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Agnes Varda - Morocco Film Festival (2018)

Agnes Varda : "Le fait d’avoir été sans connaissances des films dans ma jeunesse, m’a donné du culot."

58 min
À retrouver dans l'émission

La photographe, cinéaste, plasticienne se confie sur son parcours, ses multiples vies artistiques et son œuvre lors de cette masterclasse enregistrée à la Maison de la radio.en 2017.

Agnes Varda - Morocco Film Festival (2018)
Agnes Varda - Morocco Film Festival (2018) Crédits : Fadel Senna AFP - AFP

Agnès Varda (1928-2019), figure incontournable de la nouvelle vague, première réalisatrice à remporter un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, s’est confiée en 2017 sur son parcours et ses multiples vies artistiques au micro d’Antoine Guillot, producteur de l’émission Plan Large sur France Culture. 

Tour à tour photographe, cinéaste et plasticienne. Pendant 70 ans Agnès Varda a créé des images. Pourquoi avait-elle le besoin de créer ? Comment est-elle devenue cinéaste ? Comment se passait la fabrication de ses films et le montage ? Voici quelques-uns des sujets abordés dans cette masterclasse.

On pourrait dire qu’Agnès Varda a eu 3 vies : photographe, cinéaste et plasticienne. Dans la première, elle est photographe, accompagnant de 1948 à 1960 le Festival d’Avignon et le Théâtre National Populaire de Jean Vilar. "Je suis rentrée dans la photographie par le petit côté […] Je n’ai jamais eu d’appareil avant d’être photographe, c’est arrivé comme ça" dit-elle, presque par hasard. 

Agnès Varda : "J'ai choisi la photographie parce que c'était un métier intelligent et manuel, ça me plaisait beaucoup de développer moi même, d'agrandir, de cadrer, de bricoler. J'aimais bien écrire, mais je ne me voyais pas faire ça. (...) Capter quelque chose, c’est passionnant. J’étais une piètre photographe, car je n’ai pas appris dans les écoles. (...) Je me considérais comme libre de faire des photographies que j’appelais des compositions. (...) C’est grâce à Gérard Philipe que j’ai été considérée comme une artiste".

Une cinéaste entre fiction et documentaire

Dans sa deuxième vie, elle est cinéaste, avec un premier film La Pointe Courte réalisé en 1954, avec deux comédiens, et pas des moindres : Philippe Noiret et Sylvia Monfort. Un film précurseur de la Nouvelle Vague avec peu de moyens, sa liberté, et sa façon de mêler fiction et regard documentaire, deux faces du cinéma avec lesquelles elle joue sans cesse depuis. 

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Côté fiction Cléo de 5 à 7, Le Bonheur, Les Créatures, L’une chante, l’autre pas, et Sans toit ni loi, qui sera Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1985, avec l’extraordinaire interprétation de Sandrine Bonnaire. Ou encore Jacquot de Nantes, hommage très émouvant à l’enfance de Jacques Demy, son compagnon de 35 ans. 

Agnès Varda : "Le fait d’avoir été sans connaissances des films dans ma jeunesse, m’a donné du culot. (…) Dans Cléo de 5 à 7 ce qui m’intéressait, c’était de montrer l’émotion de la peur. (…) Penser un film, c’est penser à la forme qu’il a. C'est la forme qui va presque produire de la narration. (Au moment du montage) j'aime bien cette idée qu'il y a un dialogue virtuel avec des spectateurs qui n'existent pas encore. Je n'ai pas l'impression que je dois faire mon œuvre à deux mais on veut être compris, éventuellement aimé."

Côté documentaires, on retrouve quantité de films petits et grands, dont Opéra-Mouffe, Daguerréotypes, Mur murs, Les Glaneurs et la glaneuse, Les Plages d’Agnès et le dernier à ce jour : Visages, villages, cosigné par l’artiste JR. Mais comme dans le diptyque Kung-Fu Master / Jane B . par Agnès V., avec Jane Birkin, la frontière entre fiction et documentaire est toujours indécise. L’ensemble de ses films pourraient prendre le titre de celui qu’elle a réalisé en 1982 : Documenteur. Une œuvre à la fois très personnelle, comme un journal intime des différents moments de sa vie, et très ouvert aux autres, notamment à ceux que la société a mis sur le côté, à la marge. 

Agnès Varda : "Plus j’avance, plus j’aime faire des documentaires car plus les autres m’intéressent. Certains autres. L’idée de mettre en valeurs les gens, ça me met de bonne humeur."

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De l’écran « plat » à la mise en espace

Et voilà qu’il y a une quinzaine d’années, surgit la troisième vie d’Agnès Varda : moins plasticienne qu’artiste visuelle, comme elle préfère dire, depuis qu’en 2003 Hans Ulrich Obrist l’a invitée à monter une installation à la Biennale de Venise. Ce fut Patatutopia, ses pommes de terre en forme de cœur, ridées et germées, et l’artiste elle-même en robe patate. Nombreuses installations depuis, de Lyon à Gand, de la Fondation Cartier à Paris au CRAC de Sète, de Bâle à Pékin, en passant par la Chapelle Saint-Charles à Avignon, où étaient exposées les photos de sa première vie. 

Agnès Varda : "Je me suis mise à faire des installations parce que je pouvais gagner l'espace. Un écran, c'est magnifique, mais c'est tout plat, avec une installation, on peut gagner l'espace et on peut proposer d'autres approches. (...) Dans les installations, on peut jouer, regarder, utiliser l'observation de la vie et la réinventer. (...) La liberté de faire m'a permis aussi de parler autrement des choses."

  • Ciné-tamaris société de production et de diffusion de l'oeuvre d'Agnès Varda et Jacques Demi
  • Cette masterclasse est également disponible en version filmée (voir ci-dessous)
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  • Cinéaste, photographe et plasticienne (1928-2019)
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