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Annette Messager, au cœur de sa grande exposition rétrospective "Les Messagers", en juin 2007, au Centre Pompidou à Paris

Annette Messager : "Je travaille par accumulation pour me dissimuler, par peur de la chose unique"

58 min
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Reconnue comme l'une des plus grandes plasticiennes françaises, Annette Messager nous livre, avec une certaine malice, les secrets de son oeuvre aux formes variées, qui oscille depuis toujours entre légèreté et gravité.

Annette Messager, au cœur de sa grande exposition rétrospective "Les Messagers", en juin 2007, au Centre Pompidou à Paris
Annette Messager, au cœur de sa grande exposition rétrospective "Les Messagers", en juin 2007, au Centre Pompidou à Paris Crédits : Martin Bureau - AFP

Depuis plus de quarante ans, Annette Messager construit une œuvre aux formes extrêmement variées (albums d’images, photographies, sculptures, installations mécanisées, dessin…). Multi-récompensée, l'artiste plasticienne originaire de Berck, dans le Nord de la France, a notamment reçu le Lion d’Or de la Biennale de Venise en 2005 pour son œuvre Casino, un opéra en trois actes qui occupait le Pavillon français, et le Prix Praemium Imperial en 2016 au Japon. 

Le corps fragmenté comme géographie amoureuse

Artiste plasticienne aux identités multiples, Annette Messager signe des œuvres dans lesquelles l'ambivalence, l'écriture et la représentation des corps, souvent fragmentés, sont au cœur de son processus de création. Tout au long de cette Masterclasse, elle convoque des artistes et des mouvements, comme Georges Perec, Picasso, Roland Barthes, Alfred Hitchcock, et enfin l’art brut auquel elle s’est très tôt intéressée.

Annette Messager : "Tout mon travail parle de fragments et morceaux de corps. Le corps est une géographie amoureuse, ce n'est pas le corps souffrant. (...) Dans l'art brut, il n'y a pas de différence entre l'écriture et le dessin. Pour moi, l'écriture devient un dessin. Un mot est un dessin, c'est à la fois un son, quelque chose de visuel, mais aussi une musique. Des mots répétés, qui deviennent incantatoires, comme des chants. Je trouve ça très beau cette litanie. Quand on est devant une œuvre, à la fois l'artiste impose quelque chose, mais pour moi, l'art est un voyage.

Annette Messager ou le quotidien dérobé

Dans le Paris des années 1970, Annette Messager choisit le quotidien comme inspiration pour son oeuvre, à l'encontre de l'art conceptuel et minimal qui se développaient dans ces années-là. Son regard s'est alors tourné vers des artistes comme André Breton et Joseph Buys, plutôt que vers Dada.  

Annette Messager : "Je ne me sentais pas de ce côté-là, ça ne me correspondait pas. J'ai toujours voulu utiliser des matériaux différents et simples, des matériaux du quotidien. En tant qu'artiste, on accentue les choses, donc j'ai accentué ça. C'est pour ça que les gens ne comprenaient pas ... Passer d'une photographie à un dessin, d'une broderie, ils me disaient "tu ne t'en sortiras jamais, il faut faire la même chose, regarde Warhol !" J'ai tout fait pour que ça ne marche pas, mais je n'avais pas d'autres envies. J'aime regarder les choses différentes, je pique, je vole. Les artistes volent beaucoup autour d'eux, ce qu'ils regardent. Je regarde aussi bien les magasins, les gens, leurs gestes, et tout ce qui m'entoure et l'art en général. Mais l'art délaissé …"  

Réécoute du 31 juillet 2017

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