 Nice.

2406-0708 www.museudooriente.pt A Lisbonne, exposition des travaux de l'architecte Manuel Vicente (1934, ancien élève de Louis Kahn à Philadelphie), établi entre le Portugal, Madère, Goa et enfin Macao depuis le début des années soixante : Manuel Vicente : Trama et emoção . Vicente a construit dans la périphérie de Lisbonne des Hlm très brutalistes après la révolution des œillets d'avril 1973, puis la surélévation maniériste, précieuse, très postmoderne, de la Casa de los Bicos de Lisbonne, palais à pointes de diamants du 16° siècle (1984). Il a été l'adepte d'un art impur, métissé, joyeux, coloré, notamment à l'occasion de l'exposition du Centre Pompidou, Macao, jouer la différence , en 1983, puis dans diverses réalisations dans cette ancienne colonie portugaise : notamment les Archives historiques (1989), et le groupe de logements Fai Chi Kei (1994). Museu do Oriente, avenida Brasilia, Doca de Alcântara (Norde), 1350-352 Lisboa.

2705-3007 www.mercieretassocies.com A Paris, au métro Pelleport, une exposition est consacrée à l'architecte radical et artiste italien, né en 1950 à Bolzano, Gianni Pettena, qui s'est voulu (comme d'autres d'ailleurs dans ces années-là) anarchitetto , anarchitecte. Gianni Pettena, Vers une rétrospective , Galerie Mercier & associés, 3, rue Dupont de l'Eure, 75020 Paris.

2306-1510 www.arcenreve.com A Bordeaux, au centre Arc en rêve, dans les entrepôts Lainé, une exposition Pacing through architecture , Traversant l’architecture, consacrée à l’œuvre des architectes flamands Robbrecht & Daem. Paul Robbrecht et Hilde Daem, nés en 1950 sont associés depuis 1975, et ils dirigent aujourd'hui une équipe de 35 collaborateurs; ils ont été lauréats du concours pour les archives municipales de Bordeaux qui devraient déménager sur la rive droite de la Garonne, dans une ancienne halle aux farines datant du Second Empire (2010-2014) et ils sont les concepteurs d’un chai pour le Château Le Pin à Pomerol, livré cet été. L'exposition présente six réalisations de ces architectes à travers six tableaux vivants, des courts-métrages réalisés par le cinéaste et photographe de danse bruxellois Maarten Vanden Abeele : la place Rubens de Knokke (2000-2004), le Concertgebouw de Bruges (1999-2002), une cabane en Flandre méridionale (2001-2002), la bibliothèque et résidence pour musiciens de Gaasbeek (2001-2004), la réfection de la célèbre galerie d'art de Whitechapel à Londres (2010-) et leur propre atelier de Gant (2006). Parallèlement, douze tables de travail présentent une sélection de documents issue des archives de l’agence : esquisses, aquarelles, plans d’exécution et photographies qui offrent un aperçu de trente projets. L’exposition, qui avait été présentée à Bruxelles, début 2009, par Iwan Strauven et Stefan Devoldere dans le cadre de Bozar Architecture, a été complétée, notamment par leurs projets bordelais. Arc en Rêve, 7 rue Ferrère, 33000 Bordeaux.

Conférences

2306 www.arcenreve.com A Bordeaux, au centre Arc en rêve, dans les entrepôts Lainé, conférence de Paul Robbrecht et Hilde Daem, en ouverture de leur exposition, à 18h30. Arc en Rêve, 7 rue Ferrère, 33000 Bordeaux.

2306 www.archi.fr/AA A Paris, conférence de Robert-Max Antoni (1950), ingénieur de l'école spéciale des Travaux Publics et du Bâtiment (1963), puis architecte (1968) de l’école des Beaux Arts, urbaniste de l’Etat (1971) puis urbaniste en chef de l'Etat (1980) président du séminaire Robert-Auzelle, sur le thème du Vocabulaire français de l'art urbain , art urbain qu'il enseigne depuis 1968 à l’école d’architecture de Paris Val-de-Seine. Académie d'architecture, Hôtel de Chaulnes, 9, place des Vosges, 75004 Paris à 18h30.

2306 www.librairiedumoniteur.com A Paris, lancement de l'ouvrage de Jean-Louis Cohen, L’architecture en uniforme , paru aux éditions Hazan. Cet historien, que nous avions reçu pour ce même ouvrage à la mi-mai, tente de synthétiser ce que faisaient les architectes, dans leurs divers pays, ou bien en exil, durant la seconde guerre mondiale. C'est un ouvrage important, qui explique comment cette guerre a accéléré les processus d’innovation et de technologie qui ont mené dans les années cinquante à la suprématie de l’architecture moderne. A la Librairie du Moniteur, place de l'Odéon à 19h00.

2906 www.maisonarchitecture-idf.fr La Maison de l'architecture en Ile-de-France organise un cycle d'événements sur le thème du Remaniement territorial en Ile-de-France . Mercredi, conférence Saclay, Un cluster peut-il faire ville? avec Robert Cadelbert, élu de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin, Pierre Veltz président du conseil d'administration de l’établissement public, Lise Mesliand, sa directrice, Michel Desvigne, paysagiste, et l'historien Antoine Picon. Les conférences sont animées par le journaliste Sylvain Lallemand; à 19h00, Maison de l'architecture en Ile-de-France, Les Récollets, 148, rue du faubourg Saint-Martin, 75010 Paris.

2906 En Arles, projection du film de Raphaële Goulet sur les cités dortoirs du Mexique, Lucha libre. Le logement à faible budget est un sport de combat (2009, 48'), suivie d'une rencontre organisée par le Caue des Bouches-du-Rhône, à l'espace Van Gogh, place du docteur Félix Rey, 13200 Arles à 18h30.

Evénements

2306 Le groupe d'architecte réuni sous le nom de French Touch qui s'était constitué en 2007 en réaction au prix de l'Equerre d'argent des Editions du Moniteur et à la polémique qui s'en était suivie sur les architectures ordinaires opposées aux gesticulantes, lance ce soir la sortie de son quatrième Annuel optimiste d'architecture , à 20h00 chez iGuzzini, 10, boulevard de la Bastille, 75012 Paris.


A propos de Courcouronnes

Certains échanges sur Internet posent une fois de plus, ces jours-ci, la question de la démolition des grands ou des petits ensembles de logements sociaux. Le destin des immeubles, notamment en banlieue, est parfois cruel : pour leurs habitants, et pour leurs architectes. Notamment depuis que les nouvelles procédures de la rénovation urbaine (dites ANRU) préconisent et financent la démolition, au nom de divers critères : critères sociaux, critères de désenclavement, et parfois critères de police et de surveillance, disons de sécurité. Un édifice qui figure dans le catalogue de l'exposition du pavillon de l'Arsenal sur les années quatre-vingts va en faire les frais (il faudra réimprimer la page 149 de cet ouvrage, à peine paru). Il s'agit d'un groupe de 80 logements construits par Paul Chemetov dans la Zac du Canal, à Courcouronnes, ville nouvelle d'Evry. Un immeuble dans le style rigoriste de ce concepteur, avec une colonnade de trois niveaux abritant des commerces en rez-de-chaussée, et une grande traversée monumentale, ce qu'on appelait à l'époque une "fenêtre urbaine". Ce quartier va être bouleversé : l'hôpital d'Adrien Fainsilber remplacé par un "écoquartier" et l'immeuble en question percuté de plein fouet par un mail.

Les échanges sur Internet donc, à propos de la démolition, réunissaient quelques architectes. Notamment des praticiens des banlieues. Parmi eux, l'urbaniste Christian Devillers avec un propos modéré : "La ville est la plus merveilleuse des créations humaines parce qu’elle est à la fois permanence et substitution, a-t-il écrit. Elle se renouvelle par partie en continuant d’accumuler de la valeur économique, pratique et symbolique, ce que ne fait pas un grand ensemble ni un secteur sauvegardé. J’ai été scandalisé par le mouvement d’opinions (d’architectes) contre l’ouverture d’une brèche dans la muraille des Courtillières à Pantin, œuvre d’Aillaud qui s’était fait une spécialité de la négation de la vie quotidienne au nom d’idéaux artistiques faiblards (...) Même chose pour Bofill pour qui, dans ses pires excès, le logement n’était que prétexte à fabriquer des monuments ce qui est en soi une contradiction et, par conséquent, ne produit aucun sens partageable et appropriable. Mais revenons à Courcouronnes. Nous sommes loin de ces excès et même à l’opposé ; le bâtiment de Chemetov semble bien au service de ceux qui l’habitent et de la ville qui l’entoure… Qu’on nous démontre le contraire! Je ne pense pas que ce bon bâtiment soit pour autant un témoin irremplaçable de l’architecture française des années 80, poursuivait Christian Devillers. Je ne pense pas non plus que Chemetov ait passé sa vie à vouloir construire des monuments historiques; en revanche, il l’a passé à construire des logements pour des gens en donnant la plus grande importance à leur valeur d’usage. L’idée de classement n’a de sens que pour des bâtiments vraiment exceptionnels ou exemplaires, l’idée de la généraliser à toute construction au mépris de toute autre considération économique ou sociale l’affaiblit considérablement parce qu’elle la banalise et parce qu’elle met la défense d’une œuvre personnelle en contradiction avec l’intérêt collectif. Il est absurde et dangereux de vouloir protéger tous les grands ensembles, toutes les halles Sernam, tous les échangeurs d’autoroute, toutes les usines en ruine (je n’exagère pas). L’avenir de la ville exige qu’elle ait de la mémoire. Mais la mémoire, pour fonctionner avec l’intelligence, doit être sélective."


Lecture

Georges Simenon, La Guinguette à deux sous , une enquête du commissaire Maigret, Librairie Arthème Fayard, 1931


Musique

Il n'y a pas d'amour heureux , Brassens, 1961

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......